C : Beaucoup moins encore
A plusieurs reprises, pendant la durée de l’expérience, il y a eu fuite et on a dû ramener le vide ; Pair a donc été suffisamment renouvelé.
La terre était très-arrosée, et Pair saturé d’humidité.
Expérience CCCL. 17 juin. — Orge.
Semé dans des temnes pleines de terre, en nombre de graines semblable, et placé immédiatement :
EXPÉRIENCES SUR LES VÉGÉTAUX. 849
A. Sous cloche de 2S2, Laissé à la pression normale.
B. — 71,1. Amené à 50*= de pression.
G. — HL Amené à 25® de pression.
20jMm. — Commencent à pousser partout.
21 — Déjà différence évidente.
22 — A : Les brins nombreux, trés-verts et très-roides mesurent environ 10®.
B. Moins nombreux, moins verts; environ 8®.
G. Encore moins; environ 6®.
23 jMm. — Je coupe tous les brins au niveau du grain d’orge; il y eu a
76 à A, 36 à B, 25 à G. Je mets ces brins à l’étuve et les fais dessécher à
100 degrés pendant 2 jours.
Après ce temps, chaque brin de A pèse 8‘“s,8; chaque brin de B 7“*, 1 ; chaque brin de G 6“8,2.
Expérience CCCLI. — Î1 juin. — Orge et cresson sur terre mouillée.
A. Pression normale. Cloche de 1 litre.
B. Air à 12® de pression. — 6 litres.
G. — 8® — — 8 litres.
On renouvelle l’air tous les jours.
juin. — ' Les pousses de A sont très-belles et vigoureuses ; rien à B ni à G. ■
20 juin. — B : Quelques radicelles et des moisissures blacches ; G seulement des moisissures. Je ramène B et G à la pression normale ; les grains germent avec un retard dans les premiers jours pour celles de G.
Je crois inutile de rapporter un plus grand nombre d’expériences ; chacune de celles qui précèdent est, en réalité, multiple, à cause de la quantité de graines qui ont été semées ensemble. Les expériences suivantes en corroborent les résultats qui sont du reste, suffisamment nets.
Ils permettent de conclure, à n’en pas douter, que la germination se fait avec d’autant moins d’énergie et de rapidité que la pression est plus faible. J’appelle spécialement l’attention sur les résultats de l’expérience CCCL, auxquels le système des pesées a donné une précision particulière. Ils montrent que, à la pression normale, chacun des brins d’orge poussés pesait plus de 8 milligrammes, tandis qu’à 50‘ de pression iis n’en pesaient que 7, et à 25“ que 6.
De plus, il germe un nombre beaucoup moins grand de grains sous basse pression qu’à la pression normale. Il est assez difficile de comprendre la raison de cette inégalité, qui
EXPÉRIEÎNCES.
s’est montrée manifestement à chaque expérience ; dans la même expérience CCCL, où les brins ont été comptés, on en a trouvé 76 à la pression normale, 56 à 50% et 25 seulement
Il est donc d’ores et déjà bien évident que la germination doit se faire moins rapidement et moins sûrement, pour les graines analogues à l’orge, sur les grandes hauteurs que dans la plaine, étant supposées égales toutes les conditions d’humidité, de température et d’état électrique de l’atmosphère.
Ici se pose maintenant la question que nous avons eu à résoudre en parlant des animaux. Est-ce à la dépression, eu tant que condition physique, qu’est due la lenteur, puis l’arrêt de la germination, ou bien faut-il 'attribuer ces phénomènes à la moindre tension de l’oxygène de l’air? Tout ce que j’ai dit jusqu’ici m’autorisait à affirmer l’exactitude de cette dernière hypothèse. J’ai voulu cependant la soumettre encore à un double contrôle expérimental, dans lequel, il est vrai, je me suis contenté d’un petit nombre d’expériences.
Il y a, en effet, comme nous l’avons vu, deux méthodes à employer. Nous pouvons étudier des germinations faites sous la pression barométrique normale, mais dans des milieux peu riches en oxygène. Il est évident que si, dans ce cas, nous voyons que la germination se fait plus vite dans l’air que dans un milieu moins oxygéné c’est la pauvreté en oxygène qu’il faudra accuser.
