ACCIDENTS DE LA DÉCOMPRESSION : COMPARAISON ATEC L’ASPHYXIE
a eu l’occasion d’analyser l’air des mines de Poullaouen et d’Huelgoat, en Bretagne, et dont le mémoire contient de précieuses indications sur les sensations des ouvriers qui travaillent dans ces mines.
Les pyrites qui existent en abondance dans les filons exploités s’emparent d’une partie de l’oxygène de l’air qui se trouve ainsi appauvri sans être, comme cela arrive dans les lieux confinés, vicié en même temps par de l’acide carbonique ou d’autres gaz.
Des faits rapportés par M. Leblanc, nous extrayons les suivants :
A : Dans un endroit où il n’y a plus que 16,7 pour 100 d’oxygène, la respiration est peu gênée, mais l’air est trouvé faible par les mineurs ;
B : Avec 15,5 d’oxygène, on peut respirer d’une manière continué et sans trop de difficultés ;
G : Avec 9,8 d’oxygène, l’air est asphyxiant, et au bout de 1 à 2 minutes on se sent pris de défaillance. M. Leblanc, qui s’y soumit sans transition, faillit se trouver mal, et le maître mineur qui l’accompagnait fut saisi de vertiges et de nausées.
Or, dans l’observation A, la tension de l’oxygène équivaut à celle existant dans l’air pur à 60%4 de pression; ce qui correspond à une altitude de 1800 mètres. Pour l’observation B, la pression équivalente est 55%o, et l’altitude 2500 mètres. Pour G, la pression est o5%4, et l’altitude 6000 mètres.
Il est hors de doute qu’un habitant de la plaine, transporté subitement à des hauteurs de 1800 et surtout de 2500 mètres, et forcé de s’y livrer aussitôt au dur travail des mineurs, trouverait comme eux que l’air est faible et sentirait sa respiration un peu oppressée. Il est hors de doute qu’un aéronaute qui serait, aussi instantanément que dans l’observation de M. Leblanc, transporté à 6000 mètres de hauteur, et qui voudrait, comme ce chimiste, faire l’effort nécessaire pour gravir un talus et vider un flacon plein de mercure, serait, lui aussi, atteint aussitôt d’accidents assez graves.
EXPÉRIENCES
Enfin, dernière ressemblance sur laquelle nous appelons l’attention, la rapidité singulière avec laquelle survient la rigidité cadavérique des animaux morts dans l’air raréfié (voy. p. 759) se retrouve dans la mort par asphyxie, lorsqu’on a soin d’éliminer l’acide carbonique formé en l’absorbant par la potasse. Exemple :
Expérie>ce CCL. — 20 mars. A S'', un verdier est placé dans une cloche de 3* sur un trépied qui l’isole d’un cristallisoir plein d’une solution de potasse. Un tube coudé fait communiquer cette cloche avec une autre qui repose sur la cuve à eau, et dans laquelle l’eau montera au fur et à mesure de l’absorption de COy. en sorte que la pression restera toujours la même
A l’oiseau, qui s’est un peu agité au début, se couche et demeure en repos ; respiration haletante.
II meurt à 6*‘23“; temp. rectale 31°.
La rigidité commence aux ailes à 6** 34“ ; elle est complète à 45“.
Notre parallèle entre les accidents de la décompression* et ceux de l’asphyxie est donc complet, et se poursuit jusque dans les moindres détails avec une remarquable précision.
Tout se résume, dans l’un et l’autre cas, en cette formule : troubles nutritifs dus à l’introduction dans l’organisme, dans un temps donné, d’une quantité insuffisante d’oxygène.
SOUS-CHAPITRE 111