Gazette de France ^ janvier
paix avec Anténor Joly et lui avait apporté une pièce nouvelle, Y Alchimiste^ drame en cinq actes et en vers. Entre Balzac et Dumas, le directeur de la Renaissance n'hésita pas: il écarta V Ecole des Ménages et mit sur-le-chtmp en répétition V Alchimiste^ qui fut joué le 10 avril 1839. L'Ecole des Ménages^ heureusement, n'est pas perdue : Balzac avait fait imprimer sa pièce à trente exemplaires. Dans le premier moment de colère qui suivit le refus, il les jeta au feu. Un seul fut sauvé. Il est aujourd'hui la propriété de M. le vicomte de Lovenjoul, à qui nous devrons sans doute de voir un jour à la scène la « tragédie bourgeoise* » dé Balzac. Quant à l'autre pièce dont parle Alfre l Nettement, Le Comunerce^ elle devait bien être jouée, mais seulement vingt-et-un ans plus tard et sous an autre litre, sous celui de Mercadet.
« En attendant que M. de Balzac fasse des pièces, écrivait Alfred Nettement dans son article, on en fait avec ses livres. » Nombreuses, en effet, sont les pièces tirées de SCS romans. J'en ai donné la liste dans mon Etude sur le Théâtre de Balzac '. Si longue qu'elle soit, ma liste est incomplète, et c'est Alfred Nettement qui me l'apprend. Je vois, par ses feuilletons, qu'il y faut ajouter Maurice^ vaudeville en deux actes, de MM. Mélesville' et Charles Duveyrier, joué sur le théâtre du Gymnase le 16 février 1839, et Le Plastron^ vaudeville en deux actes, de MM.
1. L'exemplaire unique de la pièce porte pour titre : L'Ecole des Ménages, tragédie bourgeoise, par M. de Balzac.
2. Honoré de Balzac, par Edmond Hiré. Un volume in-8*, H. Champion, éditeur, Paris, 1894. .
3. Le pseudonyme de Mélesville cacliait le nom de Duveyrier aine» frère de Charles.
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Duvert, I^uzanne et Xavier», joué au théâtre du Vaudeville le 27 avril de la même année. Maurice est tiré du Médecin de Campagne ; le Plastron est emprunté à la Physiologie du Mariage. « M. de Balzac, écrivait le critique de la Gazette de France, fait tous les soirs des pièces sans le savoir ni le vouloir. Ses œuvres sont en effet une table toujours servie, où les parasites du royaume des lettres vont s'asseoir, et les vaudevilles vivent des miettes qui tombent de cette table opulente *. ^
On le voit, Alfred Nettement ne dédaignait pas, le lendemain d'une représentation de Rachel dans Horace ou dans Andromaque^ d'aller voir jouer Arnal dans le Plastron ou dans Passé minuit, et comme il avait parlé de la tragédie, il parlait du vaudeville^ mais non cependant avec le même zèle et le même développement : il ne lui arrivait pas, comme à son confrère des ZMto^5, de faire aussi bonne mesure à MM. Duvert et Lauzanne qu'à Racine et Corneille. Au besoin, du reste, il savait, comme Jules Janin, tirer d*un piètre vaudeville une page charmante. Le 5 mars 1839, le Palais-Royal donna la première représentation de Pascal et Chambordj vaudeville de MM. Anicet Bourgeois et Brisebarre, qui continuait la série, presque ininterrompue depuis 1830, des pièces napoléoniennes. Voici le compte rendu d'Alfred Nettement :
« Commencez par sonner sur la trompe une fanfare mili* taire. Voilà qai est bien. — Accordez-nous maintenant on roulement de tambour. Est-ce fait ? — Oui. — Eh bien, vous connaissez la pièce comme si vous l'aviez vue.
1. Josoph-Xavier Boniface, dit Saintine, l'anteiir de Picciola, qoii écrivait pour le théâtre sous son prénom de Xavier.