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LES VOYAGES EA' MOATAGNES. — PIC DE TÉAÉRIFFE

croyant sorti de l’élément convenable à sa nature, il cherchait, dit-il, à aspirer un peu d’air, qu’il ne trouvait point dans ce moment critique ; et cependant il était dans un parfait état de santé, lorsqu’il avait commencé son excursion ; son passage à travers la région des neiges ne l’avait que peu fatigué ; on ne peut donc attribuer les accidents qu’il a ressentis qu’à la raréfaction de l’air.

M. Aubert-du-Petit-Thouars.... a raconté à l’auteur qu’il avait éprouvé des symptômes analogues , et simtout une grande défaillance d’estomac , en gravissant la montagne de l’île de Bourbon, appelée le Bénard. M. Cloquet, d’ailleurs, a éprouvé lui-même des accidents de ce genre, lorsque, dans les Alpes, il est parvenu à une

certaine hauteur .

M. de Sayve avait avec lui un compagnon qui fut encore bien plus gravement incommodé ; et nous savons que l’infortuné Dolomieu, dans la même ascension, fut aussi atteint de symptômes semblables à ceux que nous venons de signaler .

Cés divers malaises sont assez variés et conunencent à se manifester plus tôt chez certaines personnes que chez d’autres ; mais on ne saurait les attribuer à la fatigue ; celle-ci n’a jamais de pareilles conséquences dans les montagnes qui ont moins de 1,000 toises d’élévation.

Ils se montrent, du reste, également, et chez les animaux et chez l’homme.

Je ne pousserai pas plus loin ces citations. Les auteurs plus récents montrent les memes inégalités d’appréciation, et la plupart ne disent rien des troubles physiologiques. Ce que j’ai rapporté suffît pour montrer que l’Etna est, si l'on peut ainsi parler, une montagne limite, dans l’ascension de laquelle beaucoup de personnes n’éprouvent aucun phénomène fâcheux, d’autres se trouvant, au contraire, plus ou moins malades. Les premiers symptômes de malaise étant précisément ceux d’une fatigue excessive, il en résulte que les difficultés de l’ascension du cône suffisent pour tout expliquer aux yeux de la plupart des voyageurs ; quelques-uns mettent le compte de l’oppression sur des exhalaisons nuisibles venant du volcan par les fissures innombrables du sol. Il n’est donc pas étonnant qu’avant la constatation du malaise propre aux montagnes, dans le massif des Andes, on n’ait rien signalé d’extraordinaire dans les ascensions à l’Etna.

§ 4. — Pic de Ténériffe.

Retrouvées au quatorzième siècle par des navigateurs français, les îles Canaries^ furent conquises au quinzième siècle par les Espagnols. Mais pendant longtemps personne n’osa tenter l’ascension du volcan, dont le sommet paraît d’autant plus élevé que son pied plonge dans la mer.

Les appréciations les plus étranges et les plus exagérées étaient

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