‹ La presse royaliste de 1830 à 1852Chapitre 74 sur 151 · Histoire du Journal La Mode, p · texte numérisé non relu

Histoire du Journal La Mode, p

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VOUS y présentez me paraissent parfaitement caractériser votre recueil et tracer le plan que vous vous proposez de développer. L'appel que vous faites à nos amis politiques sera entendu, n'en doutez pas. Pour mon compte, je m'unis à vous avec empressement et bonheur. Oui, vous pouvez être assuré de ma participation active. Oui, je me concerterai assidûment avec TOUS et vos collaborateurs, poux l'examen et la discussion de toutes les questions qui vous doivent occuper.

t Depuis longtemps je désirais la publication d'une Revue où fussent exposées nos doctrines, appliquées avec ensemble et de haut à l'état présent de la société, à la marche des hommes et des choses, à ce mouvement de la France et de l'Europe qui manifeste si solennellement, aux esprits clairvoyants et réfléchis, quelles sont les conditions de l'avenir. La presse quotidienne est trop souvent emportée dans l'immense et rapide détail des faits de chaque jour, dans la polémique que chaque événement particulier soulève entre les partis opposés. La pensée publique est ainsi détournée du cours imposant delà politique générale ; et cependant tous les éléments de la vie intellectuelle et matérielle des peuples, la religion, le gouvernement, l'administration, les mœurs, les sciences, les lettres, les arts, l'industrie, le commerce, tout doit se concentrer et se distribuer, sous un même aspect, dans les méditations de l'homme qui travaille à faire triompher^ au sein de la société, un principe fécond et puissant.

« L'union du pouvoir vrai et des libertés nécessaires est le grand problème livré de nos jours à l'étude des esprits droits et des cœurs généreux. C'est aux victorieux dans la lutte des intelligences, que l'avenir appartiendra. Appelez énergiquement tous les gens de bien à prendre part à ces nobles combats. Le droit est le glaive de tous. Aujourd'hui l'exercice des droits est un devoir sacré pour les hommes de foi et de conviction.

« Tout à vou?,

« Behuyku, fils, « Député de Marseille. »

ALFRBD NBTTlUf£MT

Dans la nouvelle Revue*, une large place était réservée aux questions religieuses et sociales. Alfred Nettement y publia, outre des articles sur la politique extérieure et sur le Parlement*, des études sur la Démocratie dans les sociétés modernes, une Réponse à un article de M. Guizot sur l'Harmonie du catholicisme, du protestantisme et de la philosophie, etc. Et voici qu'à la même heure il donnait au Plutarque Français d'Edouard Mennechet* les biographies à: Anne de Bretagne^ à' Henri l F, de RicJielieu, de Bosstceti de Louis JT/F, de Beaumarchais et de Mirabeau. Ce ne sont que des esquisses sans doute, mais rarement, en si peu de pages, on a mieux peint le caractère et la physionomie d'un règne ou d'une époque. La lumière

1. EUo paraissait deux fois par mois, le 10 et le 7ô. Charies de Bernard y publia, dès les premiers numéros, une de ses plus joliei nouTeUes, le Vieillard amoureux, et de beUes pages sur la moH da prince de Talleyrand. — Les bureaux de la Revue étalent situés me Jacobp 46. Elle cessa de paraître le 25 ayril 1839.

2. Galerie parlementaire, I. Introduction (livraison du 10 délabre 1888) ; — n. if . Deeazes (25 février 1839) ; — IH. M. Decaas (fin). Livraison du 25 mars 1889.

