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ACCIDENTS DE LA DÉCOMPRESSION ; COMPARAISON AVEC L’ASPHYXIE

d’asphyxie où ces expérimentateurs plaçaient leurs animaux, l’acide carbonique s’emmagasinait dans l’air ambiant, sans qu’on ait déterminé la part d’influence qui revenait à ce gaz, les uns la niant complètement, les autres l’exagérant à l’excès.

Les phénomènes relatifs à la diminution ,.de l’oxygène absorbé, de l’acide carbonique et de l’urée excrétés par des animaux soumis à la respiration d’un air pauvre en oxygène, n’ont pas été étudiés avec un soin suffisant jusqu’ici. Je ne connais même rien qui soit relatif à l’excrétion urinaire, et cela se comprend : il ne serait rien moins que facile de maintenir pendant un temps considérable, dans un air appauvri et dbnvenablement renouvelé, des animaux sur lesquels se pourrait faire une semblable expérience.

Relativement à l’absorption d’oxygène, j’ai bien souvent, en analysant à plusieurs reprises successives l’air d’une cloche où s’asphyxiait lentement un animal, constaté qu’au fur et à mesure que l’expérience marchait vers son dénouement' fatal l’animal consommait de moins en moins d’oxygène pour des laps de temps égaux.

L’expérience CLXXXVII (p. 671) en montre un exemple : ici, l’acide carbonique était absorbé par de la potasse au fur et à mesure de sa formation, en telle sorte que la comparaison avec l’air pur dilaté est très-légitime ; or, dans les deux premières heures le chien avait consommé 41 pour 100 de l’oxygène du sac clos où il respirait, tandis que dans les 2 heures suivantes il n’en a consommé que 36 pour 100, le volume total du sac étant en outre fort réduit, par suite de l’absorption de l’acide carbonique.

Les expériences qui seront rapportées au chapitre YIII (sous-chap. II) déposeront dans le même sens. Ainsi la pauvreté de l’air en oxygène donne le même résultat que sa dilatation.

Quant à l’abaissement de température, les expériences du chapitre II, sous-chapitre IV (p. 670 et suiv.), nous indiquent des chiffres intéressants. Dans l’expérience CLXXXVII, où l’asphyxie a duré 4^ 45”, la température était tombée de 39“

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à 54°, 5. Dans l’expérience CLXXXVIII : durée, 4^ 5Ô“; temp., de 58°, 5 à 54°. Il y a donc là encore identité entre les deux termes que, nous cherchons à comparer actuellement.

Si nous envisageons les phénomènes respiratoires et circulatoires, au simple point de vue du nombre des mouvements, nous trouvons, dans l’asphyxie comme dans la dépression, la même tendance générale et les mêmes irrégularités.

La figure 55 donne une idée de leur marche : le trait plein représente les résultats de l’expérience CLXXXVII, le trait pointillé ceux de l’expérience CLXXXvIII. La teneur de l’air en oxygène est inscrite sur Taxe des abscisses. Le nombre des respirations (R) et celui des pulsations (P) sur l’axe des ordonnées, à des échelles différentes.

On voit que dans ces tracés se manifeste, après une phase d’incertitude et d’irrégularité, une période d’accélération dans les deux ordres de mouvements, suivie d’une période de ralentissement soudain.

Dans quelques cas, à la fin de la vie, le cœur recommence à battre avec vitesse, mais ses battements sont très-faibles. C’est ce qui est arrivé dans une des expériences rapportées au sous-chapitre II du chapitre YIII, où les pulsations, après être tombées de 120 à 14 au moment où l’insensibilité de l’œil apparaissait, se sont, quand cessa la respiration, relevées soudain à 60 pendant quelques minutes.

Quant à la pression cardiaque, elle baisse avec lenteur d’abord, puis rapidement. La figure 54, dont les tracés sont relatifs à l’expérience CLXXXVII, montre la marche des maxima et des minima, en rapport avec la richesse de l’air en oxygène.

Tous ces phénomènes prouvent donc encore une fois l’identité des effets de la décompression avec ceux de l’asphyxie lente, ou, pour mieux dire, de la respiration d’un air pauvre en oxygène.

Cette identité se traduit encore par une coïncidence intéressante. Les détails des expériences rapportées dans le présent livre montrent que non-seulement la mort, mais les troubles divers apparaissent, dans l’asphyxie, à un degré de

EXPÉRIENCES

pauvreté en oxygène, et dans Fair dilaté à un degré de dépression où la tension de l’oxygène est identique.

Ainsi, chez les chiens, les troubles respiratoires sont manifestes, dans Fair confiné, à peu près au moment où il n’y a plus que 12 pour 100 d’oxygène ; dans Fair pur, ils apparaissent environ sous la pression de '43 centimètres, pression que l’on rencontre à peu près à 5000 mètres d’altitude ; dans les deux cas , la tension de Foxygène est la même , car 12x76 = 20,9 x43,6. Quant aux accidents graves, aux nausées, etc., il faut que la proportion de Foxygène dans Fair confiné s’abaisse au voisinage de 8 pour 100, ou que la pression barométrique de Fair pur soit réduite à 30 centi-

Fig. 54. — Maxima et minima de la pression cardiaque dans l’asphyxie sans acide carbonique.

mètres environ, ce qui correspond à une hauteur de 7300 mètres : la tension de Foxygène est encore la même dans les deux cas.

Or, confirmation nouvelle, c’est à ces altitudes, à peu près, que surviennent chez les aéronautes, immobiles dans leur nacelle, les troubles et les accidents qui constituent le mal des ballons.

La coïncidence prend un caractère d’intérêt plus vif encore, lorsqu’elle se tire d’observations qui ont été prises sur l’homme lui-même.

Les plus importantes sont dues à M. Félix Leblanc % qui

‘ Recherches sur la composition de l’air de quelques mines {Annales de chimie et de physique. S'’ série, t. XV).

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