Nous pouvons encore comparer avec des germinations faites dans l’air, à la pression normale, d’autres germinations faites à de fortes dépressions, mais dans dès milieux suroxygénés, en telle sorte que la tension réelle de l’oxygène soit à peu près égale à celle que présente l’air dans les conditions barométriques ordinaires.
Voici d’abord une expérience faite suivant la première de ces méthodes :
Expérience CGCLII. — 12 juillet. — Orge semé sur papier à filtre mouillé ; 20 grains dans chaque assiette.
Â. Cloche de 15* ; laissé à l’air sous la pression normale.
■ B. — 20* ; je fais le vide, et laisse rentrer uii air très-appauvri en
EX^ÉRIE^•CES SUR LES VÉGÉTALX.
oxygène par l’inflammation du phosphore. Le mélange contient ainsi 10 pour 100 d’oxygène.
On remarquera que la capacité des cloches varie en sens inverse de la quantité d’oxygène.
16 juillet. — Les pousses dans A sont plus fortes que dans B.
juillet. — Les pousses dans A (air) sont de 12® en moyenne; celles dans B (azote) de 10®.
22 juillet. — A en moyenne 21® ; B en moyenne 19®.
Cette expérience montre bien nettement que, dans Cair pauvre en oxygène, malgré que la quantité totale en soit bien suffisante, la germination se fait moins vite que dans l’air ordinaire.
Je n’ai pas cru devoir insister sur cet ordre d’expériences, parce que les anciennes recherches de Senebier, de Saussure, de Lefébure, etc., bien que manquant de précision au point de vue de l’analyse chimique du milieu aérien, déposent nettement dans le même sens.
Voici maintenant des expériences faites par la deuxième méthode :
Expériexces CCCLIII. — 9 octobre 1872. — Orge et cresson, semés sur papier mouillé.
A. Air à la pression normale.
B. Air à 16® de pression.
G. Onfaitlevide, puis on laisse renfrerde l’oxygène, jusqu’au rétablissement de la pression normale ; la même opération est alors recommencée; enfin on ramène cette atmosphère suroxygénée (dont malheureusement on a perdu l’échantillon destiné à l’analyse) à la pression de 16®.
12 octobre, quelques graines commencent à germer en A.
Le 14, la germination commence à G.
Le 16, les pousses sont un peu plus belles en A qu’en G.
Le 19, quelques germes apparaissent en B; est toujours un peu en avance sur G.
23 octobre, en A, l’orge a 8®, le cresson 3® ; en G, l’orge a 7®, le cresson 3®, mais ses germes sont un peu moins beaux qu’en A; B n’a qu’une pousse d’orge de 6® au plus, et le cresson n’a que 1®,5.
Expériexce GGGLIV. — 4 novembre. — Semis d’orge et de cresson sur papier mouillé (une vingtaine de graines).
A. Air à la pression normale,
B. Air à 15® de pression.
• G. Oxygène à 71 pour 100, ramené à 20® de pression, ce qui correspond à 18 pour 100 sous la pression normale.
expérie:sces.
7 novembre, quelques germes apparaissent à A.
Le 8, quelques-uns à G.
Le 11, commencement de germination à B.
25 novembre, l’état est le suivant :
A. Les graines sont toutes poussées, les germes sont très-verts ; le cresson a environ 2“, l’orge 12'=.
B. Est remonté à 25*= de pression : Cresson plus long, mais moins vert qu’à A. 3 grains d’orge seulement, aussi longs, mais plus minces et moins verts qu’à A.
G. Est remonté à 40“ (par conséquent est moins oxygéné). Les pousses, fort nombreuses et fort belles, ressemblent tout à fait à A.
Ces expériences amènent aux mêmes conclusions que les précédentes. On voit, en effet, que les grains semés dans des atmosphères très-oxygénées ont poussé aussi vite que dans l’air à la pression normale, malgré la basse pression barométrique à laquelle ils étaient soumis. Celle-ci n’a donc nulle influence, lorsque la proportion centésimale de l’oxygène est suffisante pour que la tension réelle de ce gaz se maintienne à une valeur voisine de celle qu’il a dans l’air ordinaire et à 76^
Il est donc bien établi que le ralentissement de la germination, constaté dans toutes les expériences qui précèdent, lorsque la pression barométrique est très-faible, est dû à la faible tension de l’oxygène. Les graines ne respirent pas suffisamment, malgré qu’elles aient à leur disposition de trèsgrandes quantités d’oxygène en poids. Comme pour les globules sanguins, l’absorption de l’oxygène par les cellules végétales est en rapport avec la tension extérieure de ce gaz.