8. Le Plutarque français^ publié sous la direction d'Edouard Meo* nechet, forme huit volumes grand in-octavo, qui ont paru de 1885 i 1841. Les écrivains les plus éminents tinrent à honneur de travailler à l'érection de ce Panthéon vraiment national, élevé, celui-là, non plos aux grands hommes de la Révolution, mais à toutes les foires de la Patrie. Rappeler quels furent les collaborateurs de Mennechet sert faire connaître l'importance de son œuvre. Voici le nom des principaux : le comte Mole, Prosper Mérimée, de Féletz, Patin, Alexandre Guiraud, Campenon, Brifaut, Yiennet, membres de l'Académie française ; — le comte Beugnot, le baron Walckenaër, le marquis de Pastoret, Raoul-Rochette, Langlois, Paulin Paris, de Cherrier. le marquis d'Audiffret, de Longperrier et de Senonnes, memhresdfirinetitut ; — Bazin, Laurentie, Alfred Nettement, Jules Janin, Philarèle Chasles, Audibej[^3ignan, Géruzez, Malitoume, P. Barrière, MoreM* Feuillet de Couches, Ad. de Puibusque, etc.

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qui s'en dégage est d'autant plus vive, que les rayons sont concentrés dans un plus petit espace. Quatre de ces bio* graphies, en particulier, celles de Richelieu et de Louis XIY, de Bossuet et de Mirabeau, sont des morceaux excellents.

Mais d'autres travaux, à la même époque, occupaient encore Alfred Nettement.

Le directeur de la Gazette de France^ M. l'abbé de Genoude, ne se contentait pas de défendre tous les jours, dans sa courageuse feuille, les idées religieuses et monarchiques ; il estimait nécessaire d'ajouter à la propagande du journal, celle des livres. Il voulait mettre à la disposition des royalistes et des catholiques toute une bibliothèque, qui fût pour eux comme un arsenal où, dès qu'ils en auraient besoin, ils trouveraient des armes pour soutenir le bon combat. Pour les premiers, il composait ou faisait composer, sous sa direction, une Histoire de France^ en vingt volumes, ou encore la Raison monarchique, recueil contenant les opinions des membres les plus éminents du clergé de France sur les principales questions de la politique*. Pour les seconds, il donnait de nouvelles éditions de ses traductions de la Bible et de V Imitation de Jésus-Cfirist . Il faisait traduire les Pères des deux premiers siècles de r Eglise y puis ceux du troisième siècle, n publiait, avec une Introduction et un discours préliminaire, les œuvres de Malebranche'. Gomme pendant à la Raison monarcUigue^ il faisait paraître la Raison du

1. M. de Loardoaeix, Tun des aateurs de la Raison monarchique, basait paraître» à la môme époque, on livre d'un rare mérite : la

^ Bestauration de la Société Française.

2. Otte édition de Malebranche était due, pour la plus grande partie» aux bons soins de M. de Lourdoueix.

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Christianisme, ou Preuves de la vérité de la Religion tirées des écrits des plus grands hommes de la France, de r Angleterre et de V Allemagne, précieux recueil, qui ne forme pas moins de quatre volumes. Il faisait tirer, en un volume à part, Y Introduction à la Raison du Christianisme, ou Exposition du dogme catholique. Une traduction des discours du D' Wiseman sur les Rapports qui existent entre la Science et la Religion révélée^ zsk notes explicatives, cartes et planches, complétait cette série de publications.

Alfred Nettement savait admirablement l'anglais. Désirant s'associer à l'œuvre de propagande religieuse entreprise par M. de Genoude, il traduisit un autre ouvrage de Wiseman*, qui avait eu en Angleterre, comme le précédent, un retentissement considérable. Cette traduction parut au mois de juin 1889, en deux volumes et sous ce titre : Conférences sur les doctrines et les pratiques les plus importantes de l'Eglise catholique^ par Nicolas- Wiseman, docteur en théologie, professeur à l'Université de Rome, membre correspondant de la Société Asiatique; traduites de l'anglais, et précédées d'un Essai surlespro* grès et la situation du Catholicisme en Angleterre^ M. Alfred NPttement^.

1. Nicolas-Patrice-Etienne Wiseman, né à SéviUe. le 2 août \i mort le 16 février 1865. Son nom, illastré par ses écrits et ses fc ronces, restera surtout attaché au rétablissement complet de hiérarchie cathoUque en Angleterre (1849). I^ 30 septembre 185fl, fut élevé par le pape Pie IX aux dignités de cardinal, d'archevêque Westminster et de primat de l'Eglise cathoUque d'Angleterre. — roman de Fabiola ou l'Eglise des Catacombes (185i) a été tradi dans toutes les langues de l'Europe ; une des meiUeares traducti< françaises est due à M"* Marie Nettement.

