‹ La pression barométriqueChapitre 144 sur 191 · VIRUS · texte numérisé non relu

VIRUS

développement des pustules; sur un troisième, le vaccin ne prend pas ; chez les 9 autres, les pustules se développent au nombre de 55 (de 1 à 6) pour 54 piqûres.

Sur le même vaccinifère et sur les mêmes pustules, on remplit ensuite des tubes de Bretonneau, qui sont, du 11 au 18 novembre, soumis à une pression de 25 atmosphères suroxygénées.

18 novembre. On vaccine avec le vaccin comprimé sept enfants nouveau-nés. Quatre d’entre eux quittent le surlendemain, avant qu’on ait pu constater aucun développement ; sur les trois autres, le vaccin prend, et donne 15 pustules (6, 6, 1) pour 18 piqûres.

(Opérations faites par M. le docteur Budin, alors interne.)

Une expérience aussi nette me paraît suffisante pour conclure. Et ma conclusion, c’est que le virus-vaccin, qui résiste si complètement à l’action de l’oxygène à haute tension, ne doit pas sa vertu spéciale à des êtres vivants (bactéries, vibrions) ou à des cellules (leucocytes, globules spéciaux), agissant à la manière de ferments vrais.

Je suis loin de nier pour cela que les corpuscules irréguliers de formes et de dimensions qui flottent dans le vaccin ne contiennent en eux le principe virulent, comme cela semble très-vraisemblable depuis les recherches de M. Chauveau. Mais il est certain pour moi qu’on ne doit pas y voir des êtres vivant

Peut-être la matière virulente est-elle ainsi précipitée en flocons insolubles; peut-être encore ces globules sont-ils doués de la propriété de fixer le principe actif, comme les globules sanguins fixent l’hémoglobine et les corpuscules amylacés des cellules vertes la chlorophylle.

B. — Morve.

Expérience CCCCXCI. — 15 juillet. Pus morveux envoyé d’Alfort par .M. le professeur Trasbot.

Quantités égales sont placées dans deux petites bouteilles, sur une hauteur de 1 centimètre environ :

A, à la pression normale.

B, poussé à 20 atmosphères suroxygénées.

21 juillet. Décomprimé.

A est pourri.

EXPÉRIENCES

B n’a aucune odeur.

Le même jour, ces deux pus sont inoculés à deux chevaux.

A, n’a que des accidents locaux, dus évidemmentà l’inoculation putride, décollement de la peau et abcès ; guérit.

B, meurt de la morve, après avoir présenté, m’écrit M. Trasbot, « une éruption aussi complète que possible. »

Nos conclusions, pour le virus morveux et les corpuscules qu’il contient, sur le rôle virulent desquels a insisté M. Chauveau, seront donc identiques à celles que nous avons tirées des expériences faites sur le virus-vaccin. 11 ne s’agit pas ici non plus d’êtres microscopiques agissant à la façon des ferments vrais.

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