Il était intéressant de chercher à quelle limite inférieure de pression se peut faire la germination. Les expériences qui précèdent montrent déjà qu’elle évolue encore, bien que fort lentement, à la pression de 15% pression beaucoup plus faible que celle de l’atmosphère au sommet de la plus élevée des montagnes, le mont Everest dans THimalaya.
Les expériences suivantes répondent à cette question :
Expérience GGGLV. — 14 décembre. Orge (une douzaine de graines) et cresson sur papier mouillé. Cloches de l‘,o.
A. Air : pression normale.
EXPÉRIENCES SUR LES VÉGÉTAUX
B. Air : 6® de pression : la tension de l’oxygène correspond à 76 ; 6 = 21 : a: = 1,6 pour 100 à la pression normale.
17 décembre. — A. Quelques graines de cresson ont fendu leurs enveloppes.
20 décembre. — A. Toutes les graines de cresson ont fendu leurs enveloppes ; quelques graines d’orge ont poussé leurs radicules.
B. 7® de pression; rien n’a apparu.
\k janvier. — A. Les graines de cresson ont germé ; les pousses d’orge atteignent 12®.
B. Deux grains d’orge ont poussé ; ils atteignent 6®.
Les graines de B, ayant été ramenées à la pression normale, poussent toutes, cresson et orge.
Expérience CCCLVI. — 11 mars. — Je sème sur papier à filtre mouillé, 40 grains d’orge et du cresson.
A. A la préssion normale.
B. Dans une cloche de 7L amenée à 4® de pression.
28 mars : A. Tout poussé ; l’orge à des pousses de 4, 5 et 6® ; B, dont on a change l’air, le 15, le 18, le 23 et le 26, ne présente aucune trace de germination. On le remonte à 8®.
26 avril. — On a changé l’air de B le 31 mars, le 6, Ifr 8, le 11 avril; rien n’y est apparu, sinon des moisissures.
On sème à l’air sur papier mouillé.
20 mai. — Belles pousses de cresson, mais l’orge n’a pas poussé.
C’est donc aux environs de 7*= de pression que la germination ne peut plus se faire. Il est curieux de voir que cette dépression est précisément celle à laquelle succombent rapidement, quelques précautions qu’on prenne, les animaux à sang chaud (voy. p. 755), et ne peuvent vivre longtemps les vertébrés à sang froid.
Si l’on cherche la valeur centésimale d’oxygène à laquelle correspond, à la pression normale, la tension de l’oxygène sous cette pression de 7% on la trouve à l’aide de la proportion suivante 20,9 : 7 = 76 : a;=: 2,5. Ceci se rapproche beaucoup des expériences de Lefébure qui a montré que la germination de la Rave se fait encore, bien que lentement et
incomplètement quand l’air ne contient plus que ^ d’oxygène, soient 3,4 pour 100.
EXPÉRIE>'CES.
§ 2. — Végétation.
•T’ai fait en outre quelques tentatives pour voir si jepourrais obtenir quelque action sur la végétation proprement dite :
ExpÉRIE^xE CCCLVII. — 15 juin. Orge.
Je sème des grains d’orge, en même quantité, dans trois terrkies semblables. pleines de terre ; je laisse le tout sous des conditions égales.
25 juin, les trois semis ont bien poussé, mais un peu inégalement ; à l’un, les brins mesurent en moyenne 14*= ; à l’autre, 15 ; au troisième, 16 à 17.
Je les place sous 3 cloches :
A. Le semis le moins beau ; laissé à la pression normale.
B. L’intermédiaire ; amené à 50*= de pression.
G. Le mieux allant; amené à 25*=.
27 juin. Les trois semis ont conservé leurs différences primitives.
3 juillet. Même résultat.
Expérience CCCLVIII. 24 juillet. Sensitives d’un même semis ; une dans chaque pot, ayant environ 10*= de hauteur.
