H brumaire an IV (5 novembre
8 ALFRKD NETTEMENT
entrer. Cette maison servait d'asile à une princesse de la Maison de France, Louise-Marie-Âdélaîde de Bourbon- Penthièvre, femme du feu duc d'Orléans, qui, arrêtée au mois de septembre 1798 et enfermée au Luxemboui^* était sortie de prison après le 9 thermidor et avait depuis lors vécu à Paris, dans Tliumble et obscure maison* qui remplaçait pour elle les splendeurs du Palais-Royal. Elle retint M. Nettement à déjeuner et lui remit une lettre pour son fils atné, le futur roi des Français, alors en Angleterre. « Je sais, lui dit-elle, que je puis avoir en vous une entière confiance, que mon dépôt est en mains sûres et que le secret en sera fidèlement gardé, m Dès son arrivée, M. Nettement fit parvenir la lettre au duc d'Orléans, qui chargea M. de Graves, son chevalier d'honneur, de lui exprimer toute sa gratitude.
Durant ce second séjour en Angleterre, il fut assez heureux pour obtenir la rentrée en France de plusieurs émigrés, et, parmi eux, de l'abbé Lechevalier, auteur du Voyage dans la Troade, qui avait été le secrétaire particulier du comte de Choiseul-Gouffier, ambassadeur de France à Gonstantinople.
Des négociations secrètes, en vue d'amener la paix entre la France et l'Angleterre, s'ouvrirent à cette époque entre les deux gouvernements. Chargé de correspondre confidentiellement avec le Ministre des relations extérieures, Charles Delacroix *, M. Nettement eut, à cette occasion, plusieurs entretiens avec M. Pitt. I^es négociations aux-
1. Dans une maison de santé (la maison Bolhoinme), rue Chnronne. u" 70.