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OBSERVATIONS, THÉORIES ET CRITIQUES RÉCENTES

§ 1“. — Fortes pressions.

L’étude des fortes pressions barométriques n’a été l’objet d’aucun travail récent. Les résultats de mes expériences sur l’action de l’oxygène à forte tension ont été acceptés sans conteste, je pourrais même dire sans critiques, par les physiologistes. De même, pour les effets de la décompression brusque et leur explication démontrée par mes travaux, aucun fait nouveau, ni dans l’ordre industriel ni dans l’ordre scientifique, ne s’est produit qui puisse être rapporté ici. Je ne ferai d’exception que pour un très-curieux travail de M. Guichard^, ingénieur des plus expérimentés dans l’application de l’air comprimé et très-habitué personnellement à l’usage du scaphandre.

Le mémoire de M. Guichard se compose de deux ordres d’observations. Les plus nombreuses sont relatives au séjour dans des gaz délétères (GO, C0% G^H^, S0% etc.) ; celles-ci, malgré leur grand intérêt pratique, et les détails dramatiques de l’une d’elles (obs. VIH), n’ont aucun rapport avec le sujet

* Observations sur le s^our dans l'air comprimé et dans différents gaz délétères.

Journal de Robin, t. I, p. 452-476, 1875.

FAITS RÉCENTS, RÉSUMÉ ET CONCLUSIONS, de nos études. Dans les autres, il est question de la respiration dans Fair comprimé; j’en reproduis deux, intéressantes à divers titres :

Obs. XIV. — Sept plongeurs sont pris successivement d'épistaxis sous une pression d'une colonne d'eau de 9 mètres. — Pour montrer l’usage d’un nouvel appareil de respiration artificielle, je descendis dans un vaste bassin de maçonnerie contenant de l’eau très-limpide sur une profondeur de 9 mètres. L’ascension et la descente furent exécutées sans aucune précaution de temps, vu la faible pression maxima à supporter, et l’habitude que j’avais de m’y soumettre.

Je fis ensuite descendre avec plus de précaution, successivement, sept ouvriers mineurs, Sardes de naissance, et travaillant ordinairement à l’extraction du minerai de plomb. Leur constitution était un peu débile. Ils étaient exposés depuis plusieurs années à des fièvres paludéennes régnant dans le pays tout l’été. Ces hommes vivaient mal, se nourrissant presque exclusivement de légumes et de fruits ; ils couchaient en plein air pendant six mois de l’année. Ils étaient en général nonchalants et fournissaient une faible somme de travail quolidien.

Ces détails expliqueront peut- être que tous furent pris d’épistaxis plus ou moins abondantes après avoir supporté pendant quatre à cinq minutes, quelques-uns dix, une pression atmosphérique correspondant à 9 mètres d’eau, profondeur totale du bassin où ils descendirent. Le fait est que sans exception ils remontèrent, le sang sortant par le nez, et chez quelques-uns par les oreilles.

En général les accidents de cette sorte ne se produisent qu’à de trèsgrandes profondeurs, 55 ou 40 mètres, surtout quand la décompression est trop rapide.

Obs. XVI. — Commencement d'asphyxie en vase clos sous o mètres d'eau. — Je suis descendu muni d’un appareil dans un petit bassin circulaire de 5 mètres de profondeur et de 4 mètres de diamètre. L’eau était trèstrouble, et malgré le peu de profondeur, l’obscurité était presque complète; il était impossible de distinguer rien à l’extérieur. Des aides inexpérimentés manœuvraient l’appariel à comprimer l’air.