A. Je mets 4 pots sous cloche de 3L5 à la pression normale.
B. 4 pots sous cloche 7‘,1 ; amené à 50*= de pression.
Toutes reposent sur des assiettes pleines de terre bien mouillée, et sont placées à un éclairage suffisant.
On a diminué la pression avec précaution ; les folioles se sont fermées aux environs de 20*= de diminution, pour se rouvrir ensuite.
Dès le soir, G ferme ses folioles beaucoup plus tard que les deux autres.
25 juillet. Il y a eu rentrée d’air à G ; la pression est de 40*= environ. On ramène à 25*=. Un certain nombre de folioles et même quelques feuilles tombent déjà ; une ou deux sensitives paraissent mortes.
B. Un peu malades.
A. Vont très-bien.
26 juillet. — G. La pression est remontée à 45*= environ ; cependant, toutes les sensitives sont mortes.
B. Toutes malades, quelques-unes mortes.
A. Vont très-bien ; grandissent.
27 juillet. — B. Toutes mortes.
A. Vont très-bien.
Expérience GGGLR. — l®' août. Sensitives semblables à celles de l’expérience précédente. Deux dans chaque cloche.
A. Amené à 60*= de pression.
G. Qo*- —
EXPÉRIENCES SCR LES VÉGÉTAUX
3 août. Quelques folioles et feuilles tombent à C.
6 août. — 3 heures. — A. Folioles sensibles et ouvertes ; B. Demi -fermées ou peu sensibles ; G. Complètement fermées.
7 août. Ramené à la pression normale.
Tout est sensible ; C. Beaucoup moins que les autres ; C. ne ferme pas bien le soir.
9 août. — A. Va bien ; très-sensible; B. Peu sensible ; malade ; jaunâtre ; C. Feuilles tombent ; mourante.
Il est donc bien certain que, sous l’influence de faibles pressions barométriques, les sensitives deviennent rapidement insensibles et meurent. Il reste à savoir quelle est la cause de cette mort. Faut-il l’attribuer, comme nous sommes, pour ainsi dire, habitués à le faire jusqu’ici, à la faible pression d’oxygène? doit-on simplement accuser la dilatation des gaz que contient la plante, dilatation due à la dépression et qui suffirait pour impressioner d’une manière funeste une plante aussi délicate?
L’expérience suivante répond à cette question :
Expérience CGCLX. — 23 juillet. Deux pots conteuant chacun 5 jeunes sensitives.
A. Amené à 25= de pression.
B. Je diminue la pression de 50*=, et laisse rentrer de l’oxygène, puis ramène la pression à 25®. La tension de l’oxygène dans cette cloche correspond à peu près à celle de l’air, à la pression normale.
26 juillet. — A. Sont malades.
27 juillet. — A. Sont mortes ; B. Bien portantes.
C’est donc ici encore la tension trop faible de l’oxygène qui a tué les sensitives soumises à une basse pression.
Voici enfin une expérience qui, pour avoir été faite sur un végétal presque microscopique, n’en a pas moins son intérêt :
Expérience GGGLXI. — 8 avril. Débris d’œufs de grenouille, avec un peu de matière verte de Priestley.
.A. Flacon à la pression normale.
B. Flacon à 23® de pression.
25 avrü. Matière verte abondante en .A ; rien en B.
Ainsi la diminution de pression s’oppose à la végétation comme à la germination ; elle tue les végétaux au même degré
856 EXPÉRIE>'CES.
OÙ elle tue les animaux à sang froid, où elle suspend complètement la vie des graines, sans la tuer cependant.
L’unité des phénomènes de la respiration dans les deux règnes s’accentue ici de la manière la plus nette.
SOÜS-CHAPITRE II
PRESSIONS SUPÉRIEURES A CELLE d’uNE ATMOSPHÈRE.
§1®’^. — Germination.
Passons maintenant aux expériences faites sous augmentation de pression ; et d’abord, la germination. J’ai toujours fait mes semis sur du papier humide, des expériences préalables m’ayant montré que la présence de la terre complique les résultats :
Expérience CCCLXIl. — 7 juillet. Serais d’orge sur papier à filtre mouillé.
A. Récipient de 1 litre, poussé à 1 atmosphère 5/4.
R, Récipient semblable; pression normale; bien bouché.
9 juillet. — R. Commence à pousser ; A. Rien.
juillet. — fi. Les brins ont environ 2®; ils commencent à paraître en A.
