‹ La pression barométrique. Recherches de physiologie expérimentaleChapitre 109 sur 160 · C. Un tiers d'atmosphère · texte numérisé non relu

C. Un tiers d'atmosphère

2 février. Un peu d'odeur partout; toutes les viandes alcalines.

A contient 12,9 pour 100 d'oxygène. B 16,1. C 18,2. D'où résultent pour 100 grammes une consonmiation d'oxygène : en A de M5^ ; en B de 513^^; en G de 103^^

Il faut faire remarquer que la tension de l'oxygène avait bien diminué en A, puisqu'à la fin de l'expérience elle n'était plus que de .12,9x3=: 38,7, c'est-à-dire moins de 2 atmosphères d'air.

Expérience GGCC. — 3 février. Languettes de viande de 39 grammes. Mêmes cloches ; mais dissolution de potasse au fond des cloches, et papiers imbibés de potasse sur les parois :

A. Pression normale.

B. Un tiers d'atmosphère.

8 février. L'air de A contient 10,9 pour 100 d'oxygène; celui de B 15,6. Pas d'acide carbonique.

D'où, pour 100 grammes, consommation de 249** en A ; de 14i«« seulement en B.

Expérience GGGCl. — 10 février. Languettes de 43 grammes. Mêmes appareils. Potasse partout :

A. Pression normale.

B. 3 atmosphères d'air.

15 février. L'air de A contient 20,1 pour 100 d'oxygène; celui de B 18,9.

D'où consommation, pour 100 grammes : en A de 19** d'oxygène; en B de 38".

Expérience GGGGll. — 16 février. Languettes de viande de 50 grammes chacune. Potasse dans les récipients.

A. Pression normale. Gloche contenant 2^450 d'air, soient 512** d'oxygène.

B. Appareil cylindrique en verre, à 4 atmosphères d'air, contenant une quantité d'oxygène correspondant à 504^, à la pression normale.

878 EIPÉRIOCES.

19 février. — A. Mauvaise odeur; son air contient 16,8 d^oxygéne. B. Odeur un peu moins mauvaise ; Tair contient 16,4 d'oxygène. D'où, pour 100 grammes, consonunation en A de 101^ d'oxygàie; enfi de 109^=^

ExpÉRiExcE CCCCill. — 22 février. 50 grammes de viande. Mêmes appareils qu'à l'expérience précédente. Potasse partout :

A. Pression normale.

B. 4 atmosphères d'air.

24 février. Pas d'odeur nulle part. •

L'air de A contient 21,0 d'oxygène; celui de B 20,8.

ExpÉRiEifCE CCCCIV. — 17 mars. Viande en morceaux et eau ; dans 2p^ tits matras effilés à la lampe.

A. A la pression normale.

B B^ A 15 atmosphères d'une compression faite avec de Tair contenant 80 pour 100 d'oxygène.

26 mars. Décomprimé. A pourri, infect. B n'a pas d'odeur et est neatre aux papiers réactifs. Je ferme B' à la lampe.

15 mai. — B' a bon aspect; le liquide dans lequel baigne la viande a la couleur rosée naturelle.

10 juin. L'aspect de B' a changé depuis quelques jours ; il a perdu soa aspect rosé. Dans la nuit du 9 au 10 juin, le matras éclate ; les morceaoi de viande ont une odeur infecte, avec réaction un peu alcaline; mais ils ont conservé leurs formes, et on reconnaît aisément les stries musculaires au microscope. A est, au contraire, un putrilage horrible, et Ton n'y peut retrouver les stries.

ExpÉRiEifCE CCCCV. — 28 mai. Viande en morceaux, dans 2 matras étirés à la lampe et ouverts â l'extrémité.

A. Laissé à l'air libre.

B. Mis à 8 atmosphères suroxygénées.

L'appareil perdant, on recomprime à plusieurs reprises, jusqu'à 25 atmosphères suroxygénées; pendant plusieurs jours la pression reste à 15 atmosphères.

26 juin. — A est horriblement pourri, et depuis longtemps.

B. Ne sent rien ; est de couleur ambrée.

28 juin. Je présente le matras B à l'Académie des sciences ; je l'oum en séance : la viande est neutre el n'a qu'une légère odeur aigrelette, pas désagréable.

Je rebouche le matras sans soin, avec un bouchon échancré^ et le rap* porte au laboratoire.