Je m’étais désorienté presque dès les premiers pas au fond du bassin, et la corde de signaux qui n’était pas maintenue de l’extérieur ne pouvait m’aider à retrouver le point où était l’échelle permettant le retour. Ce fut dans ces ciiconstances que l’air me manqua subitement. Du moins je ne pouvais plus user que d’une réserve approvisionnée dans le récipient qui m’enfermait. La capacité totale de cette réserve d’air pur était d’environ 50 litres. En faisant, en moyenne, douze aspirations de 75 centilitres par minute, je commençai après trois minutes à respirer Un air déjà respiré. Pour échapper à une asphyxie imminente, je pris, dès le début, le soin de commencer à séparer de l’appareil les surcharges de plomb qui me retenaient au fond, de façon à pouvoir remonter à la surface. Je parvins facilement à détacher l’un de ces poids, mais le second était encore retenu

AUGMENTATIOIS DE PRESSION.

par une corde, lorsque tout effort me devint impossible. J’étais dans un état de transpiration abondante. J’avais un sentiment de très-vive chaleur à la tête, mais qui allait en diminuant vers les membres inférieurs; ceux-ci me semblaient froids; j’eus quelques fourmillements dans les pieds.

Je respirais très-vite et comme si je n’avais pas pu vider mes poumons par expiration. Cette impression particulière consistant à me faire croire que je ne pouvais expulser l’air renfermé dans mes poumons fut trèsdistincte. Je la signale d’une manière toute spéciale. Loin de souffrir de ne pouvoir aspirer, j’eus le sentiment de ne pouvoir expirer l’air. La sensation me parut à peu près celle qu’on devrait éprouver si l’on vous enterrait jusqu’au cou, et qu’on vous mît la tête dans un bain de vapeur à haute température.

J’eus des tintements d’oreilles et des cercles lumineux devant les yeux.

L’air me revint alors, et les accidents disparurent. Je me remis en quelques minutes, je rattachai mes plombs, et je séjournai encore dix minutes dans l’eau pour ne remonter que tout à fait en état normal.

J’en fus quitte pour un assez violent mal de tête, qui avait disparu le lendemain. J’avais fait environ un séjour de trois à quatre minutes dans un espace clos contenant 30 litres d’air. J’eus le pouls vif et plein pendant les deux heures qui suivirent l’expérience. La salivation était difficile. J’eus quelques frissons légers et de la courbature. Je dormis bien la nuit.

J’ai, dans la partie historique (p. 406), rapporté avec la discrétion convenable, le récit d’accidents survenus dans l’exécution d’importants travaux exécutés par une grande Compagnie française. Je puis aujourd’hui parler plus clairement, le médecin de cette Compagnie ayant publié sur ces faits un mémoire fort intéressant^ Il s’agit de la construction d’un pont sur le LimQord, en Danemark; le docteur Heiberg, d’Aalborg, rapporte que la pression totale est montée jusqu’à 4, 5 atmosphères ; les ouvriers restaient de 2 à 5 heures dans la chambre de travail :

Les ouvriers, après être restés dans la cloche sous l’action de l’air comprimé, et être descendus dans la chambre sous cette même pression, qui à la fin des fonçages atteint 3 atmosphères 1/2 (en plus de la pression atmosphérique), éprouvent tous les mêmes symptômes : un fort bourdon-

* Sygdomsformer hos Arhejderne ved Fasthroanlægett over Limfjorden ügeskrift for Léger. Kjobenhavn, 25 nov. 1876, p. 377-386.

nementdans les oreilles, une respiration fatigante, tandis que le pouls bat plus lentement, 60 à 70 par minute, une pression sur le tympan qui s’en va en général par des mouvements de déglutition, le nez étant fermé, manœuvre que les hommes exercent toujours pour se soulager. En dehors des indispositions ci-dessus, les hommes se portent bien en faisant leur travail, le danger ne doit donc pas être attribué à la pression de l’air comprimé. Quelquefois les ouvriers sont gênés par différents gaz qui se dégagent du fond du fiord ; il s’est même produit une fois une explosion de ces gaz qui a occasionné de fortes brûlures à trois ouvriers ; mais, en général , le séjour dans l’air comprimé ne présente aucun danger. Par contre, cela change tout à fait quand les hommes sortent et que la décompression s’opère trop rapidement.