On a renouvelé l’air tous les jours.
juillet. — R. Brins de 12® environ ; A. N’ont que 8 à 10®.
Cessé l’expérience.
Expérience CCCLXIII. — 15 juillet. Semis d’orge sur papier à fdtre mouillé. 20 grains dans chaque semis.
A. Récipient cylindrique de 650®®, poussé à 5 atmosphères. On change l’air tous les jours.
B. Éprouvette de même dimension à peu près ; laissée à la pression normale; bien bouchée.
16 juillet. La germination commence à B.
juillet. — Dans B, les pousses ont environ 7®; la germination commence à A.
20 juillet. — B. 15® ; A. 5 à 5®.
^Qjuület. — B. 18®; A. 5 à 5®.
Je décomprime, retire avec soin les divers grains et les place sur de la terre humide.
A. Grandit rapidement et rattrape à peu près B.
Expérience CCCLXIV. — 51 juillet. Semis d’orge sur papier mouillé.
A. Récipient cylindrique poussé à 10 atmosphères.
EXPÉRIE>'GES SUR LES VÉrrETAUX.
B. Éprouvette de même volume; pression normale ; bien bouchée.
5 août. La germination commence à B.
Je décomprime  ; mais en rechargeant, je ne puis dépasser 7 atmosphères.
5 août. Les brins à B ont 5 à 6*= ; à A, on ne voit que quelques radicules sorties.
7 août. 15*= à B ; à A, seulement quelques radicules.
Je cesse l’expérience ; l’air de A analysé ne contient pas d’acide carbonique.
.4. Semé sur papier mouillé ; n’a pas commencé à germer le 10 août.
Expérience CCCLXV. — l®' mars. Semis de 30 grains d’orge.
A. Dans le réservoir cylindrique, air ordinaire, 2 5/4 atmosphères de pression.
B. Éprouvette fermée ; pression normale.
4 mars. On change l’air.
8 mars. Pousses plus vertes et plus longues à B qu’à A. On change l’air.
10 mars. — A. 9 grains sans germe ; 11 avec seulement des radicules ;
10 avec pousses pâles de 2®.
B. 11 grains sans germe; 5 avec radicules seulement ; 11 ayant de belles pousses vertes de 4®.
Expébience CGCLXVI. — 30 mars. Semis de 20 grains d’orge sur une même quantité de papier mouillé avec 10® d’eau.
A. Petit récipient du gazogène ; 2 atmosphères d’air changé tous les jours, quelquefois deux fois par jour.
B. Récipient semblable, bouché à la pression normale.
3 avril. Radicules apparaissant aux deux.
7 avril. — A. Est un peu en retard, par rapport à B.
Expérience CCCLXVII. — 16 avril. Semis de 20 grains d’orge. Même quantité de papier et d’eau.
A. Petit récipient à eau de Seltz non grillé ; poussé à 2 1/2 atmosphères. — Comme ce récipient fuit un peu, je recharge au moins deux fois par jour, quelquefois à 3 atmosphères ; ce qui fait une ventilation bien suffisante.
B. Récipient semblable, mais grillé, bouché ; pression normale ; changé l’air tous les jours.
19 avril. Radicules apparaissent à A et à B.
24 avril. Pas de différence bien nette; les pousses ont environ 6®, mais elles sont un peu plus pâles à A qu’à B.
28 avril. Les deux semis sont à peu près identiques, mesurant 10 à 12®. Les pousses de A sont moins vertes que celles de B, et cependant elles reçoivent notablement plus de lumière.
Expérience CCCLXYIII. — 28 avril. Semis de 20 grains d’orge et de grains de radis.
EXPÉRIENCES
A. Dans le récipient cylindrique, à 10 atmosphères d’air; on change l’air tous les jours, matin et soir.
B. Dans un vase mal bouché ; pression normale.
7 mai. — A. Aucun développement apparent ; B. Les pousses de radis ont 1®,5 ; celles de l’orge ont 3«.
12 mai. — A. A peine quelques radicules de radis et d’orge.
B. Les radis mesurent de 3 à 5® ; l’orge de 5 à 8®. Je décomprime et sème A sur du papier mouillé ; les radis commencent à pousser le 16 mai ; l’orge moisit.