5 juillet. Aucune odeur.

11 juillet. Très-légère odeur.

{^juillet. La viande est couverte de moisissures, mais ne sent nullement le pourri.

Expérience CCCCVl. — 29 novembre. Pression barométrique 758"*;

temp. 14^ Au sommet de trois cloches sont suspendus des morceaux de viande pesant chacun 25s^ Une dissolution de potasse au fond de chaque cloche absorbera Facide carbonique au fur et à mesure de sa production.

Le bouchon de la cloche laisse passer un tube coudé, dont l'extrémité plongeant dans du mercure servira de manomètre.

La cloche A (4', 6) contient* de Tair normal.

La cloche B (i*,9) contient de Tair à 45,5 pour 100 d'oxygène.

La cloche C (i»,5) — 91,7 —

4 décembre. On ouvre les cloches et on analyse Tair ; la pression barométrique est 755"»'" ; temp. 14". La viande de la cloche C sent moins mauvais que les autres ;

L'absorption de CO' a amené une dépression de 2<',7 dans la cloche A, une de 10*= en B, de 10*^ en C. 11 n'y a nulle part d'acide carbonique.

L'air de A ne contient plus que 17,2 d'oxygène ; celui de B que 35,3 ; celui de C en contient encore 91,5.

Des calculs simples, dans lesquels on tient compte de la pression barométrique et de la différence de tension dans les cloches, montrent que :

A qui avait à sa disposition 961*^ d*oxygène en a consommé 258 B — 867<^<^ — 284

Si nous envisageons d'abord celles de nos expériences qui ont porté sur la diminution de pression, nous voyons d'une manière nette que dans l'air raréfié la putréfaction a été notablement ralentie et l'oxydation diminuée.

Ainsi, dans l'expérience GCCXCII, tandis qu'un certain poids de muscles avait, dans un certain temps, à la pression normale consommé 524"* d'O. et formé 514" de GO', la consommation d'O. s'était à demi-atmosphère abaissée à 345'^% et production de CO* à 418. Même résultat à l'expérience CGGXCVIII, où la consommation d'O. s'est abaissée de 550*^ à 300, pour le même écart de pression ; de plus, la viande maintenue dans Tair déprimé sentait bien moins mauvais que l'autre. Enfin, dans l'expérience GGGXGIX, à un tiers d'atmosphère, la consommation d'O. a été juste un tiers de celle à la pression normale.

Mais ces résultats n'ont rien de bien extraordinaire; l'on' savait depuis longtemps que la putréfaction n'a pas lieu dans le vide, et il était tout naturel de penser qu'elle serait d'autant moins active que Tair serait plus raréfié.

Les effets de l'augmentation de tension de Toxygène étaient bien plus intéressants à étudier.

Le fait le plus saillant que m'aient présenté les expériences, c'est que, dans l'air suffisamment comprimé, la putréfaction ne se fait pas, aucune odeur désagréable ne se manifeste, et 1^ muscle conserve, sauf sa couleur, son aspect normal ; sa structure microscopique n'est point sensiblement altérée (Exp. CCGXCinetCCCGIV).

Presque toutes les expériences ci-dessus rapportées présentent des exemples remarquables de ce fait.

Mais ce n'est pas tout : lorsqu'on laisse échapper Texcès de pression, et qu'on prend des précautions suffisantes pour se mettre à l'abri des germes apportés du dehors, la putréfaction n'apparaît plus ; si bien que pendant des semaines, des mois, on peut conserver, à la pression normale, de la chair à l'état frais. J'appelle particulièrement l'attention à ce point de vue sur les expériences où j'ai fait cuire et manger des viandes ainsi conservées depuis 20 jours (Exp. CCCXCI), ou un mois (Exp. CCGLXXXVIU).

Pour arriver à des résultats concluants et constants, les plus grandes précautions de détail sont nécessaires. Je ne les prenais pas toujours au début; d'où résultent, dans certaines des expériences qui précèdent, et dans d'autres sur le sang, le lait, etc., d'apparentes exceptions que j'ai tenu à mentionner cependant, parce qu'elles sont instructives.