Les phénomènes remarquables des maladies qui se produisent alors sont les suivantes : douleurs atroces sur toutes les parties du corps, accompagnées d’un picotement insupportable dans la peau, forte oppression au cœur, battements plus forts, pouls plus vite, 110-130, grande lourdeur dans la tête, assoupissement, paralysie complète dans les parties inférieures, la vessie et le rectum, développement d’emphysèmes sur plusieurs parties du corps, le plus souvent sur la poitrine, sous les aisselles et sur les bras, douleur à la pression sur l’épine dorsale et dans la région lombaire.

Ces symptômes se produisent généralement dès que les ouvriers sont sôrtis, mais aussi quelquefois après un délai de quelques heures. Ainsi, un ouvrier qui était sorti bien portant, est tombé subitement frappé en rentrant chez lui et est mort à l’instant.

Chez plusieurs ouvriers, les accidents se guérissent au bout de quelques jours; chez d’autres, la paralysie persiste et devient souvent incurable. J’ai traité deux hommes chez qui la paralysie sur la vessie et le rectum s’est améliorée ; la sensibilité et les mouvements sont revenus, mais la marche est restée chancelante. On a dû les rapatrier tous les deux comme ne pouvant plus reprendre leur travail.

Le docteur Heiberg donne alors d’intéressants détails sur l’autopsie des deux ouvriers qu’il avait vus mourir et sur les symptômes présentés par les malades qu’il a observés. J’ai déjà (p. 407) donné un résumé très-court des résultats d’une de ces autopsies, celle de Kiva, mais nous sommes ici mieux renseignés :

Kiva Ferdinando, trente ans, fut frappé, en sortant de la chambre du travail, de douleurs dans les membres, avec paralysie complète de la vessie, du rectum et des parties inférieures; il est à moitié évanoui, cyanotique, sa respiration est râlante, on entend des sons de râle humide dans les poumons, le pouls est petit et rapide. On l’amène à l’hôpital le 26 juillet 1875; son état ne change pas, la paralysie se tient au même

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endroit, il a du délire continuel, puis survient le collapsus, et la mort arrive le 30 juillet dans la nuit. A l’autopsie on trouve les poumons remplis de sang, avec une sécrétion des bronches mêlées de sang et d’une lymphe écumante. La moelle épiniére était tout à fait ramollie sur une étendue de quelques pouces dans la région dorsale inférieure et lombaire supérieure. Le ramollissement était limité avec précision, sans trace de sang, d’inflammation ou d’exudat. Dans le cerveau, le cœur, les reins et la rate, rien d’anormal ; mais mon attention n’était pas encore fixée sur le développement de l’air dans les veines, parce que cela m’était inconnu à cette époque.

L’autre cas, qui finit également par la mort, n’a pu être observé sur le vivant. L’ouvrier retournait chez lui ayant l’air bien portant. Chemin faisant, il se sent malade et tombe mort comme frappé par la foudre. Le lendemain, on fait l’autopsie, le corps s’est déjà raidi ; ou remarque une forte coloration de cyanose sur le corps, particuliérement sur la poitrine, sous les aisselles et sur le bras gauche, où l’on éprouve une sensation emphysémateuse très-distincte ; en faisant une incision à ces endroits, il sort une lymphe sanguinolente, avec un fort mélange d’air; la rate très-emphysémateuse pétillé sur toute la surface à la pression, et, en faisant l’incision, il sort un sang mélangé de beaucoup d’air ; point de bulles d’air dans l’aorte, la veine jugulaire, les artères iliaques et crurales. Les reins et le foie sont à l’état normal, la vessie urinaire vide, un développement d’air dans l’épiploon, le cerveau pas rempli de sang, des bulles d’air très-distinctes et très-volumineuses dans l’artère basilaire, dans le sinus et dans les veines de la surface supérieure du cerveau ; entre ces bulles d’air, des taches de sang très-petites, presque liquides. L’estomac était très-allongé, et contenait une certaine quantité de nourriture végétale. On n’a pas fait de recherches dans la moelle épinière parce que l’examen minutieux des veines a demandé beaucoup de temps pour faire les ligatures.