Expéribkce CCCLXIX. — 11 juin. Semé 20 grains d’orge et 20 grains de cresson.
A. Dans réservoir cylindrique, à 5 atmosphères d’air ; changé l’air deux fois par jour.
B. Dans éprouvette fermée ; pression normale.
juin. Quelques radicules d’orge et de cresson à A et à B.
l&juin. — A. Le cresson a germé ; l’orge ne montre aucune tige.
B. Cresson plus beau qu’à A ; orge mesurant de 1 à 2®. .
juin. — A. Les pousses de cresson ont de 1®,5 à 2®,5 ; les feuilles ne sont pas encore étalées, et ne sentent pas le cresson ; les tiges d’orge, au nombre de 16, commencent à sortir du fourreau et ont de 1®,5 à 4®.
B. Pousses de cresson, 3®, très-vertes, étalées en rosette, sentant trèsfort le cresson ; 20 tiges d’orge de 8 à 9®, quelques-unes allant jusqu’à 12®.
Expérience CCGLXX. — 19 juin. Orge et cresson sur papier mouillé.
A. Sous cloche ; pression normale.
B. 6 atmosphères d’air.
On change l’air tous les jours.
I^îjuin. — A. Cresson germé ; tigelles de l’orge sorties.
B. Cresson à peine apparaît ; on voit quelques radicelles d’orge.
29 juin. — A. Cresson, 3®, bien vert et sentant fort ; orge de 12 à 20®.
B. Cresson, 2®, bien vert et sentant fort ; orge, tiges de l®,o.
Expérience CCCLXXl. — 17 août. Semis, sur papier bien mouillé, de graines de belles-de-nuit, de ricin et de melon, qui ont été décortiquées après deux jours de séjour dans l’eau.
A. Appareil cylindrique à 2 atmosphères d’air.
B. Vase ouvert.
18 août. — 9 heures du matin : à A et à B, quelques belles-de-nuit ont germé.
Je pousse A à 6 atmosphères, et change l’air tous les jours.
23 août. — A. Même état.
B. Les radicules des graines de melon et de ricin apparaissent.
26 aüiit. — A. Rien n’a poussé.
EXPÉRIENCES SUR LES YÉGETAUX
B. Les belles-de-nuit ont 2 à 5' ; les graines de melon et de ricin ont lancé toutes leurs racines.
B continue à pousser à l’air libre, tandis que rien ne pousse à A.
Ces expériences montrent de la manière la plus nette que, à partir d’une certaine pression, la germination est ralentie, qu’à une pression plus élevée elle n’a pas lieu. De plus, certaines graines sont mortes alors et ne peuvent plus se développer quand on les ramène à la pression normale.
Mais avant d’éludier ces résultats dans leurs détails, il faut que nous résolvions encore la question que nous avons plusieurs fois rencontrée, et que nous sachions si cet effet fâcheux est dû à la pression même ou à la tension chimique exagérée de l’oxygène.
Et ici, nous retrouvons les diverses méthodes que nous sommes habitués à employer : 1° faire la compression aA^ec de l’air pauvre en oxygène, en telle sorte que la tension de ce gaz équivaille à celle de l’oxygène de l’air à la pression normale; 2“ faire des expériences à la pression normale avec de l’air plus riche en oxygène que l’air ordinaire ; 3“ employer à la fois une faible pression, et de l’air fortement oxygéné, de manière à obtenir une haute tension avec peu de pression.
A. — Pressions fortes avec air 'peu oxygéné.
Expérience CCCLXXII. — i3 juillet. Semis d’orge sur papier mouillé.
A. Bécipient à pression normale, bien boucbé.
B. SemWable ; poussé à 4 atmosphères, dont 3 d’air très-riche en azole.
14 juillet. Mis à 2 atmosphères seulement. On a renouvelé et on renouvelle chaque jour avec air très-azoté.
juillet. 3 atmosphères. Rien ni à A ni à B.
17 juillet. Un peu de germination aux deux.
juillet. — A. Pousses un peu plus fortes qu’à B.
22 juillet. id.
L’air de B contient 1,7 d’acide carbonique et 11,9 pour 100 d’oxygène. La pression de l’oxygène était donc à la fin 13,6x3=^0,8.
Expérience CCCLXXIII. — 4 novembre. Orge et cresson sur papier mouillé.