Ainsi, dans mes premières expériences, lorsque je voulais conserver une substance, après l'avoir soumise à la compression, je fermais d'un bon bouchon de liège le flacon où elle était placée; ce bouchon était percé d'un trou, et lorsque j'avais retiré le flacon de l'appareil, j'appliquais sur cet orifice fin une goutte de cire fondue, avec laquelle, du reste, je cachetais tout le bouchon.

Je ne tardai pas à apprendre que cette précaution était in-

^suffisante. Les bouchons, même neufs, même lavés, même

chauffés, recèlent trop souvent des germes encore en activité.

J'eus alors recours aux matras, ballons, tubes, que j'étirais à

la lampe, après y avoir introduit la substance en expérience;

• le trou presque capillaire de la partie étirée permettait à l'équilibre de pression de s'établir.

Je m'aperçus encore, à mes dépens, que les germes restés à l'état sec sur les parois du petit récipient suffisaient, surtout quand il s'agissait de la putréfaction, mon laboratoire de dissection en étant bourré, pour troubler les phénomènes. Je ne pouvais me mettre sûrement à l'abri qu'en ajoutant un peu d'eau et en remuant avec soin le récipient, avant de le soumettre à la compression, afin de tuer en même temps et . les germes contenus dans la substance, et ceux des parois qui se trouvaient mouillés.

Il ne faudrait pas croire cependant, je me hâte de le dire, que ce procédé de conservation puisse avoir une valeur pratique; les viandes qui ont été comprimées présentent une saveur fade qui les rend fort peu agréables. Elles doivent probablement ce goût en partie à Tacide qui s'y développe pendant la compression : acide non volatil, non odorant, et qui est probablement de l'acide lactique.

Cette chair, qui ne se putréfie pas, absorbe infiniment moins d'oxygène que celle qui reste dans les conditions normales. Cela a été étudié particulièrement dans les expériences CCCLXXXVI et CCCLXXXVII.

Mais l'exemple le plus remarquable est fourni par l'expérience CCCXCI, où, en 20 jours, la viande placée sous une compression d'oxygène équivalant à 44 atm. d'air, n'a pas consommé d'oxygène ni produit d'acide carbonique ; tandis qu'un môme poids de la même viande laissé à la pression normale avait consommé 5\5 d'oxygène et formé 3' d'acide carbonique;

Si on laisse échapper l'excès de pression, et qu'on prenne les précautions suffisantes pour empêcher l'accès des poussières aériennes, la viande qui se conservera indéfiniment, ainsi que nous venons de le dire, ne consommera plus que de très-faibles quantités d'oxygène. C'est ce que montre nettement Texpérience suivante :

Expérience CCCCVII. — 20 février. On met dans 15 tubes, 15 morceaux de viande pesant chacun l8^ Ces tubes sont ensuite étirés à la lampe et soumis dans Tappareil en fer, à 15 atmosphères irès-suroxygénées.

5 mars. On décomprime avec précaution et Ton ferme à la lampe les 15 tubes. L'analyse de 5 d'entre eux, faite aussitôt, donne de 70 à 80 pour 100 d'oxygène.

13 mars. On brise un des tubes sous le mercure; viande ambrée, pas d'odeur» réaction acide. On trouve 6,2 pour 100 d'acide carbonique et 77,8 d'oxygène.

Le morceau de viande est alors placé sans précautions dans un Uik bouché avec un bouchon (a).

On place de même, dans un autre tube, 1^' de muscle frais (b).

19 mars. Le morceau (a) n'a produit que très-peu de CO' et consomiBé peu d'oxygène. Le morceau (h) a consommé tout l'oxygène du tube, soient 7".

27 mars. Un autre tube, ouvert de même sous le mercure, contient 11,0 pour 100 de GO» et 74,2 d'oxygène.

On met le morceau de viande dans un tube gradué plein d'air biec bouché (c); un autre morceau, frais, du même poids, est renfermé de même dans un tube gradué de même capacité (d).

10 avril. Le tube c contient 1«,6 de CO* et 2*^%8 d'O., soient 7,3 de C0« et 12,7 d'O. pour 100 ; le tube d 6",2 de GO* et 0«,2 d'C, swenl 28 pour 100 de G0« et 0,6 seulement d'O.