2. Deux volumes in-8* : Beaujouan et 'Jourdan, éditeurs, 3â, pi Saint- And ré-des- Arcs. 1839.

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En adressant son livre au D' Wiseman, Alfred Nettemont accompagna son envoi de la lettre suivante :

t< Auteuil, rue La Fontaine, près Paris.

« Monsieur,

« Permettez- moi de vous offrir ce livre qui est le vôtre, puisqu'il n'est que la reproiluction de vos savantes recherches et de vos puissantes argumentations. En lisant votre ouvrage, j'ai pensé qu'il serait d'une haute utilité en France, où l'on rencontre une nombreuse population protestante, et qu'il serait fâcheux que son influence demeurât renfermée en Angleterre. J'ai donc essayé de le traduire et je soumets le résultat de mes efforts à votre redoutable autorité. Je n'ai point l'honneur d'être connu de vous ; votre pays n'est pas le mien, mais nous sommes tous deux catholiques, nous servons la même cause, yoos au premier rang, parmi les membres les plus distingués , dn sacerdoce, moi au dernier rang, parmi les fidèles. Cette comrmnnauté de symbole et de but me suffit, et cette fraternité qui •Tient d'en haut me rassure sur les distances qui nous séparent. Je YOOS parlerai donc avec une entière franchise sur le système qoe j'ai suivi dans cette traduction.

« Vous connaissez trop. Monsieur, le génie des langues et

|€dui des peuples pour ne pas savoir avant moi qu'il y a des

ms de langage et des formes de raisonnement qui conviennent

ns tel pays et qui conviennent moins dans tel autre, et

'ainsi la logique, une dans son essence, doit modifier ses

mes suivant les nationalités. C'est le principe qui m'a guidé

s le cours de mon travail. Sans altérer vos idées, sans

n ûter à la force de votre argumentation, sans renoncer à

ne des preuves par vous accumulées, j'ai essayé de rendre

out la forme analogue au génie de notre langue et de notre

js. J'ai pensé que, de même que vous aviez cherché dans

texte original à rendre votre ouvrage éminemment

pre à frapper l'esprit d'un auditoire anglais, je devais

rcher surtout, dans ma traduction, la forme la plus propre

aller à l'esprit de lecteurs français, afin que votre ouvrage

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iût en France ce qu'il est en Angleterre. Telle est, à mon sens, la véritable fidélité d'une traduction.

o Quant à l'Introduction que je me suis permis de placer en tète de l'ouvrage, elle s'explique d'elle-même. C'est une chose si merveilleusement providentielle pour ceux qui ont suivi, dans l'histoire d'Angleterre, les persécutions dont les catholiques ont été l'objet, que de vous avoir vu, vous prêtre de cette religion si longtemps persécutée, monter publiquement dans les chaires de la métropole et démontrer vicUmensement b vérité du catholicisme en face des lieux mêmes où on le livrait au bourreau, que la succession des événements qui ont amené ce grand changement méritait d'être montrée.

« Maintenant, Monsieur, j'ai dit tout ce que j'avais à dire et je suis devant mon juge. Heureux me trouverais-je, si je pouvais apprendre qu'il a pensé que je n'ai pas tout à fait échoué dans la tâche que j'ai entreprise ; plus heureux encore, si cette œuvre devenait entre lui et moi l'occasion de rapports personnels auxquels j'attacherai un prix infini.

« Veuillez agréer, Monsieur, l'expression de tous mes sentiments d'estime et de considération.

V Alfred Nettement.

« 1er juiUet 1839. »

Les conférences du docteur Wiseman avaient prèchées publiquement, durant le carême de 1836, l'église Sainte-Marie de Moorfields, au milieu d*une noi breuse assistance de catholiques et de protestants. L\ en a/ait été prodigieux : des conversions multipliées avaient suivies, et les adversaires, comme les coreligioi naires du savant professeur, s'étaient accordés à recoi naître et le rare talent qu'il avait déployé et la profoi impression qu'avait produite sa parole.

