Causeries du lundi, t. ii, p
▲LFRBD NETTEMENT
Ide lignes ? Ceux du critique de la Gazette sont longs ou
courts» suivant Toccurrence. Si la pièce n'en vaut pas la
jpeine, si elle n'offre aucune prise sérieuse ou agréable, il
fexpédie rapidement et tient sa tftche pour terminée,
[estimant que là où il n'y a rien, le feuilleton lui-même
jrd ses droits. Mais si la pièce, au contraire, est impor-
|tante, ce n'est pas seulement un article qu'il écrit, mais
leux, trois même, s'il le faut. Quand il a, par exemple^
faire à Ruy Blas^ après un premier feuilleton où le
Irame est longuement analysé', il en donne deux autres
>us ce titre : Du style de M, Victor Hugo dans le
mme fie Ruy Blas*. Sur les Bur graves^ il aura de
lëme deux grands feuilletons. Je détache du premier la
Lge suivante :
« On voit que noua en usons franchement avec Tau leur des \urgraves. Le motif du peu de façon que nous y mettons, |ous allons le dire. Nous avons lu quelque part que le fils très riginal d'un financier fort riche invita un jour de nombreux «vives au plus bizarre de tous les festins. Il avait fait placer itoor de la table une vingtaine de thuriféraires qui l'as- [hyxiaient de leur encens. Comme ses convives ne laissaient d'être surpris de cette singularité, il leur dit : « Messieurs, m père et ma mère ont l'habitude de se faire payer en louanges dîners qu'ils donnent; quant à moi, j'ai préféré faire rem- ^r cet encens banal par un encens de meilleure odeur de meilleur goût, et j'ai assigné cette corvée de louange à des loriféraires de profession, au lieu de l'imposer à mes convives, vous tiens donc tout à fait quittes de Tencens que je recois dlieurs. » En voyant la manière dont M. Hugo avait composé salle le jour de la première représentation, nous avons dû
p. Gazelle de France, du 13 novcml)rc 1858.
te. Gasetle de France» des 18 novembre et 11 décembre 1888.
croire qu'il cédait à une idée de ce genre. Les bureaux de location ne s'étaient pas même ouverts ; les thuriféraires occupaient tout, et, depuis le parterre jusqu'aux combles, les cassolettes fumaient C'étaient des hélas et des fiolàf et des ah! ah! et des exclamations, et des interjections, et des petits cris, et des murmures admirateurs, et des trépignements à ne pas s'entendre. On applaudissait avant le lever du rideau, on applaudissait après; c'est à peine si vous étiez en sûreté dans les loges, où des regards furieux vous demandaient compte même de votre silence. Si une marque d'improbation se faisait timidement entendre, c'étaient des cris de fureur, et la meute admiratrice demandait en hurlant qu'on lui donn&t à dévorer le profane qui refusait de courber la tète devant la majesté de Dieu. En vérité, M. Victor Hugo s'est trop bien chargé de se faire admirer pour que nous nous en mêlions. En se cx)ndaisant comme il s'est conduit, il a voulu sans doute conserver aux esprits indépendants toute leur liberté ; nous tâcherons de loi prouver notre reconnaissance de cette attention délicate, en M disant le plus de vérités que nous pourrons, avec le plus petit nombre de circonlutions possible ^ »
Si les défauts de la pièce sont énormes, et le critique les met soigneusement en relief, ils sont du moins rachetéi en partie par le style. Elle renferme, en effet, de très beaux' vers, et en très grand nombre, encore bien que le poète soit demeuré fidèle, en plus d'un endroit, à son goût pour la, bizarre et le baroque. « Erasme, écrit à ce propos Nettement, Erasme disait de Luther : « J'aurais cru que ta « mariage l'aurait adouci. » Quelques personnes avaient cru, à la manière d'Erasme, que l'Académie aurait un tempéré la fougue romantique de M. Hugo; ces personm s'étaient trompées. » — « En résumé, concluait le criti de la Gazette de FrafiCi\ on demandait, avant la repré-