Ces résultats concordent avec ceux des expériences de M. Pasteur, montrant que la consommation d'oxygène par les substances organiques est extrêmement faible, quand on empêche les êtres vivants microscopiques de s'y développer. Aux preuves qu'il a fournies, je joindrai Texpérience suivante, où l'action des antiseptiques a donné le même résulUl que celui de l'oxygène à haute tension :

Expérience GGGGYIII. — 26 juin. — A. 14; grammes de muscles avec on peu d'eau sont placés dans un flacon bouché, contenant 59(K^ d'air et reeversê sur l'eau.

B. 40 grammes, dans un flacon de 750^% sont arrosés de quelques goijttes d'acide phénique et agités ensuite. Le flacon est bouché et renver^ à côté de A.

G. 40 grammes; flacon de ISO'''' ; j'y ajoute 2 grammes de chloralqi en se dissolvant, blanchissent la chair; bien agité, bouché, renversé più des autres.

\2 juillet. — A. Est pourri; exhale une odeur infecte; Fair (fwtt explosion quand on débouche sous le mercure, en telle sorte qu*une pvtie du gaz ne peut être recueilli sous l'éprouvette) contient 35 pourlM de C0^ mais plus trace d'oxygène.

B. Aucune odeur de putréfaction ; l'air contient 18,6 pour W d'oxygène et 1,1 pour 100 de GO*.

G. Aucune odeur; l'air contient 18^1 d'oxygène et 0,9 de GO*.

Ainsi, en rapportant les chiffres à 100 grammes de muscles, on voit que ceux qui se sont putréfiés ont épuisé les 880'^ d'oxygène qu'ils avaient à leur drsposition, et formé 4512"*^ de CO* (sans compter ce qui s'est échappé en débouchant le flacon) ; au contraire, 100 grammes conservés par l'acide phénique ont seulement consommé 55", 1 d'oxygène et formé Sl'^^O de GO*; 100 grammes conservés par le chloral ont consommé 55^,3 d'oxygène et formé 15''%0 de CO*.

Revenons maintenant à l'action de l'oxygène, et prenons comme mesure de l'intensité des phénomènes de la putréfaction la consommation de ce gaz dans un temps donné.

Nous ferons observer ici que nous nous appuyons à la fois sur les expériences faites dans l'air comprimé, et sur celles où la forte tension de l'oxygène a été obtenue en augmentant non la pression, mais la proportion centésimale, sous la pression barométrique ordinaire. Nous sommes suffisamment autorisé à cette identification par tout ce que nous avons vu jusqu'ici.

L'expérience CGCXCII nous montre que la quantité d'oxygène consommé augmente avec une tension correspondant à 2 et même à 5 atmosphères d'air; les expériences CCCXCIX et CCCCI donnent le même résultat pour 5 atmosphères; mais Texpérience CCCXCI indique, dans sa première partie, qu'il y a décroissance à la tension de 4 1/2 atmosphères ; enfin, l'expérience CGCCII montre égalité de consommation à 4 atmosphères.

Il semble donc, tout d'abord, que le maximum de consommation de l'oxygène s'opère entre 3 et 4 atmosphères. Mais la question est plus difficile à résoudre qu'on ne le croirait tout d'abord, et nécessite des expériences conduites avec des précautions particulières. En effet, dans l'expérience CCCXCII, par exemple, l'air de la cloche D, dont la tension oxygénée correspondait au début à 3 atmosphères d'air, et où il y a eu oxydation plus active, ne correspondait plus à la fin de l'expérience qu'à moins de 2 atmosphères. Il faut donc employer ici un artifice expérimental qui permette de maintenir pendant tout le temps de l'expérience la même tension de l'oxy-

8U EXPÉRIEHCES.

gène el de se débarrasser de l'acide carbonique au fur et i mesure de sa producltou.

Pour y parvenir, j'ai monlé l'appareil représenté park ligure 74.

n morcein de vùnlc

C'est un flacon C (quelquefois une cloche) plein d'un mélange suroxygéné, dosé à l'avance; dans le fond se trourt une dissolution de potasse dont l'acide carbonique a été également titré à l'aide de la pompe à mercure. On y a suspends le morceau de viande, de poids connu. L'absorption de l'oiï* gène et la fixation du CO' ont pour effet de faire rentrer dans le flacon, bulle à bulle, l'oxygcne pur contenu dans uu éprouvelte graduée E ; un flacon-soupape P s'oppose au reHui de l'air du flacon pour le cas où son volume augmenterait (température, diminution de pression, etc.). On dispose ainsi plusieurs appareils qui functionnenl simultanément, et dans des conditions identiques, sauf la composition plus ou moios riche en oxygène de l'air des flacons. L'expérience terminée. l'analyse de l'air des flucons, la hauteur de la colonne d'eau

dans réprouvette, la quantité de CO' contenue dans la potasse donnent tous les éléments du problème.