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Ces conférences avaient donc un double intérêt théologique, car elles constataient la position réciproque des doctrines catholiques et protestantes, à la date où elles ont été prononcées ; un intérêt historique, car elles montraient où en était, à cette date, le catholicisme en Angleterre.

Dans une longue Introduction, Alfred Nettement rappelle ce qu'il a fallu d'événements dans le monde, pour que le docteur Wiseman pût monter publiquement en chaire et proclamer la vérité du catholicisme dans la métropole même de l'hérésie. Il insiste particulièrement sur l'heureuse et considérable influence exercée par Témigration ecclésiastique en Angleterre, à l'époque de la Révolution. Il entre à ce sujet dans des détails alors - complètement inconnus en France. Quelques-unes de ces pages sont de vraies pages de Mémoires :

c Un des premiers soins de ces exilés^ dit Fauteur, fut de se bfttir une chapelle. Si le zèle était ardent, ceux qui l'éprouvaient étaient pauvres. Il n'y a pas bien longtemps encore que la vénérable comtesse douairière de Bourmont ^, conservant, dans un âge avancé, toute la puissance de sa mémoire et tous les dons d'un esprit gracieux et élevé, nous racontait que le premier asile qu'eurent, en Angleterre, les évêques et les prêtres de cette église de France, qui, naguère, possédait tant et de si superbes basiliques, fut une pauvre chambre, espèce de cave où Ton descendait par un escalier de quelques marches, et au bout de laquelle se dressait un autel, dépouillé et no comme ceux qui l'avaient élevé.

c Un peu après, les Sulpiciens du Canada envoyèrent quelques fonds à un des membres de leur congrégation dont le nom mérite d'être cx)nservé ; M. Bouret commença à b&tir,

1. Mère du maréchal, morte à Londres dans le mois de décembre

avec les deniers envoyés aux Français de TexiJ par des Français transplantés sur la terre étrangère, la chapelle de King's- Street, Little-George-Street, qui existe encore aujourd'hui. L'emplacement était humble comme Tédifice qui allait g'y élever. On avait choisi une de ces ruelles, si communes & Londres, où sont placées les écuries et les remises des hôtels

situés dans les rues élégantes du voisinage Quand les

fonds furent rassemblés, on se mit à l'œuvre. Pour édifier l'église qu'on allait consacrer au Très-Haut sur la terre étrangère, il fallut supprimer deux écuries : qu'importe ? le Christ n'était-il pas né sur une crèche, et n'est-ce pas d'une étable qu'est sortie cette loi qui a sauvé le monde, et qui peut seule encore le cx)nserver aujourd'hui ? La ruelle n'avait pas changé de destination en donnant asile à la chapelle française. Les écuries^ les remises, les étables subsistaient autour de la

maison de la prière

c Nous sommes entrés, avec un pieux respect, dans cette humble église, qui contint tant de grandeurs et tant de vertus. Là, prièrent tous ces saints prêtres, l'orgueil et la force de l'église gallicane. Là, on vit souvent réunis, dans les jours de grandes fêtes, jusqu'à dix évêques assis sur le même banc : M. de la Marche, évêque de Saint-Pol-de-Léon, qui le premier avait cherché un asile en Angleterre, M. de Dillon, archevêque de Narbonne, M. de Flamarens, qtii occupait le siège de Périgueux, M. du Plessis d'Argentré celui de Séez, M. de Béthizy celui d'Uzès, M. de Colbert celui de Rodez, M. de Belbœuf celui d'Avranches, M. de la Laurencie celui de Nantes, M. de Villedieu celui de Digne, M. Amelot celui de Vannes. Le banc des évêques était, dans les cérémonies, à gauche de l'autel; à droite, était un autre banc réservé à d'autres grandeurs et à d'autres exils. Là, était placé le fauteuil où s'asseyait Louis XVIII* du nom, roi de France et de Navarre. Cet héritier d'une race qui avait élevé tant et de si magnifiques églises au Christ, recevait à son tour l'hospitalité dans ce pauvre temple, b&ti avec les deniers de ce peuple de bannis qui s'était associé à ses malheurs. Hors d'ici> le petit-fils de Louis XIV n'était au'un proscrit, aussi faible et aussi impuis-

8ant que tous les proscrits qui Tentouraient. Ici il était roi de France, couronné de son droit, à défaut du diadème qui lui manquait, roi aux yeux de Dieu, au trône duquel toute légitimité va se rattacher comme à son origine première ; car la justice divine est la source de la justice humaine, et les lois de la terre, ces ombres passagères, n'ont de stabilité que parce qu'elles sont une image imparfaite des lois éternelles du ciel.

