‹ La pression barométriqueChapitre 13 sur 191 · HISTORIQUE · texte numérisé non relu

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mises en avant sur l’eslimation de sa hauteur. Selon Th. Niçois % elle n'était pas de moins de 15 lieues; Riccioli et Kirclier Tcstimèrerit à dix milles italiens : en réalité, elle est de 5716™.

Le premier récit d’ascension® que nous ayons rencontré est celui d’un voyage exécuté en 1652 par quelques « marchands considérables et hommes de grand crédit » : ils furent notablement frappés par l'inlluence de l'air raréfié :

Nous commençâmes à six heures du malin à faire l’ascension du Pic .

Quelques-uns de notre compagnie devinrent très-faibles et malades, et furent

atteints de diarrhées, vomissements et tremblements fiévreux . Un de nous

se trouva mal, et ne put aller plus loin en avant. (P. 201 .)

Le célèbre Robert Boylc® a recueilli un récit analogue, dans lequel l’action de l’air dilaté est, comme il arrive souvent pour les ascensions des volcans, confondue avec celle des émanations terrestres :

Je demandai un jour à un homme intelligent qui avait vécu plusieurs années à Téncriffe, s’il était monté au sommet du Pic, et ce qu’il avait éprouvé. 11 me répondit qu’il y avait essayé, que jdusieurs de ses compagnons avaient pu terminer l’ascension, mais que, quai;t à lui et quelques autres, l’air vif et les exhalations sulfureuses les rendirent si malades qu’ils les arrêtèrent beaucoup moins haut. L’effet de ces vapeurs était tel que sa peau devint jaune-pâle, et que ses cheveux lurent décolorés. (P. 2039.)

Tous les voyageurs n’éprouvèrenl pas les mêmes effets, et, suivant l’usage, ceux qui furent . exempts de malaises se laissent entraîner à nier ce qu’ont rapporté leurs prédécesseurs moins heureux,

Edens% qui monta sur le Pic en 1715, s’exprime ainsi :

Ce qu’on a dit sur ta difficulté de respirer au sommet du Pic semble erroné; nous y respirions aussi bien que dans le bas; nous v prîmes notre déjeuner. (P. 186.)

* « .4u milieu d’icelle on voit une montagne grandement droite et ronde qu’ils appellent Pico de Teitlie, dont la .situation est telle : sa pointe est fort droite et contient en hauteur 13 grandes lieues, qui reviennent à plus de 43 milles anglais. » Description des Canaries, par l'.Xnglais Mcols ou Midnal ; in Traité de la navigation, par Pierre Eergeron, préface îles Voyages faits en Asie dans les douzième, treizième, quatorzième et quinzième siècles, t.ï, P . 119, — fa Haye, 1733.

- A Relation of tlie Pico Tcnêriffe received from some considérable merchants and men worthy of crédit, who wenl to the Top of it. — Historij of tfie Royal Society of London, by Th. Sprat, 3= éd. — London, 1722, p. 200-213.

^Philos. Transac., 12 sept. 1670. Vol. XXIX, p. 517-523, 1717.

* An Account of a journey from the port ofOratava in the Island ofleneriff, to the Top of the Pic in August 1713. Mem. of the Royal Soc. of London, 2« éd., vol. VI, p. 172-177. — London, 1743.

LES VOYAGES MOA’TAGA^ES. — PIC DE TÉA'ÉRIFFE. 81

Le Père Feuillée% le 51 juillet 1724, fit l’ascension duPic; il ne dit rien qui puisse nous intéresser.

G. Glas * fut moins favorisé :

Nous arrivâmes, dit-il en effet, au pied du pain de sucre . Bien que sa lon¬

gueur ne soit guère que d’un demi -mille, nous fûmes obligés de nous arrêter pour respirer, je crois, quarante fois, et quand nous fûmes arrivés au sommet, nous restâmes bien un quart d’heure avant de nous remettre (p. 255).

Il en fut de même des savants que Labillardière “ avait emmenés dans son voyage à la recherche de la Pérouse :

Les citoyens Riche et Blavier, dit-il, avaient entrepris, un jour après nous, (Labillardière, qui fit l’ascension le 17 octobre 1791 ne parle d’aucune sensation fâcheuse), le voyage du Pic; mais ces deux naturalistes n’eurent pas le plaisir de monter jusqu'au sommet ; ils en étaient encore bien éloignés lorsque, leurs poumons ne pouvant s’accoutiuner d’un air trop raréfié, ils crachèrent le sang et furent obligés de renoncer à leur entreprise (T. I, p. 27).