Mais il fallait avant tout établir le degré d'exactitude de ce procédé expérimental. La critique a pu être faite aisément en emjdoyant de Tair ordinaire et en faisant plusieurs expériences simultanées dans des conditions identiques. En voici le résultat :

Expérience GGCCIX. — 18 janvier. Morceaux de viande pesant 25«', dans 4 cloches égales avec de l*air ordinaire.

22 janvier, L*analyse des solutions de potasse montre que la production d'acide carbonique a été de i95",8; 197",8 ; 204",8 ; 206«,8.

La cause d'erreur est donc, pour Tacide carbonique, d'environ 5 pour 100.

Voyons maintenant ce que donnent les expériences :

Expérience CCCCX. — 4 janvier. Pression 745"»™; temp. 16°. Morceau de viande pesant 25«% au soramel de 2 cloches:

A contient de Tair normal

B de l'air 49,6 pour 100 d*oxygène.

1 janvier. On trouve, par Tanalyse des cloches et des solutions potassées, que :

A a produit 252^'= de CO*. '

ExpÉniENCE CCCCXI. — 24 janvier. Pression 761""»; temp. 12«. Môme disposition d'expérience, 5 cloches. Elles contiennent : A air ordinaire, B air à bo pour 100 d'oxygène, C air à 79,7 pour 100.

Le 29 janvier y analysé les potasses.

A a produit 225'^'' d'acide carbonique.

' • ExpÉniEMCE CCCCXiL — 1'' février. Au lieu de cloches, de volumes inét gaux, on emploie les flacons de petite dimension, comme il est repré- I sente dans la figure 74.

Dans le flacon A est de l'air ordinaire ; en B, de l'air à 37,5 pour 100 d*oxygène; en C, de l'air à 61,2 pour 100 ; en D, de l'air à 81 pour 100. ^ 7 février. Arrêté lexpérience ; l'analyse des solutions de potasse mont ire que :

l A a produit 5i7''<' d'acide carbonique.

gge EXPÉRIENCES.

Expérience GCCCXIII. — 14 février G = 16\ Mêmes appareils. Dans le flacon A, air ordinaire

— B, air à 41,5 pour 100 d'oxygène.

Le 17 février, arrêté l'expérience :

A a produit 150**^ d'acide carbonique.

Si nous appelons 100 dans chacune de ces expérienctt quantité d'acide carbonique produite sous la pression i maie, nous obtiendrons, par de simples proportions, lesd fres suivants, qui indiquent la marche de la production d'jc carbonique :

Air ordinaire (1 atmosph.), il y a iOO<'<' d*acide ctrboaif

-CGCCXH. Airà37,3d'0. (1,8 — ), — lOô*-* —

CGGCXllI. — 41.5 — (2 — ), — 129-* —

GGGGX. — 49,6 — (2,5 — ), — 106<

GGGGXl. — 53 — (2,5 — ), — 121-

GGGGXll. — 61,2 — (2,9 — ), — 124'' -

GGGGXl. — 79,7 — (3,8 — ), — 112^- -

GGGGXll. — 81 — (3,9 ), — lOS*^' -

11 résulte de ces chiffres que le maximum de combusl des tissus a lieu au-dessus de la pression normale, et se Iro aux environs de trois atmosphères. C'était déjà le résultat quel nous étions arrivé dans le sous-chapitre II du chapitii pour les combustions examinées chez les êtres vivants.

Quand les pressions deviennent très-fortes, la diminv les oxydations des tissus devient extrêmement manifii Ainsi, à 23 atmosphères, la proportion d'oxygène consonu diminué dans le rapport de 534 à 32 (Expér. CCCLXIX Dans l'expérience CCÎCXGVl, la consommalion à la près normale a été en 5 jours de 522" d'oxygène, tandis qu'i en a eu que 49'" dans l'air comprimé à une tension oo pondant à 42,5 atmosphères d'air, et que, dans Ies9j d'été suivants, où la tension avait cependant été abaiâ H atmosphères, il n'y a eu que 210" d'oxygène consoi

On voit donc que la valeur en tension, sous laquelle^ mencent à diminuer les oxydations rapides dues aux fera de la putréfaction, coïncide précisément avec celle où ra< funeste de l'oxygène commence à faire sentir ses effets.

cléments anatomiques d'une organisation complexe sont donc impressionnés à la même dose que ceux qui vivent isolés, sous forme de microzoaires ou de microphytes. Nous trouverons de nouvelles confirmations de ces faits quand nous nous occuperons de l'action de Toxygène comprimé sur les végétaux et la germination.