Bien que ces deux autopsies soient imparfaites à un très-haut degré, et qu’elles laissent beaucoup à désirer, il me semble qu’elles sont tout à fait d’accord. Dans le premier cas, où les phénomènes de la maladie s’étaient développés pendant plusieurs jours, et où les bulles s’étaient rencontrées et concentrées dans la moelle épinière, il se produit un ramollissement complet tout à fait conforme aux expériences de P. Sert. Dans le second cas, où la mort fut instantanée avant que les bulles se soient avancées aussi loin, il se trouve des bulles d’air dans les veines du cerveau, avec des emphysèmes sur plusieurs endroits, aussi bien à l’intérieur qu’à l’extérieur, et tout à fait conformes à ce que P. Bert a constaté et afflrmé comine étant l’effet physiologique du passage d’une forte pression à la pression atmosphérique. La dernière autopsie paraît aussi démontrer que trois quarts d’heure sont un délai trop court pour éviter des dangers, la pression étant de 3 atmosphères 1/2. Cependant il n’est pas impossible que le solide repas de légumes qui se trouvait dans l’estomac ne soit pour quelque chose dans l’accident.

J’ai traité à l’hôpital quatorze malades, dont un est mort et deux ont été rapatriés comme incapables de reprendre le travail. Onze cas ont été moins graves, ils se guérirent après quelques jours; chez tous on observait les symptômes caractéristiques à un degré plus ou moins fort, notamment fortes douleurs dans les membres, serrement cardiaque, respiration pénible, cyanose, douleur à la pression le long de la colonne ver* tébrale dans la région lumbo-dorsale, marche tramante, difficultés pour uriner ; dans deux cas, paralysie complète de la vessie, du rectum et des parties inférieures, avec affaiblissement. Je n’ai pas remarqué le développement des emphysèmes sous la peau ; mais les ouvriers affirment qu’ils existent. J’ai été présent au moment de la sortie des ouvriers de la cloche, et je n’ai pas observé cet accident ; mais je dois ajouter qu’aucun des ouvriers que j’ai examiné de cette manière n’est tombé malade.

Les deux cas où la paralysie s’est améliorée, mais où la situation des malades est restée telle qu’ils n’ont pu reprendre leur traVail, et ont dù être rapatriés, l’un à Prague et l’autre à Milan, étant fort semblables , je vais en communiquer un.

Eger Mayer François, trente-quatre ans, fort bien bâti, est amené à l’hôpital le 25 juillet 1875; il était tombé malade de suite après sa sortie de la cloche : douleurs ordinaires, paralysie complète dans les parties inférieures, vessie et rectum, beaucoup de douleur en pressant sur les régions lumbo-dorsales. On employa des ventouses, des courants induits électriques, des bains tièdes et des douches. Dès le 1®’’ août, il pouvait uriner seul, la paralysie du rectum persistait, il y avait un peu de catarrhe de vessie, mais l’urine était normale. Le 18 août, il pouvait se tenir debout et marcher avec des béquilles, et ensuite avec deux bâtons. Son état s’améliorait sensiblement, il prenait des bains de vapeur, de la noix vomique, et l’on continuait l’électricité; enfin la paralysie du rectum s’améliorait aussi ; il faisait de plus longues promenades, mais la marche restait chancelante. Le 2 novembre, on l’envoya à Prague, et dans ces derniers jours j’ai appris qu’il était mort après un assez long séjour à l’hôpital.

L’état du second malade était presque le même, seulement la paralysie de la vessie a duré plus longtemps ; après un séjour de plusieurs mois à l’hôpital il pouvait se promener assez longtemps. Mais comme il ne pouvait reprendre son travail , on a dû le rapatrier à Milan.

La Compagnie de Fives-Lille, qui exécutait ces travaux, m’ayant consulté à propos de ces accidents inquiétants, je donnai le conseil : 1° de décomprimer plus lentement encore ; 2° de disposer des appareils de réchauffement pour éviter aux ouvriers les douleurs insupportables et les dangers du refroidissement dans la chambre à décom-

AUGMENTATION DE PRESSION

pression. J’ai eu la satisfaction de recevoir peu de temps après, d’un des administrateurs de la Compagnie, la note ciaprès :

Nous avons transmis à notre chantier d’Aalberg les renseignements que vous avez bien voulu nous donner sur les précautions à prendre pour le travail des hommes à de fortes pressions.