« Derrière le fauteuil du roi était le banc des princes. Là, s'assirent M. le comte d'Artois, plus tard Ciharles X, roi de

|. France, mort et enseveli dans la terre de l'exil ; M. le duc de Berry, mort d'un coup de poignard ; M. le duc d'Angoulême et la sainte fille de Louis XVI, qui a repris le cours de ses mélancoliques destinées et de ses exils ; M. le duc de Bourbon, mort à Saint-Leu. Ici, l'on vit le duc d'Orléans s'agenouiller et prier. Il y fît célébrer un service funèbre pour MM. les ducs de Montpensier et de Beaujolais, ses frères, qu'il avait perdus *.

a Ainsi, tout ce qui est grand et puissant dans ce monde a passé par cette petite chapelle de Little-George-Street, la puissance debout comme les puissances tombées, la fortune

comme l'adversité

« Après M. Bouret, fondateur de l'église, M. l'abbé de Latil en fut le chef ; après M. de Latil, M. Chenet ; après M. Chenet, M. de Laporte, qui y est encore aujourd'hui. « Quand vint la Restauration, la chapelle de George-Street

f, reçut quelques secours des princes qui y avaient si longtemps prié ; elle continua à être l'église des restes de l'émigration, de

[ cette classe de vénérables infortunés qui, renonçant, ici-bas, à toute espérance, avaient fini par s'acclimater dans leurs malheurs et par s'enraciner sur cette terre hospitalière, où au

[: moins ils ne trouvaient pas, pour augmenter l'amertume de leurs souffrances, le souvenir de leurs félicités perdues, ou le tombeau des martyrs qu'ils pleuraient... L'humble chapelle avait pris le nom de Chapelle royale. . . Le dimanche, on voyait le magnifique carrosse de l'ambassadeur de France entrer dans

1. Le duc de Montpensier mourut ft Londres en 1807, et le duc de ■ Beaujolais & Malte en 1808.

la petite nielle et s'arrêter à la porte de l'église ; cet ambaRsadeur s'appelait souvent Chateaubriand ou Montmorency... A Londres, comme toutes les chapelles sont obligées de pourvoir à leurs frais, on paye à la porte pour obtenir le droit d'y entrer. Les prêtres de Little-George-Street se servirent de h munificence royale pour supprimer cet impôt mis par la nécessité sur la prière. Aussi, tous les dimanches, on voyait accourir en foule, à la chapelle de France, les pauvres catho ligues irlandais, tout joyeux de ce que la libéralité des rois très chrétiens ouvrait, à deux battants, les portes de la maison du Christ à leur indigente piété *. »

En 1839, le Mouvement d'Oxford était encore à ses débuts; bien peu de personnes en France en soupçonnaient l'existence ; nul ne s'en préoccupait. Alfred Nettement lui consacre toute la seconde partie de son Introdiiction. Ses fréquents voyages à Londres l'avaient mis au courant do travail qui s'opérait au sein de l'église anglicane ; il avait lu les tracts* du D' Pusey, de Henry Newman et de leurs amis. Il analyse ces Traités pour les temps présents et il en montre toute l'importance. Ce Mouvement d'Oxford lui apparaît comme l'aurore d'une véritable renaissance catholique. Il salue l'heure prochaine où les plus nobles esprits de l'Angleterre, dépouillant enfin leurs préjugés antipapistes, proclameront la nécessité d'une église suprême et d'une autorité infaillible en matière de foi.

Cette Introduction frappa vivement Chateaubriand. Le

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