‹ La pression barométriqueChapitre 143 sur 191 · VENINS · texte numérisé non relu

VENINS

ment et rapidement hors de l’arbre , qui ne soient pas trop sujets à des altérations fâcheuses, et qui soient d’assez petites dimensions pour être rapidement pénétrés par l’oxygène :

Expérience CGCCLXXXVII. — 9 juillet. Groseilles à maquereau à peine rosées, commençant à mûrir.

A, à la pression normale.

B, dans l’appareil cylindrique en verre.

17 juillet. Décomprimé.

A, bien rouges, sucrées, tendres, parfaitement mûres.

B, n’ont pas changé de couleur ; sont fermes et dures, acides, avec le goût de groseilles cuites un peu aigres.

Expérience CCCCLXXXVIII. — 19 juillet. Prunes commençant à mûrir.

A, pression normale.

B, 15 atmosphères suroxygénées.

juillet. Décomprimé.

A, sont mangeables, amollies, et ont notablement jauni.

B, sont devenues d’une couleur brun foncé ; restées très-dures, d’une insupportable acidité, avec l’odeur ef le goût de prunes cuites.

Ces deux exemples suffisent pour montrer, de la manière la plus nette, que la maturation des fruits est un acte vital, dû à une certaine évolution cellulaire, et, par suite, essentiellement différent du blettissement, avec lequel’on l’a souvent confondu.

J’appelle l’attention sur ce goût de cuit que prennent les fruits sous l’influence de l’oxygène comprimé. Il a déjà été signalé dans les expériences du premier sous-chapitre, relatives au développement des moisissures. Il est évidemment dû soit à une oxydation exagérée, soit à l’action d’un pseudo-ferment diastasique.

§ 3. — Venins.

Le seul venin que j’aie pu mettre en expérience est du venin de scorpion, dont je conservais les vésicules desséchées depuis plusieurs années ; il provenait du Buthus occitanus (Amor.) et m’avait été envoyé du sud de l’Algérie :

Expérience CGCCLXXXtS. — 2 décembre. Douze vésicules de scorpion desséchées; on les écrase avec un peu d’eau; puis on les soumet à la pression de 18 atmosphères suroxygénées.

EXPÉRIENCES

(Le liquide est neutre, et n’agit pas sur l’empois d’amidon.)

8 décembre. Décompression. Inoculation sous la peau d’un gros rat de la partie liquide (A), et sous la peau (à la cuisse gauche, au niveau du nerf sciatique) d’un jeune rat, une partie des débris solides, macérés dans l’eau (B).

Un quart d’heure après, je regarde le rat (A), et suis assez étonné de le voir déjà sur le flanc, insensible aux yeux qui larmoient, respirant difficilement et avec lenteur, le cœur battant irrégulièrement. Il a, surtout dans les membres postérieurs, des convulsions toniques très-fortes, quideviennent sub-intranles, et l’animal périt en une demi-heure environ. Les muscles présentent depuis quelques instants des mouvements fibrillaires fort curieux. Les nerfs n’agissent plus sur les muscles.

Poumons parfaitement sains ; sang noir au cœur, à gauche comme à droite; cœur en diastole; sang rougissant à l’air, et se coagulant trèsbien; globules intacts; rigidité cadavérique survenant très-vite.

Le rat B est pris une demi-heure après l’inoculation.

D’abord cris indiquant une douleur locale ; puis,' parésie générale, lenteur des mouvements ; respiration très-irrégulière, reste quelquefois 5 ou 6 secondes sans respirer ; le cœur suit la respiration.

La patte gauche reste presque toujours en raideur (action locale?). La sensibilité va en diminuant, et est perdue à l’œil (cornée la dernière) avant de l’être aux membres. Légères convulsions, qui paraissent excitables au pincement.

Après trois quarts d’heure, reste couché sur le flanc ; la température s’abaisse rapidement; après une heure et demie, elle est de 29°.

Meurt en 2*^ environ.

Injection du cerveau et du cervelet ; pas d’inflammation locale.

Ainsi l’action du venin de scorpion persiste avec tous les caractères que j’ai autrefois signalés % après le séjour dans l’oxygène à haute tension. Cela n’avait, du reste, rien qui pût m’étonner, puisque la matière venimeuse résiste même (celle du scorpion, sans s’y dissoudre) à l’action de l’alcool absolu.

§ 4. — Virus.

J’ai pu faire sur les virus un plus grand nombre d’expériences.

A. — Vaccine.

Expérience CCCCXC. — 10 novembre. On vaccine avec du vaccin pris sur un seul enfant, douze nouveau-nés ; deux quittent l’hôpital avant le

* Contributions à l’étude des venins : le venin de scorpion. Comptes rendus de la Société de biologie pour 1865, p. 136.

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