Nous avons dépassé la profondeur de 52 métrés au-dessous du niveau de l’eau, et les accidents ont disparu par suite de l’augmentation de la durée de l’éclusage de sortie.

§ 2. — Faibles pressions. Appareils médicaux.

L’action des faibles pressions n’a donné lieu, dans les dernières années, qu’à un petit nombre de travaux. Mais deux d’entre eux sont d’une importance considérable au point de vue théorique.

M. J. Pravaz a soutenu, le 9 août 1875, devant la Faculté des sciences de Lyon, une thèse sur les effets de l’augmentation de la pression atmosphérique, thèse dans laquelle il étudie successivement la circulation, la respiration, la nutrition.

Relativement à la première de ces fonctions, il constate, avec tous les observateurs anciens, un certain ralentissement du pouls pendant le séjour dans l’air comprimé, et il l’explique : 1° par l’augmentation de la température du corps, agissant secondairement sur le cœur; par l’augmentation de la tension artérielle. Celle-ci aurait pour cause l’obstacle direct apporté au cours du sang par l’air comprimé agissant pour « refouler des parties périphériques le sang des capillaires et des veines (p. 25). » On voit que M. Pravaz accepte la théorie de l’écrasement superficiel dans l’air comprimé ; il considère comme démonstrative l’étrange expérience de Vivenot que nous avons plus haut rapportée (p. 495) et appréciée à sa juste valeur (p. 515). Nous ne croyons pas utile de revenir sur la réfutation de ces erreurs.

La respiration devient, dit-il, à la fois moins fréquente et plus ample, au moins jusqu’aux environs de une demi-at-

mosphère de compression; au delà (M. Pravaz va jusqu’à deux atmosphères en tout), il y a mouvement en sens inverse. L’explication de ces faits est celle qu’avait déjà donnée Ch. Pravaz (V. p. 466), dont son fils adopte sur tous les points les opinions. Les modifications dans l’amplitude ont été mesurées à l’aide de l’anapnographe de MM. Bergeon et Kastus : si l’on exprime par 100 l’étendue du mouvement respiratoire à la pression normale, elle devient 106 à lO*" de pression, 118 à 38% 109 à 76^ Mais M. Pravaz n’a pas cherché à étudier la relation entre la fréquence et l’amplitude, de manière à déterminer les variations dans le débit, dans la ventilation pulmonaire, ou, en d’autres termes, dans la quantité d’air qui traverse les poumons pendant un temps donné.

La partie la plus originale de la thèse est celle qui a rapport à l’étude des variations dans la production de l’urée. M. Pravaz a fait sur ce point cinq expériences :

Dans la première, il mesure l’urée rendue pendant vingtquatre heures d’abord à la pression normale, puis sous des pressions augmentées de 10 à 76" ; l’urée a diminué (moyenne : de 29^% 6450 à 28»"^,4448).

La seconde a été conduite de même, avec la précaution en plus de se soumettre à un régime alimentaire déterminé et régulier ; augmentation de l’urée (moyenne : de 29^% 1685 à 31s%4947).

La troisième, semblable à la seconde, a donné une diminution (moyenne : de 27§%2401 à 26®%2224).

Dans la quatrième, la méthode a été changée. Il y a toujours régime identique (ce régime, qui me semble bien pauvre en carbone et un peu exagéré en azote, était composé de pain 250®% viande dégraissée 200®% fromage sec 100®'’), mais l’urine n’est recueillie que le matin, à jeun, pendant trois heures, soit à l’air libre, soit sous pression. Ici, augmentation dans l’air comprimé (moyenne : de 3®%2019 à 3®', 4965).

Enfin, dans la cinquième, conduite comme la précédente,l’excrétion d’urée a été étudiée d’heure en heure pendant le séjour dans l’air comprimé; les moyennes sont : à l’air libre 0®%9492; pendant la première heure de compression

AUGMENTATION DE PRESSION

1=%0758 ; pendant la deuxième 1®%0651 ; pendant la troisième l^^OSdo; dans l’heure qui suit, à la pression normale 0^7178.

