HISTORIQUE
Le plateau d’Arménie, séparé des crêtes émergeantes du Caucase, constituerait une dernière terre beaucoup plus petite que les deux autres, que flanqueraient quelques sommets du Taurus et des monts Elburs.
Puis la région des Alpes serait devenue un archipel compliqué, avec îles et îlots innombrables, Oberland, Grisons, massif du mont Rose, massif du mont Blanc. Des Pyrénées il ne resterait que quelques sommets voisins de la Maladetta. Le Mulahacen et l’Etna émergeraient seuls encore en Europe.
De l’Afrique, on ne verrait que le croissant abyssinien et des points isolés : quelques îles dans l’Atlas marocain, le pic de Ténériffe, celui de Fernando-Po, les monts Camerons, le Kilimandjaro et le Kénia, quelques cîmes du Drakenberg, l’Ankaratra de Madagascar.
L’Amérique du Nord laisserait encore au-dessus des eaux un certain nombre de sommets appartenant aux volcans du Guatemala et du Mexique, aux montagnes Rocheuses, à celles des Cascades, à la sierra Nevada ; plus au nord, le mont Saint-Elias, et les volcans de l’Alaska, faisant face à ceux du Komischatka. Enfin, de l’Océanie disparue il ne resterait plus que les volcans des terres australes, de la Nouvelle-Zélande, d’Haïti, de la Nouvelle- Guinée, des îles de la Sonde, de Formose et du Japon.
Ce sont ces régions, si réduites en surface, dont l’étude nous intéresse ici. La revue que nous en avons passée montre (jue toutes ces montagnes diffèrent singulièrement les unes des autres nonseulement par leur hauteur, mais par leur disposition générale. Les unes s’élèvent rapidement, d’un seul jet, pour ainsi dire, à leur hauteur totale; c’est le fait, par exemple, des montagnes insulaires et de celles du versant occidental de la Cordillère des Andes. Chez d’autres, les assises s’entassent progressivement les unes sur les autres, et des sommets d’une hauteur prodigieuse ne semblent pas, sur leurs bases élevées, égaler des pics isolés qu’ils dépassent en réalité. Nous montrerons, dans la troisième partie de cet ouvrage, que ces dispositions orographiques différentes ont une grande importance au point de vue de notre étude.
Neiges éterkelles. — La latitude de ces montagnes n’en présente pas moins. Elle est en effet intimement liée à la question de température. Or, la limite à laquelle commencent les neiges éternelles traduit assez fidèlement celle-ci.
Dans nos Alpes et nos Pyrénées, vers 43-47® de latitude nord,