Il est vrai que, selon Bory Saint-Yincent\

Riche avait une très-fiûble santé et une fort mauvaise poitrine.... Il est mort des suites de son voyage, peu après son retour en France. (P. 182.)

De îlumboldt® (ascension du 21 juin 1799) ne dit absolument rien des troubles physiologiques.

Le célèbre géologue Cordier% qui monta sur le Pic, le 16 avril 1803, s’occupe de ces troubles, mais pour les nier ou à peu près :

Ce qu'on a dit de la vivacité du froid, . et de la difficulté de respirer sur le

Pic, n’est pas exact. Au reste, j’ai déjà éprouvé plusieurs fois que l’opinion généralement reçue à cet égard est plus qu’exagérée; je vous assure que le froid était très-supportable . que la rareté de l’air ne nous incommodait nullement, quoi¬

qu’elle nous eût forcé à faire des poses assez fréquentes en approchant du sommet. (P. 61).

L’illustre Léopold de Buch, dans le récit de ses ascensions du

* Mêm. acad. des sciences de Paris pour 1746, p. 140-142.

* The Bistory of the Discovery and Conquest of the Canary Islands. — London, 1764. ® Relation d’un voyage à la recherche de la Pérouse, fait par ordre de l’Assemblée

constituante, pendant les années 1791-1792 et pendant la première et la deuxième année de la République française. — Paris, an VIII.

* Essais sur les isles Fortunées et l’antique Atlantide. — Paris, germinal an XI.

® Voyage aux régiom équinoxiales du nouveau continent, t. I, p. 125-145. — Paris,

® Lettre au ciloijen Devilliers fils. ■ — Journal de phys., de chim. et d’hist^ nat., t, LYII, p. 55-63; 1805,

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18 et du 27 mai 1815 S ne leur donne pas une place plus importante :

La montée devient plus difficile depuis VEstancia de los Ingleses.... Malgré cela, les difficultés ne sont pas comparables à celles d’une ascension à la cime de l’un

des pics couverts de neige des Alpes . Arrivés au cratère, nous vîmes tout à

coup paraître vis-à-vis de nous Hammond, écossaise, avec ses compagnons de voyage. C’était la première femme qui fût jamais montée jusqu’à cette cime (P. 4).

Le 27 mai nous montâmes de nouveau au Pic (P. 5).

La narration de Dumont d’ürville ® est très-intéressante dans sa brièveté. 11 passa la nuit, en juin 1826, hVEstancia de los Ingleses :

L’air était très-pur, dit-il, je n’éprouvai aucun de ces violents malaises et de ces suffocations ressenties par divers voyageurs. M. Quoy seul souffrit des maux d’estomac, et M. Gaimard dormit toute la nuit sans rien éprouver . Le lende¬

main, en approchant du Pnin-de-Sucre, nous étions fréquemment obligés de faire halte pour reprendre haleine.... Nous déjeunâmes avec gaieté à la cime du Piton. (P. 37).

Lors de son second voyage, en octobre 1837, les officiers de V Astrolabe et de la Zélée firent l’ascension du Pic. Dumont d’ürville “ rend compte en ces termes de leurs sensations :

Conformément à mes observations en 1826, M M. Dumoulin et Coupvent ont remarqué . l’engourdissement des extrémités du corps. Durant la nuit, le thermo¬

mètre est descendu à — 0,5. MM. Dubouzet, Dumoulin et Coupvent ont ressenti des maux de tête assez prononcés, surtout ce dernier (P. 32).

Le chirurgien le Guillou*, en rendant compte de la même ascension, dit :

Plusieurs de nos camarades se virent sujets à un singulier phénomène : ils saignèrent copieusement du nez, et nous fûmes forcés de faire halte quelques instants. (P. 29.)

Le 18 septembre 1842, ascension de M. Charles Sainte-Claire Deville® ; il ne dit pas un mot des troubles physiologiques.

Itier®, qui monta sur le Pic le 28 décembre 1845, attache plus

* Description physique des îles Canaries. Trad. Boulanger. — Paris, 1836,

* Voyage de l’Astrolabe, exécuté pendant les années 1826-27-28-29. Histoire du Voyage, t. I; Paris, 1830.

® Voyage au Pôle Sud, t, I. — Paris, 1841.

* Yovage autour du inonde de V Astrolabe et de la Zélée, sous les ordres de Dumont d’Drvilie. Paris, 1842.

s Voyage géologique aux Antilles et aux îles de Ténériffe et de Fogo. — Paris, 1848 ; t. I, p. 65-79.

® Journal d’un voyage en Chine en 1843, 1844, 1845, 1846. — Paris, 1848, 3 vol.

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