‹ La presse royaliste de 1830 à 1852Chapitre 98 sur 151 · CHAPITRE XV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XV

L'Assemblée Législative. — L' «i Opinion pubUqae >

(suite).

VAbsmmblèm lAgislâtiyb. — Lbs Jeunes a. t/Opinion publique. PoNSON DU Terrail kt Barbet d'Aurevillt. — La ifonoN d'Aimlphi

SaI.A. — L'DïDElfiaTÉ DES REPRÉSENTANTS ET LA LOI SUR LA PRESSI. -]

— Lettre du comte MoLft. Lettres politiques sur les moyens dt rétablir l'union. — Alfred Nettement et Louis-Napolêon. L' Opinion publique annonce le coup d'État, le rétablissement dk l'empire et la guerre de 1870. — La loi du 31 mai 1850. ~ L'Aus-

DEMENT TlNOUY. — La COMMISSION DE PERMANENCE. VoYAGE DANS 12

Morbihan.

Dans la vie de chaque écrivain, de chaque' homme politique, il y a presque toujours un moment où son; talent et sa fortune ont atteint leur apogée ; où ses taeul*^ tés se sont déployées à Taise ; où, porté à demi par les! circonstances, à demi par Theureux emploi de ses dons^j il a donné toute sa mesure et brillé de tout son éclat ; oàl il a été vraiment, selon le mot d'un ancien, sous le rayoaj Ce moment a été, pour Alfred Nettement, celui où noi sommes maintenant arrivés. Il est le directeur de l'undc journaux les plus importants de Paris. M. de Genoud^ dont il a été si longtemps le principal lieutenant, vient

mourirS et nul désormais, dans la presse royaliste, ne lui peut disputer le premier rang. Le comte de Chambord, ce prince exilé qui est pour lui le Roi, Tbonore de son eatière confiance. Le département le plus royaliste de France l'a choisi pour le représenter dans TAssemblée où vont se débattre les destinées du pays. L'immense majo- :rité de cette assemblée est conservatrice, et, dans cette majorité, les légitimistes forment la fraction la plus considérable. Après avoir été, pendant plus de vingt ans, un {vaincu^ Alfred Nettement est aujourd'hui parmi les (vainqueurs.

Représentant du peuple et rédacteur en chef de VOpi- \nion publique^ il s'acquittera de sa double tâche avec une iégale conscience; à la Chambre, comme à son journal, il !fera tout son devoir.

L'Assemblée législative siégeait tous les jours. Ses .séances duraient de 1 heure à 6 heures du soir, et souvent beaucoup plus tard. Nul ne pouvait voter par procuration* Qui s'absentait pendant trois séances consé- 'cutives voyait son nom inscrit au Moniteur et signalé Icomme celui d'un mauvais citoyen. Tempi passati !

Alfred Nettement assistait à toutes les séances, prenait Lune part active aux discussions de son bureau et faisait [souvent partie des grandes commissions.

Le soir, prenant à peine le temps de dîner, il descendait

son journal, voisin de sa demeure. Il demeurait, à cette époque, au numéro 36 de la rue Saint-Lazare, dans un

md immeuble qu'on appelait le Sqicare des Trois-

1. M. de Genoude était mort à Hyères, le 19 avril 1849, ftgô de 57

Frères ; l'Opinion publique, depuis le 28 mai 1849, avait transporté ses bureaux rue Taitbout, N^ 10.

Tous les jours, sans jamais y manquer, il faisait son « grand article > de deux, trois ou quatre colonnes, sans préjudice quelquefois de deux ou trois autres moins importants. Son journal offrait alors, plus encore qu'au début, ce double caractère de joindre à de larges exposés de principes une grande abondance d'informations. D» amis de plus en plus nombreux l'alimentent de nouvelles, le fournissent d'entrefilets. Les Jeunes sont sûrs d'y trouver toujours bon accueil. Un jour, c'est un jeune homme de dix-neuf ans qui apporte rue Taitbout ane nouvelle intitulée : la Vraie Icarie et signée Pierre du TerraiV. Elle est aussitôt insérée, et il se trouve que, ce jour-là, l'auteur des Etudes critiques sur le Feuilleton' roman a, sans le savoir, présenté au public le futur auteur des Exploits de Rocambole et de tant d*autres romans-feuilletons. Une autre fois, c'est J. Barbey d'Aurevilly qui fait paraître dans VOpinion publique ses articles sur les Prophètes du passée sur Joseph de Maistreet M. de Bonald*. Un peu plus tard, nous le verrons, c'est aussi dans la feuille d'Alfred Nettement qu'Henri de Pêne fera ses débuts.

Il ne suffit pas, pour qu'un journal vive et prospère, qu'il ait des écrivains de talent, des abonnés, un public ; besoin est qu'il ait aussi un financier, — et l'Opinion | publique n'en avait pas. Si la rédaction était brillante. | Tadministration n'était rien moins que sage. On avait! agrandi le format et on avait abaissé le prix de l'abon-'

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