Gazette de France du 22 juin
ALFRED NETTEUENT
Recevez, avec tous mes remerciements, mee ealutatiooB ;tueu8ea et l'aBauraDce de mon dévouement.
« MlCKELET,
H Rue des PoBteo, 13. »
a lettre qui va suivre, — sans date comme les pr^cétes, mais qui doit être de décembre 1843, — montera [uelle (estime Michelet tenait le critique de la Gazette France, et quel prix ii attachait à se le rendre favo-
le:
« Monsieur bt ami.
Si je dois être égorgé, je veux l'être d'une main amie, de h e plus que d'aucune autre.
L'Histoire de Louis XI et de Charles U Téméraire, que j'ai mencée il y a dis ans et terminée avant-hier, est un livre neuf, en ce sens que l'auteur u puisé dans mille sources |u'ici néfcligéee ou inconnues. C'est, j'ose le dire, une des res qui témoigneront de la patience de notre temps où cette lité n'est pas commune.
De cette étude approfondie des sources et surtout des doeuts inédits, une chose est résultée : c'est que les figures tenues de Walter Scott et de M. de Barante ont disparu & fait. Les contemporains eux-mSmes se sont trompés sur des choses parce qu'ils ne parlaient pae comme nous poai le faire, pièuei en mains ; les actes n'étaient pas centra- ; comme ils le sont aujourd'hui, etc., etc. Peut-être y aurait-il moyen de dire cela dans la Gatette, en aant du reste, s'il y a lieu, la forme littéraire, les inégalités ityle (qui est le plus souvent celui de la haute comédie), dacieuse nouveauté des vues et mille autres défauts. '< Tout à vous d'amitié,
« J. MiCHELBT.
« Je commence mon cours en janvier* ; si ces quelques lignes pouvaient paraître avant, j'en serais reconnaissant. Les ouvrages se perdent si souvent au bureau des journaux que j'ai pris la liberté de remettre chez vous l'exemplaire de la Gazette. Dois-je en envoyer d'autres ? »
Alfred Nettemeiit ne s'occupait pas seulement, dans ses Études littéraires^ des poètes, des romanciers et des historiens. Les orateurs trouvaient aussi place dans sa galerie, et il croyait avec raison ne pas excéder son cadre en montrant Berryer à la barre, Thiers à la tribune, l'abbé Lacordaire dans la chaire.
Son article du 8 avril 1836 est intitulé : M. Lacordaire chez M. de Chateaubriand.
Madame de Chateaubriand avait fondé, en 1819, avec le concours et sous les auspices de Madame la Dauphine, Y Infirmerie de Marie-Thérèse^ destinée à recevoir un certain nombre de vieilles dames, ruinées par la Révolution, et d'ecclésiastiques âgés et privés d'asile. Situé au numéro 86 de la rue d'Enfer*, cet hospice communiquait avec la maison habitée par l'auteur du Génie du Christianisme '. A la demande de ce dernier, qu'il avait beaucoup vu, l'été précédent, à Dieppe*, où il s'était rendu sur
1. Michèle t reprit en effet, an mois de janvier 1844, son cours du Collège de France.