‹ La presse royaliste de 1830 à 1852Chapitre 35 sur 151 · Gaiette de France, n* du 8 avril · texte numérisé non relu

Gaiette de France, n* du 8 avril

les qualités. Son propre jugement lui est plus sévère que celui des autres^ et, au lieu de jouir de sa gloire, il aime mieux s'oceaper de la mériter. C'est ainsi qu'on vit un Bossuet descendre de la chaire où il était monté si jeune encore, et aller demander à l'étude et à la retraite cette vaste érudition et cet immortel génie qui devinrent plus tard Fun des remparts de l'Eglise et qui sont aujourd'hui l'une de ses gloires. Illustre exemple suivi par M. Lacordaire qui, lorsque tout le monde a soif de sa parole, se condamne au silence, et, se retirant pour plusieurs années à Rome, cette auguste solitude, va puiser à la source de la science sacrée et des immortelles inspirations ^ »

C'est une bonne fortune de trouver une lettre inédite de la vicomtesse de Chateaubriand. Voici celle qu'elle écrivit à Alfred Nettement après avoir lu son article :

« Paris, 8 avril 1836.

« J'aurais voulu. Monsieur, vous remercier dès hier, en mon nom et en celui de M. de Chateaubriand, de votre admirable article sur l'Infirmerie de Marie-Thérèse ; mais j'étais extrêmement souffrante et j'ai même de la peine à dicter ce billet aujourd'hui. J'ai encore, Monsieur, une grâce à vous demander; vous serait-il possible, quand vous en trouverez l'or^asion, de dire une chose qui favoriserait vos bonnes intentions pour mon pauvre établissement? Llnfirmerie de Marie -Thérèse est légalement reconnue, elle est indépendante des hospices; elle appartiendra, après ma mort et celle de M. de Chateaubriand, à l'archevêché de Paris : elle est, par conséquent, apte et autorisée à recevoir des legs, ce qui la mettra un jour à même de ne plus dépendre de la charité publique. C'est une chose très essentielle à faire connaître dans l'intérêt de cet établissement et vous accomplirez ainsi. Monsieur, l'oeuvre charitable que votre talent a si bien commencée.

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