‹ La presse royaliste de 1830 à 1852Chapitre 2 sur 151 · I^ Voyage du Jeune Anacharsis en Gr^ce vers Iç milieu du · texte numérisé non relu

I^ Voyage du Jeune Anacharsis en Gr^ce vers Iç milieu du

de la Luzerne et son premier secrétaire, si on leur eût dit que la Grèce de Tabbé Barthélémy, vue à travers les livres ou du haut de la lanterne de Démosthène — celle qui se trouvait dans le parc de Saint-Cloud — n'était pas plus la Grèce véritable que la campagne de Tabbé Delille, vue à travers les vitres du château, n'était la vraie campagne; que la poésie grecque allait se retrouver pourtant, dans toute sa fraîcheur et avec tout son parfum, non dans l'herbier du Jeune Anarcharsis^ mais dans ces Idylles et ces Eglogues que griffonnait à leurs côtés, entre deux dépêches, le jeune André de Chénier.

En 1791, M. de la Luzerne, condamné par le mauvais état de sa santé à un repos absolu, désigna M. Barthélémy pour être chargé d'affaires et se rendit aux bains de Southampton. Pendant ce temps, André Chénier se hâtait de regagner Paris, si bien qu'à la fin de cette même année, M. Barthélémy ayant été nommé ambassadeur en Suisse, M. Philippe Nettement se trouva seul à Londres pour faire l'intérim, du 20 décembre 1791 au 1«' mai 1792. A cette date, Dumouriez, ministre des Affaires étrangères, confia l'ambassade d'Angleterre à l'ex-marquis de Chauvelin, non sans lui donner pour aide et pour mentor M. de Talleyrand, qui ne pouvait, en sa qualité d'ancien membre de l'Assemblée Constituante, être employé à titre patent. Soupçonné sans doute d'être resté trop royaliste, M. Nettement fut rappelé en France et mis en disponibilité. Au lendemain des journées de Septembre, peu sou-

IV* siècle avant l'ère vulgaire parut en 1788. Le succès fut tel, qu'une place étant devenue vacante à rAcadémie française, par la mort du grammairien Beauzée, l'abbé Barthélémy fut choisi tout d'une voix pour lui succéder.

deux, on le pense bien, de reprendre du service, il se rendit au ministère des Affaires étrangères, qu'occupait alors le citoyen Lebrun-Tondu, afin de solliciter un passeport pour la Bourgogne, son pays natal. Il se rencontra dans l'antichambre du ministre avec M. de Talleyrand qui, de retour à Paris depuis les premiers jours d'août, demandait, en homme prudent, qu'il lui fût permis de revenir en Angleterre, d'où il devait bientôt passer en Amérique.

La Terreur une fois passée, la Convention arrivée au terme de ses séances, la Constitution de Tan III acceptée et mise en vigueur, le Directoire exécutif établi et les cinq Directeurs installés au Luxembourg*, beaucoup d'honnêtes gens se laissèrent aller à croire que la France allait enfin, après tant de malheurs, entrer en possession d'un gouvernement régulier. Avec cet optimisme qui fait le fond de notre caractère national, ils se bercèrent de l'espoir que la République, après avoir été un régime d'oppression, de supplices et de famine, allait devenir un régime d'ordre et de liberté, de sécurité et de bien-être. Illusions naïves, que l'événement allait cruellement démentir ! M. Philippe Nettement les partagea comme tant d'autres, et à la fin de 1795 nous le retrouvons à Paris, investi du titre de commis principal au ministère des Affaires étrangères. Attaché, en 1796, au Commissariat institué pour l'échange des prisonniers français en Angleterre, il dut se rendre à Londres. La veille de son départ, un de ses amis le vint prendre, le conduisit au faubourg Saint-Antoine, et, arrivé devant une maison de la plus modeste apparence, le fit

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