M. Pravaz conclut de ces faits :

1" Que l’excrétion de l’urée augmente sous l’influence de l’air comprimé;

2° Que cette augmentation est à son maximum au début de la compression ;

5“ Qu’elle est plus forte aux faibles pressions (à 20*" environ) qu’aux pressions fortes (de 50 à 76*').

4° Qu’après la décompression il y a diminution dans la production de l’urée.

Les expériences sur l’exhalation de l’acide carbonique ne portant que sur la proportion centésimale de ce gaz dans l’air expiré, et non sur la quantité rendue dans un temps donné, ne pouvaient fournir de résultat vraiment intéressant.

Enfin, M. Pravaz croit pouvoir conclure de ses observations sur la température, qu’elle suit exactement la même marche que la production de l’urée : les écarts maxima sont, dans le rectum, de 0°,54.

Je renvoie au mémoire original pour la lecture des explications que M. Pravaz donne des oscillations dans les phénomènes nutritifs qu’il croit avoir constatées. Je considère, quant à moi, qu’une seule expérience ne peut permettre de conclure, et qu’il convient de suspendre son jugement sur la question de savoir si les combustions n’augmentent réellement que pendant les premiers moments du séjour dans l’air comprimé. Quant aux observations qui embrassent la période de vingt-quatre heures, la première doit être éliminée d’abord, l’alimentation n’ayant pas été réglée. Pour les deux suivantes, il n’y a pas eu de précautions prises au point de vue du travail musculaire : « l’exercice, dit lui-même M. Pravaz, était nécessairement variable d’un jour à l’autre, et donnait lieu à des changements dans la production de l’urée, ce qui pouvait introduire dans le problème une inconnue non déterminable (p. 43) ; » on doit donc n’en pas tenir compte. Enfin, la quatrième présente des irrégularités qui

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paraissent enlever toute valeur aux moyennes qu’on en tire; pendant trois heures à jeun, les quantités d’urée obtenues ont été :

Pression normale. . . .

10“ de compression. . .

Pression normale. . . .

On voit, du reste, que le maximum de la production a coïncidé avec la plus forte pression, ce qui ne concorde pas avec l’opinion de l’auteur.

Sans insister davantage sur cette analyse critique, je reproduis la conclusion générale de M. Pravaz :

Si l’on envisage à un point de vue général les effets de l’augmentation de la pression atmosphérique sur l’économie animale, on est conduit à distinguer dans l’action qu’exerce l’air comprimé deux éléments ; l’élément pression et l’élément suroxygénation.

De l’élément pression ou mécanique relèvent principalement les modifications qui se produisent dans le rhythme et l’amplitude de la respiration.

Les modifications éprouvées par la circulation et la nutrition sont la résultante du conflit qui s’établit entre l’élément suroxygénation et l’élément pression, le premier tendant, par la suractivité qu’il donne aux phénomènes chimiques qui se passent dans les tissus, à augmenter la production de l’urée et de l’acide carbonique, d’où l’élévation de la température, et , consécutivement , l’accélération des battements du cœur qui se remarquent dans les premiers instants de séjour dans une atmosphère plus dense; le second tendant, au contraire, parles modifications qu’il apporte dans les conditions physiques du cours du sang, et par l’augmentation de la tension artérielle qui en résulte, à jouer le rôle de modéra^ leur en diminuant, par le ralentissement consécutif de la circulation, la rapidité des combustions organiques et la production de la chaleur en raison de la durée du séjour dans l’air comprimé et de l’élévation de la pression. (P. 65.}

Georges Liebig, dont nous avons déjà analysé les travaux (V. p.456 et 500), a récemment publié un mémoire considérables où il s’est proposé pour but spécial l’étude de l’excrétion de l’acide carbonique à la pression normale (en moyenne

* Üeber die Sauerstoffaufnahme in der Lungen bei gewôhnlichem und erhôhtem Lîifîdruck. Pflüger’s Archiv., Bd. S, p. 479-536; 1875.

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