‹ La pression barométriqueChapitre 10 sur 191 · LES RÉGIO>'S ÉLEVÉES DU GLOBE · texte numérisé non relu

LES RÉGIO>'S ÉLEVÉES DU GLOBE

sont habités toute l’année, est à 4590“; le monastère Bouddhique de Hanle, dans le Ladak, est à 4610“ : une vingtaine de lamas y résident. Quant aux villages habités l’été seulement, ils sont fréquemment situés entre. 4500“ et 4900“; ainsi Norbu est à 4860“. En été, les troupeaux vont paître dans des pâturages qui atteignent 5000”, tels que celui de Larsa, à 4980“ ^ Sur les hauts plateaux du Vokhan et du Pamir, les Kirghises conduisent à 4700” leurs yaks et moutons. Le Mirza envoyé par M. Monigomerie au Thibet signale même un village, Thok-Djalank, à la hauteur extraordinaire de 4980”.

Les Andes et l’Himalaya comprennent les deux seules régions du globe où des populations qui se comptent par millions d’âmes vivent régulièrement au-dessus de 3000”. Déjà, sur les hauts plateaux du Mexique, les régions habitées par un grand nombre d’hommes descendent à 2000” environ; en Abyssinie, elles sont plus basses encore; Gondar est à 2220” et le village d’Endschetkab, qui paraît être le plus élevé de l’Abyssinie, à 2960”.

Il en est de même à peu près pour les habitants des montagnes arméniennes ; Hispahan est bâti à 1340“, Erzeroum à 1860“ et Kars à 1900”. En Europe, comme nous l’avons vu, le niveau s’abaisse encore.

Les hommes qui vivent à ces hauteurs sont assurément dans des conditions fort différentes de celles qui se rencontrent sur le bord de la mer. A 5500”, un litre d’air pèse juste moitié moins qu’au niveau de la' mer; à 5300”, un tiers moins; à 2300”, un quart. Ces conditions particulières sont-elles avantageuses ou défavorables pour le développement matériel ou intellectuel de l’homme? C’est ce que j’essaierai de discuter dans la troisième partie de ce livre. Je dois rappeler, du reste, à mes lecteurs, que les influences lentes, progressives, que peuvent exercer sur les générations successives le séjour dans les hautes montagnes ne m’arrêteront que peu. Je renvoie, pour ces questions si importantes en hygiène et en politique, au livre remarquable de M. Jourdanet. Ici, et tout particuliérement dans cette partie consacrée à l’exposition des documents historiques, il ne sera question que des accidents soudains, manifestes, qu’amène chez les hommes et les animaux le changement brusque et considérable de niveau et par suite de pression barométrique. Aussi est-ce aux récits des voyageurs, racontant le plus souvent

Schlagintweit, Resulls of a scientific mission to India and Hiqh Asîa. in '1854-1&58 5 vol. 1861-4865 ; t. ü, p. 477.

HISTORIQUE

leurs propres impressions, que je ferai appel dans les pages qui vont suivre.

J’ai divisé cet historique en trois chapitres distincts. Le premier contient les témoignages dont je viens de parler ; je les ai classés par régions orographiques , et énumérés chronologiquement. Je n’ai certes pas la prétention d’être dans cetle énumération absolument complet ; mais je pense n’avoir rien laissé échapper de vraiment intéressant.

Dans le second sont rapportés les récits des aéronautes. Enfin, dans le troisième j’ai groupé les expériences de laboratoire, exécutées dans le but d’étudier l’influence de la pression diminuée, les interprétations théoriques qu’ont données à priori divers physiologistes des troubles observés pendant les ascensions de montagnes, et enfin les explications tentées par les voyageurs eux-mêmes, avec les opinions populaires sur ces étranges malaises. Je m’arrête, bien entendu, dans ce chapitre, aux discussions qu’ont soulevées mes propres recherches; mon but est de montrer quel était l’état de la science au moment où j’ai commencé mes expériences. Enfin, un dernier chapitre résume à la fois tous les faits observés et toutes les théories émises.

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