‹ La pression barométriqueChapitre 91 sur 191 · MORT EN VASES CLOS : RÉSUMÉ ET CONCLUSIONS. 6H · texte numérisé non relu

MORT EN VASES CLOS : RÉSUMÉ ET CONCLUSIONS. 6H

manière suivante (en les appliquant, pour plus de clarté, aux moineaux) :

La tension d’un gaz étant représentée par le produit de sa proportion centésimale que multiplie la pression barométrique, on voit que la mort arrive :

A. — Quand la tension de l’oxygène s’abaisse au-d«ssous de 5,6, que la pression barométrique soit supérieure ou inférieure à la pression normale : il faut, bien entendu, dans le premier cas, se débarrasser de l’acide carbonique par un alcali.

B. — Quand la tension de l’acide carbonique s’élève audessus de 26, que la pression soit supérieure ou inférieure à la pression normale : il faut, bien entendu, dans ce dernier cas, employer des mélanges suroxygénés.

Ce que nous disons de l’acide carbonique doit être généralisé pour tous les poisons gazeux (CO,HS, etc.); la valeur numérique seule de la tension mortelle changera. Nous reviendrons sur ce point en parlant de l’hygiène des ouvriers des tubes à compression.

C. — Quand la tension de l’oxygène arrive aux environs de 300, quelles que soient la composition centésimale et la pression (celle-ci ne pouvant être évidemment inférieure à 3 atmosphères, avec l’oxygène pur) .

D. — Ces genres de mort peuvent se combiner deux à deux, A avec B et B avec G, suivant ;les pressions et les compositions gazeuses employées.

La mort A est une véritable asphyxie par privation d’oxygène; la mort B est un empoisonnement par T acide carbonique; la mort G peut être appelée, pour la facilité du discours, et malgré ce qu’il y a d’étrange dans une pareille expression, un empoisonnement par V oxygène.

On voit, et c’est là le résultat le plus général auquel nous arrivions, que dans tous les cas la pression barométrique, dans ses variations, n’est jamais directement, par elle-même, la cause des phénomènes. Elle n’est qu’une des conditions qui font varier la tension des gaz, et l’autre facteur, la composition centésimale, peut parfaitement, s’il marche en sens inverse, en contrèbalancer les effets, de même qu’il les aug-

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mentera rapidement, s’il marche dans le même sens.

Si maintenant nous laissons de côté l’acide carbonique produit, pour nous placer dans des conditions plus voisines de celles où se présente, dans la nature ou l’industrie, le problème qui nous occupe, nous en arrivons à conclure, en laissant de côté certains phénomènes tout à fait secondaires sur lesquels nous reviendrons en leur lieu :

1° Que trois animaux, dont l’un épuise par sa respiration un espace clos plein d’air ; dont le second est contraint de respirer dans un courant d’air de moins en moins riche en oxygène; dont le troisième est soumis à une diminution graduelle de pression, sont tous les trois, par ces procédés si divers, menacés des mêmes accidents et de la même mort, de la mort par privation d’oxygène, par véritable asphyxie ;

2® Que deux animaux, dont l’un respire dans un courant d’air de plus en plus riche en oxygène et dont l’autre est soumis à une pression barométrique croissant de 1 à 5 atmosphères, sont dans des conditions identiques. Que, au delà, l’animal qui respire de l’oxygène pur à 2, 5, 4 atmosphères, etc., est dans les mêmes conditions que celui qui respire de l’air pur à 10, 15, 20 atmosphères : tous deux sont, par ces procédés divers, menacés des mêmes accidents et de la même mort, de la mort par excès d’oxygène, d’un empoisonnement d’une espèce jusqu’ici inconnue.

Pas assez d'oxygène, en tension, ou trop d'oxygène, toute l'influence que les modifcations barométriques exercent sur les animaux se résume en ces termes.

Telle est l’explication fort simple que nous donnent des expériences dans lesquelles nous avons considéré le milieu ambiant bien plus que l’animal. Mais cette tension trop faible ou trop forte de l’oxygène doit être étudiée maintenant, nonseulement dans sa mesure, mais dans ses conséquences prochaines : il faut examiner également avec plus de soin l’animal lui-même.

La première question dont je vais m’occuper maintenant est celle delà composition des gaz contenus dans le sang d’animaux soumis à diverses pressions.

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