De même, Texpérience CCCLXXXVI nous montre que la pression de 21 atmosphères tue complètement les êtres microscopiques de la putréfaction, comme elle tue les animaux supérieurs.

Ajoutons enfin que la viande qui s'est ainsi conservée intacte, pendant la compression et après la compression, n'en reste pas moins un excellent terrain pour le développement des êtres microscopiques, et que la putréfaction s'y établit rapidement, lorsqu'il arrive à leur contact, en quantité suffisante, des germes apportés par l'air. L'expérience CCGXCIV, où la pénétration dans le flacon a eu lieu par une fissure imperceptible du bouchon, est tout à fait caractéristique. Mais pour les êtres microscopiques, comme pour ceux de grande dimension, la récolte est proportionnelle à l'ensemencement; il n'est donc pas étonnant que, dans ces conditions, la putréfaction des viandes qui ont été comprimées se fasse avec une certaine lenteur (Exp.CCCCVIl), et que, même dans certains cas (Exp. CGGCV), les hasards de l'expérience ayant fait entrer dans les tubes dés germes de moisissures, et non des vibrions de la putréfaction, celle-ci ait été remplacée par une végétation microscopique.

Il m'est arrivé quelquefois de voir des viandes maintenues en vases bouchés à la lampe, après la phase de compression oxygénée, se bien conserver pendant des semaines et des mois, puis entrer en putréfaction ; c'est ce que montrent, par exemple, les expériences CCCXCVII et GCCCIV. Dans ce cas, à mon sens, l'oxygène n'a pas tué tous les vibrions de la putréfaction ; il en a laissé quelques-uns, simplement malades, comme engourdis, et qui reprennent avec le temps une activité nouvelle. G'est ce qui arrive également, lorsqu'on a chauffé de la viande à une température notablement inférieure à l'ébuUi-

tion ; c'est ce qui arrive, lorsqu'on laisse, dans un apprei où le vide a été fait par Tébullition, rentrer de Tair à travers du coton cardé, si le filtre n'a pas été suffisant ; c*est ce qui arrive, eu un mot, toutes les fois que les ferments sont ou en très-petit nombre, ou altérés par quelque circonstance étrangère.

J'ai dû nécessairement étudier la putréfaction de quelques autres substances. Je transcris ici mes expériences :

B. — Sang.

Expérience CCCCXIV. — 9 juin. Sang de chien, défibriné.

A. 50^^ sont placés dans un (lacon, à la pression normale.

B. 50<^ dans un autre flacon fermé par un bouchon percé. Placé dans l'appareil en fer et poussé à 1 2 atmosphères suroxygéni*cs.

La pression tombe les jours suivants, et on ne peut la maintenir qui 8 atmosphères.

Le i^juin. On décomprime et cacheté R.

Le iSjuin, — A. Odeur horrible; B. Un peu d odeur.

Expérience CCCGXV. — 19 juin 1874. Sang de chien, frais, défibriw.

A. Dans flacon bouché, air ordinaire.

B. Flacon bouché d'un bouchon de liège percé, soumis, après agitation, à 20 atmosphères suroxygénées, équivalant à 88 atmosphères d*air.

2Ajuin. — A. Sent horriblement mauvais.

B. Décomprimé, ne sent rien, et est translucide, laqué; je cacheté à h cire l'orifice du flacon.

6 jtiillet, — A. Couche ridée à la surface; odeur repoussante. Pas if globules visibles ; vibrions à point terminal brillant, assez nombreux. <t aussi bâtonnets immobiles; cristaux d'hémoglobine.

B. Le sang est redevenu un peu trouble ; pas de couche blanche à U surface; odeur étrange, trèi-faiblement putride. Globules sanguins n«sesH extraordinairement pâles; pas de cristaux ; quelques rares vibrioes i point brillant.