.A. Éprouvette à pression normale.
EXPÉRIENCES
B. Appareil cylindrique, à 8 atmosphères d’air peu oxygéné; le mélange contient 5,7 d’oxygéne, dont la pression 5,7 X 8 =45,6 correspond à environ 2 atmosphères d’air. .
7 novembre. A, quelques germes.
8 novembre. A, un peu plus ; B, rien. L’appareil a perdu, la pression est tombée à 6 atmosphères ; on la remonte à 8 avec le même air.
9 novembre. Quelques grains d’orge germent à B : à A, les pousses sont déjà belles.
11 novembre. Même état; on décomprime, et l’on sème sur terre mouillée les grains venant de B. Le gaz de l’appareil contient CO® 5,2 ; 01,6; la pression de CO® est donc ici 5,2x8 = 25,6.
20 novembre. Le cresson a 5®, les grains d’orge 5 ou 6.
Expérience CCCLXXIV. — 2 août. Semis d’orge et de cresson.
A. Appareil cylindrique poussé à 10 atmosphères d’un air qui contient 9,8 p. 100 d’oxygène; la tension de ce gaz est donc 98, correspondant à près de 5 atmosphères d’air.
B. Éprouvette, pression normale.
5 août. Je ramène A à 7 atmosphères ; la tension de l’oxygène n’est plus que 7 X 9,8= 68,6 soit un peu plus de 5 atmosphères d’air.
4 août. Les cressons et l’orge ont poussé partout, bien qu’avec un retard évident de A sur B.
Il résulte déjà de ces expériences que c’est bien l’oxygène qu’il faut accuser. En effet, dans l’expérience CCCLXXn, la germination, si l’on avait employé l’air ordinaire, aurait été notablement retardée, tandis qu’elle l’a été à peine; dans les deux autres expériences, elle aurait dû être complètement arrêtée par des pressions de 8 et 10 atmosphères, tandis qu^il n’y a eu qu’un retard explicable par la tension de l’oxygène, qui correspondait déjà à 2 atmosphères (exp. CCCLXXIII) ou à 3 atmosphères (exp. CCCLXXIV).
Dans l’expérience CCCLXXIII un élément nouveau, la tension considérable de l’acide carbonique, s’est introduit et vient compliquer les résultats. C’est la raison pour laquelle je n’ai pas multiplié les expériences faites par cette méthode, où il était assez difficile de renouveler suffisamment un air pauvre en oxygène.
EXPÉRIE^■GES SDR LES VÉGÉTAUX..
B. — Pression normale : air suroxygéné.
J’arrive aux expériences plus nombreuses et bien plus concluantes faites par la deuxième méthode :
Expéeiesck CGCLXXV. — 12 juillet. Orge semé sur papier mouillé ; 20 grains.
A. Cloche de 7‘; air contenant 65 p. 100 d’oxygène, ce qui correspond à 3 atmosphères d’air.
B. Cloche de 13‘; air ordinaire.
18 juillet. A, les pousses ont 8® ; celles de B, 12®. juillet. A, en moyenne 15® ; B, en moyenne 21®.
Expérience CCCLXXYI. — 4 novembre. Semis d’orge et de cresson sur papier mouillé..
A. Air à 79 p. 100 d’O. c’est-à-dire valant près de 4 atmosphères d’air.
B. Air ordinaire.
7 novembre. Quelques germes apparaissent à B.
9 novembre. Quelques germes à A.
25 novembre. A. Deux grains d’orge seuls ont poussé, et mesurent 4®; le cresson a environ 2® ; tout est peu vert.
B. Toutes les graines germées, bien vertes ; le cresson a environ 2®, l’orge 12®.
Expérience CCCLXXYU. — 7 décembre. 20 grains d’orge et cresson sur papier mouillé. Cloches de 2 à 5C
A, dans air à 65 p. 100 d’oxygène.
D, dans air ordinaire.
17 décembre. Le cresson a poussé partout assez également. L’orge jette partout ses radicules.
janvier. A. Les pousses d’orge ont 9®, les tiges sont à moitié ouvertes, grêles, peu nombreuses ; le cresson a 2® ; tous les grains ne sont pas germés.
B. Orge 12®, tiges vertes ; cresson 2®.