EXPÉRIENCES
une heure un quart à une pression minima de 248 millimètres, c’est-à-dire à moins d’un tiers de la pression normale, pendant laquelle je suis resté 45 minutes au-dessous de 400 millimètres, sans avoir éprouvé de malaise à partir
du moment où j’ai commencé à respirer régulièrement l air suroxygéné. Mon pouls, comme le montre le tracé inférieur de la figure 59, est resté dès lors à son chiffre normal; il s’est même abaissé vers la fin, soit à cause du long repos dans la station assise, soit sous l’influence de la respiration d’un air
suroxygéné. A côté de moi, un moineau et un rat se trouvaient fort malades, et leur température s’abaissait de plusieurs degrés. Quant à moi, bien loin de courirun danger, je ne ressentais aucun des inconvénients légers de la décompression, ni l’état nauséeux, ni le mal de tête, ni la congestion à la tête, et je n’en éprouvai pas davantage après être sorti de l’appareil. Il me semblait même que j’eusse pu aller beaucoup plus bas encore, sans nul encombre, et j’y étais parfaitement disposé, si mes pompes à vapeur, fatiguées du travail, n’eussent refusé d’épuiser davantage l’air des cylindres. Peut-être dois-je en accuser la. complicité des personnes présentes à l’expérience, qui venaient fréquemment me regarder à travers les hublots et, malgré l’aspect tout à fait naturel de ma physionomie, semblaient fort effrayées de me voir exposé à cette énorme diminution de pression. Elle correspondait, en effet, à plus de 8800 mètres, c’est-à-dire à une hauteur supérieure à celle que les voyageurs en montagne et les aéronautes, hormis àlîM. Coxwel et Glaisher, aient pu atteindre encore (voir p. 199). Je n’éprouvais aucun malaise à cette pression qui avait failli être si funeste aux deux intrépides Anglais, et à laquelle devaient périr peu de mois plus tard MM. Crocé-Spinelli et Sivel.