{*2 juillet. — B. Toujours pas d'odeur putride.

On remet simplement sur B son bouchon, sans cacheter à nouveau, bvé les mois qui suivent, on Touvre fréquemment et le referme sans prêcw* tion ; il arrive même que le bouchon tombe à terre et < st rerois eo p'ant sans autre soin. Cependant l'odeur putride n'apparaît pas nettement.

1 G janvier 1875. Présenté à la Société de Biologie.

A. Est horriblement putride.

B. Peut être flairé sans dégoût, mais sent cependant un peu.

Expérience CCCCXVI. — 21 juillet. Sang de chien, défibriné. En quantités égales dans :

A. Matras bouché avec un bouchon de liège.

6. Matras seiribiablc étiré à la lampe; celui-ci est soumis à 15 atmosphères suroxygénées.

^2 juillet. — A. Commence à sentir mauvais.

B. Pression tombée ; je retire B et Tagile pour mouiller les parois du malras; je repousse ensuite à 8 1/2 atmosphères suroxygénées.

2'5 juillet. Monlé à 12 atmosphères.

2A juillet. Monté à 15 atmosphères.

oO juillet. — A. Sent horriblement mauvais.

B. Encore 14 atmosphères ; décomprimé ; aucune odeur ; fermé à la lampe le bout effilé du matras.

Une goutte de ce sang, examinée au microscope, ne présente plus de globules; aussi est-il d'aspect laqué.

Ainsi, par l'effet de la compression, quand Texpérience a été bien conduite, le sang se conserve sans se putréfier, dans l'air comprimé et à sa sortie de l'air comprimé. La seule altération consiste dans l'aspect laqué qu'il prend, aspect dû à ce que l'hémoglobine quitte les globules pour se dissoudre dans le sérum. C'est ce qui arrive, du reste, toujours au sang mort, et que présente même le sang putréfié en vases clos, après que la fermentation putride est terminée.

Non-seulement les vibrions sont ainsi tués avant de commencer leur œuvre ; mais lorsqu'on comprime du sang en pleine putréfaction, on voit'celle-ci s'arrêter, et l'odeur caractéristique diiuinuer jusqu'à dispai^aître.

Mais les expériences sur le sang présentent une difficulté sur laquelle il est intéressant de dire dès maintenant quelques mots, parce qu'elle m'.a fait échouer au début dans nombre d'expériences, et qu'elle pourrait, si je ne la signalais, jeter de l'incertitude dans l'esprit de ceux qui voudront contrôler mon travail.

Il m'est arrivé fréquemment de voir du sang qui s'était bien conservé dans l'appareil, pourrir rapidement à la pression normale, môme dans des vases soigneusement fermés à la lampe. En examinant ces faits avec soin, je reconnus que cela n'arrivait que pour les expériences faites dans des tubes, jamais pour celles faites dans des matras. Celte singularité tient, comme je le soupçonnai aussitôt, à ce que l'épaisseur

ggO EXPÉRIE5CES.

de la couche sanguine est différente dans les deux procédés opératoires.

Je m'aperçus alors que l'oxygène, môme aux plus hautes tensions, ne pénètre dans le sang qu'à une faible profondeur. Exemple :

Expérience CGCCXYH. — 2 décembre. iOO" de sang sont placés dans nw éprouvette à pied ; ils occupent 10^ de hauteur ; compression dans la bouteille à mercure à 20 atmosphères suroxygénées.

6 décembre. Décompression instantanée ; il se dégage très-peu de gaz du liquide ; pas de mousse.

Le sérum surnageant occupe une hauteur de 5^ ; au-dessous une coucbe sanguine très-rouge de o"" ; le reste du sang est tout à fait noir.

Il est donc de toute évidence qu'il ne peut y avoir excès d'oxygène que dans les couches superficielles du liquide, et que, par suite, les vibrions placés dans les couches profondes ne seront pas impressionnés par l'oxygène, ou ne le seront que faiblement. De là la putréfaction qui apparaît plus ou moins vite, et que j'ai vue même dans un cas apparaître pendant la compression ; les inégalités dépendent de circonstances multiples dans la complication desquelles la hauteur de la colonne employée se détache par sa netteté. On ne devra jamais employer du sang sur une épaisseur de plus de un demi-centimètre, pour être absolument certain de réussir.

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