‹ La presse royaliste de 1830 à 1852Chapitre 97 sur 151 · Trois volumes in-8«, lSij-18i · texte numérisé non relu

Trois volumes in-8«, lSij-18i

2. AniK'-Maric-Jospph-Alhert, comte de Circotirt, né on. 18ïl9, arait donné, à la siiilo de la révolution de 1830, sa démission d'oiricierJ« mari 110. Lr *2'> juiliot 1872, il fut élu par l'Assemblée nationale membre du (lonsi'il d'i'^lat. Outre sa prrande Histoire des Ai'abes d'Es- : pngne sous In domination des Chrétiens, il a publié, en 185*2. Dé<*f«tralisation et M'marchie représentative, et, en 1808, la BaiaiHed'Hnstings.

3. Alphonse Uerjvird, vicomte de Cafonne, né à Bélhune on 1818. En 18'i8, avant d'entnT ;\ V Opinion publique, il avait publié des bwl'huros de circonstancié, les Trois Journées de Février, et le Goureryiement provisoire, histoire anerdotique et politique de ses mmhres, ot il avait été un des rédacteurs du iMmpion, journal suspeudt par le {général (^avai^nac (21 août 18W). Il essaya, av(*c le concooi» de MM. de Montépin et de Villeniessant, do le remplacer par te Bouche de fer, dont le premier numéro fui saisi li* jour de son appariîicm. En IHT)!), il fonda une feuille hebdomadaire, le Henri iVt journdl de la rëconcHiotion. Il <levint, en 18r>.3. après la retraite «It marquis de Belleval, directeur de la Revue contemporaine. Sous il semi-pseudouyine de A. de Bernard, il a publié un assez grand noŒb hre de romans, dont l«»s principaux sont : Pauvre Mathieu, les Fr^ de fa Guerre, le Portrait de la Marquise, etc. L'ancien r<Martt'ur VUpinion jmblique est aujourd'hui le doyen de la presse <{uotidi>^ai A 8^3 ans, il donne encore au Soleil, sur les questions artistiques très remarquables articles.

V Opinion publique avait six mille abonnés. Alfred Nettement ne vit dans ce succès qu'un encouragement à faire mieux encore, — et pour lui, faire mieux, c'était faire de nouveaux sacrifices.

L'élection du 10 décembre avait été, pour l'Assemblée nationale, le coup de cloche qui annonce les prochaines funérailles. Vainement elle s'obstinait à ne pas vouloir mourir. Force lui avait bien été, le 7 février 1849, de voter une proposition de M. Lanjuinais, portant qu'immédiatement après le vote de la loi électorale et la clôture des listes dans les départements, les élections législatives auraient lieu et que l'Assemblée nouvelle se réunirait quinze jours plus tard *. Les élections générales ne pouvaient dès lors beaucoup tarder. Il importait de s'y préparer. Alfred Nettement proposa à ses amis d'adopter toute une série de mesures, qui permettraient de faire, à Paris et dans les départements, une nouvelle et plus active propagande. Ces mesures étaient les suivantes :

On publierait toutes les semaines, le jeudi, afin qu'il pût parvenir le dimanche sur tous les points de la France, un supplément destiné aux habitants des campagnes. — Le prix des abonnements de propagande serait encore abaissé. — On ferait vendre à 5 centimes, dans les rues de la capitale, le numéro deV Opinion publique ^slûh de lutter contre l'influence des feuilles démagogiques. — Pour neutraliser feffet des mauvaises doctrines du journal le Peuple^, qui proposait de donner gratuitement cent exemplaires par jour « à ses frères de l'armée », qui viendraient les cher-

. 1. lia proposition Lanjuinais fut votée par 494 voix contre 3^.

2. Le journal le Peuple, dirij^é par Proudhon, avait alors un succès considérable.

cher dans ses bureaux^ V Opinion publiqtse s' eng^erdlik donner le double de ce que donnerait le citoyen Proudhon. — Enfin, toutes les fois que les circonstances le demanderaient» on publirait « de ces petits écrits que les Anglais et les Américains appellent des tracts. »

Ces diverses mesures furent adoptées, et, le 22 mars 1849, VOpinion publique annonça que, pour subvenir aux frais qu'elles entraîneraient, il était créé 500 actions dites de propagande, de cent francs chacune ; elles furent souscrites sur le champ.

 cette date du 22 mars, on pouvait considérer la période électorale comme ouverte. La loi électorale, en effet, avait été votée le 15 mars ; publiée le 19, elle devenait immédiatement exécutoire. Les délais exigés par les formalités à remplir formaient une période de rigueur de quarante-huit jours, que la loi avait portée à cinquante. Ce délai expirait le 8 mai ; les élections devant avoir lieu le dimanche qui suivait la clôture des listes, c'est au 13 mai que se trouvait, dès ce moment, fixée la réunion des comices électoraux.

En ce temps-là, les électeurs (ils en ont bien rappelé depuis) se préoccupaient d'envoyer à la Chambre dtô hommes de talent, et ils ne se faisaient pas faute, aa besoin, de les prendre hors de leur département. Alfred Nettement était complètement étranger à la Bretagne ; il n'y avait jamais mis les pieds ; mais il avait du talent, il avait rendu, il rendait encore tous les jours déminents services à la cause royaliste : les électeurs du Morbihaa tinrent à honneur de l'inscrire sur la liste de leurs représentants, qui comprenait, en même temps que le directeur de VOpinion publiqv^^ MM. Dahirel, Paul de Saint*

Georges, Crespel de ia Touche, Pariais, évêque de Lang Monoier, l'abbé Le Crom, de Kéridec, de Pioger ei la RochejaqueleiD.

Le dimanche 13 mai, la liste passa tout entière. AI Nettement avait eu !)3,065 vois.

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