LES RÉGIONS ÉLEVÉES DU GLOBE. T
de pression se manifestant par des accidents aigus et violents.
Le mal des montagnes n’apparaît que rarement avec une certaine intensité dans nos régions tempérées, au-dessous de 5500“ d’altitude. Entre les tropiques, il faut, pour l’éprouver nettement dans les conditions ordinaires, s’élever jusqu’à plus de 4000“. Nous aurons à revenir sur ces limites et à tenir compte des circonstances diverses qui accélèrent ou retardent les accidents, je veux dire les font survenir ou plus bas ou plus haut. Pour le moment, ces hauteurs approximatives suffisent pour servir de base à la revue que nous nous proposons de faire.
Europe. — Prenons l’Europe, d’abord; la chaîne des Alpes, celle des Pyrénées, celle du Caucase, nous offrent presque seules des pics suffisamment élevés pour que leur ascension occasionne d’autres inconvénients que la fatigue et les dangers habituels des montagnes.
Examinons en premier lieu les Alpes. Cet énorme massif montagneux, qui présente sur une ligne courbe de deux cents lieues de longueur d’innombrables sommets chargés de neiges éternelles, descend rapidement, du côté du sud, vers les basses plaines de la Lombardie, tandis qu’au nord, il s’incline plus lentement vers les plateaux élevés du Wurtemberg, de la Bavière, de la Bohême, entrecoupés de montagnes secondaires.
Le nœud du système est formé par le massif du Saint-Gothard, dont les eaux s’écoulent à la fois par le Rhin dans la mer du Nord, par le Rhône dans la Méditerranée, par le Tessin dans l’Adriatique ; et cependant cette région est une des moins élevées des Alpes centrales. Elle est immédiatement dominée au nord par le Galenstock (5800“) et le Tôdi (3600“) ; à l’Est, par le groupe qui entoure le petit Saint-Bernard, entre autres le Rheinwaldhorn (3400“); à l’Ouest, par la masse énorme des glaciers des Alpes bernoises, au milieu desquels se dressent la Yungfrau (4170“), l’Aletschborn (4200“),le Schreckhorn (4080“), le Bietsch (3950“), le Mônch(4100“), le Finsleraarhorn (4270“). En s’avançant vers l’orient, on voit le mont Bernin (4050“) et le mont délia Disgrazia (3680“) séparer la vallée de la Valteline, où coule l’Adda, de celle de l’Engadine, où l’Inn conduit par le Danube à la mer Noire les eaux que lui amènent de nombreux sommets dépassant 5000“, comme ceux du Piz d’Err (5590“), du Piz Linard (5410“), du Piz Languard (5270“), etc. Sur l’autre rive de l’Adda, les Alpes Tiroliennes montrent des cimes plus élevées encore ; c’est l’Adamello (5560“), la Wildspitze (5770“), le
s HISTORIQUE.
Venediger (5675“), le Gros-Glockner (5890“) et surtout l’Orleler (5920“).
Mais c’est du côlé de l’ouest et sur la rive gauche du Rhône que s’élèvent les géants des Alpes. C’est d’abord, autour du Simplon (5200“), leMonte-Leone (556Û“), leFletschhorn (4020“), le Weïsmies (4050“); puis le massif du mont Rose, avec ses trois points culminants ; le dôme du Mischabel (4550“), le Matterhorn ou mont Cervin (4480"*), et le mont Rose proprement dit, dont le pic le plus élevé, la pointe de Dufour, monte à 4640"*. Viennent ensuite la Dent- Rlanche (4560"*), le Weisshorn (4510”), le grand Combin (4520“), et plus à l’ouest le mont Blanc (4810*"), qui, entouré de nombreuses aiguilles presque inaccessibles, domine toutes les autres montagnes d'Europe.
Au delà, la chaîne s’abaisse rapidement, bien qu’elle présente encore quelques sommets élevés, comme le mont Iseran (4045"*), le mont Cenis (5620*"), la Vanoise (5860"*), dans les Alpes Graïes; le mont Viso (5840*“), le mont Olan (4215"*), dans les Alpes Cottiennes; le mont Pelvoux (5955"*), la pointq des Écrins (4100“*), les «randes Rousses (5475"*), dans les Alpes du Dauphiné. Les Alpes maritimes sont moins élevées encore ; viennent enfin les Apennins, dont la plus hante cime, le Monte-Corvo, dans les Abruzzes, n’atteint qu(î 2910*". Mais quelle figure fait, à côté de ces géants, le Capitole, avec ses 47"* au-dessus du niveau de la mer !
A l’extrémité de la chaîne, une montagne assez élevée, le mont Alto (1080“*) fait face à la Sicile, dont le sol montueux, pas plus que celui de la Sardaigne, ne présente de sommets atteignant 2000"*. Au-dessus de toutes ces montagnes secondaires se dresse à 5510"* le cratère de l’Etna.
Entre ces hauts sommets, ces aiguilles abruptes, qu’escaladent ceux-là seuls qu’entraîne l’amour de la science, le goût des grands spectacles, ou simplement la vanité, des dépressions, des cols, permettent à des voyageurs très-nombreux sur certains points de franchir la chaîne principale pour aller de Suisse ou de France en Italie. Ces cols sont pour la plupart très-élevés. Les plus connus et les plus hauts sont : dans les Alpes maritimes, les cols de Tende (1870"*), de Longet (5150“*) , de l’Argentière (1905"*), de Maurin (2980"*) ; dans les Alpes cottiennes, les cols de Traversette (2995'"), dell Agnello (2700"*), de Sayse (5560“*), du mont Genèvre (1850"*) ; dans les Alpes Graïes, le passage du mont Cenis (2080"*), celui du petit Saint-Bernard (2160"*); dans les Alpes Penninnes, le col du