‹ La pression barométrique. Recherches de physiologie expérimentaleChapitre 135 sur 160 · ASPHYXIE · texte numérisé non relu

ASPHYXIE

Les recherches dont j'ai rendu compte dans les chapitres précédents m'ont tout naturellement conduit à m'occuper de l'asphyxie en vases clos, dans l'air ordinaire, à la pression normale, ici, au moment de la mort, tension très-faible de l'oxygène, tension assez forte de CO*; à laquelle des deux influences est due la mort? Toutes deux interviennent-elles ?

J'ai déjà traité cette question dans mes Leçom sur la respiration (p. 525), et, me basant exclusivement sur la composition chimique de l'air mortel, j'étais arrivé aux conclusions suivantes :

A. Pour les animaux à sang chaud, la mort a lieu par privation d'oxygène ;

B. Pour les animaux à sang froid, par empoisonnement par l'acide carbonique.

J'ai été amené à envisager cette question à un autre point de vue, en considérant les modifications subies par les gaz du sang, et en les comparant d'une part avec celles qui sont rapportées au chapitre II, sous-chapitre IV, et d'autre part, avec celles qui sont la conséquence de l'empoisonnement par l'acide carbonique.

Les expériences ont été faites par la même méthode que dans les chapitres cités : respiration à l'aide d'une muselière hermétiquement close, ou par la trachée, dans un sac contenant une certaine quantité d'air.

iOiO EIP&RIBICES.

Suit le récit de quelques expériences

EiPéaiBNCE DCXXXVIII. — 5 mare. Chien èpagneul pesant 12 kilogrammes.

5*» SS». Tiré parla carotide 40" de sang A

5^ 37*". Mis à respirer* par une muselière» dans un sac de caoutchouc contenant environ 20' d'air.

5^ 52"". L'animal, qui s'esi beaucoup agité, et qui a perdu de l'a'r par les côtés de la muselière, est fort malade.

Pris air du sac /3

5*» 55". Tiré 33«« de sang carotidien Irés-noir h

6^ 15"*. L'animal meurt» sans convulsions ni raideurs. Je lire avec difficulté du sang qui commence à se coaguler dans le cœur gauche. ... G Air du sac '. . . . y

Sang A (à l'air libre) contenait ... 15,9 d*0 et 44,8 de CO*.

— B (air |3: 04,8; CO* 12,1). .. 2,4 — 44,5 —

— C (airmortel7:03;C0*15,8). 0,8 — 39,9 —

EiPÉRiENCB DCXXXIX. — 7 mars. Chien èpagneul pesant 13 kilogranmies.

Je mets à découvert la carotide et la trachée.

3^. Respirations, 45 ; pulsations, 90 ; température rectale 38^,5.

3^ 5"*. Tiré 33^^ de sang carotidien, médiocrement rouge A

3h |5m. Placé un tube dans la trachée.

Les respirations deviennent extrnordinairement rapides.

3^ 20*". Respirations, 124; 6 38'',5; tiré 53«^ de sang carotidien, plus rouge que A B

3>* ^2"*. Mis la trachée en communication avec un sac de caoutchouc contenant 60* d'air.

Beaucoup d'agitation ; respirations trés-frêquentes.

4>*. Respirations, 84 ; pulsations, 96 ; pris air et 33^^^ de sang, moins rouge que A C

4^ 5°*. Respirations très-amples, 56 par minute; pulsations, 96.

4*" 35°^. Respirations, 28 ; pulsations, 52, très-irrégulières.

0=36®. Air du sac j3

Cornée sensible ; tiré 25^^ de sang très-noir D

4^ 40"*. Cornée insensible ; pupilles dilatées ; respirations, 16 ; pulsations trop faibles pourétre senties; 9 = 35<»,5.

Les respirations se ralentissent de plus en plus, et la dernière a lieu à 4*» 46« ; il n'y a aucune convulsion.

4** 48"*. Le cœur pousse encore un peu de sang dans la carotide, et avec une sonde J'arrive à extraire 40" de sang très-noir du cœur gauche . . K

Puis je prends air du sac , 7

4^ 55"*. Je recueille sous l'eau les gaz du poumon • , 9

ASPHYXIB. 1021

L'urine, traitée dans la pompe par l'acide sulftirique, donne environ 15 vol. pour lOOdeCO*..

Sang A (air libre, respirations par voie naturelle). . 0 19,8; CO* 40,1

— B ( — — trè8-rapide8,par la trachée). — 21,5 — 18,3

— C (air a: 0 9,3; CO* 7,0) — 14,4 — 32,0

— D (airp : 0 1,8; C0« 12,0) — 2,1 — 54,3

— É (air mortel / : 0 1,5; C0« 12,6) — 1,2 — 42,5

L'air des poumons ^ contenait : 0 0; CO* 14,6.

Expérience DCXL. — 10 mars. Chien braque, pesant 16 kilogrammes. Température rectale39°,5.

5h |5m Placé un tube dans la trachée ; respire avec calme.

3^ 20"*. Mis à respirer dans le sac, qui contient 137' d'air.

3^ 23°". Respirations calmes; tiré 33"^ de sang carotidien, moyennement rouge A

3^49°*. Respirations profondes, 58; pris air du sac /3

3*» 50". Tiré 25*^« de sang, moins rouge que A B

4*» 5". Respirations profondes, agitées, 48 ; ô = 37®,8.

4*» 12'». Agitation violente : ô37*,5.

4** 15"*. Air du sac 7

4** 16"°. 52 respirations amples; tiré 25<^« de sang, notablement moins rouge , C

4*» 38". Air du sac 9

4** 40". Respirations, 48; 0= 35",5; lire 25" de sang noir .... D 5*>. Respirations assez amples, 40 ; pulsations, 36; 0 =55*.

5** 5". Air du sac , f

5h 70»^ Tiré 25" de sang trùs-noir E

5^ 8". L*œil jusque-là sensible, devient insensible ; la pupille se dilate.

5^ 10". Respirations, 6 ; pulsations, 30.

5^ 15". Urine ; les respirations deviennent de plus en plus lentes et de

plus en plus faibles ; le cœur baisse également.

5^ 20". Mort sans convulsions. Pris air du sac 9

Pris sang dans le cœur gauche . . . , F

L'urine contient 18" de CO* pour 100" de liquide.

Le nerf scialique reste excitable à l'électricité jusqu'à 6^ 40", c'est-à**

dire pendant 1*» 20".

Sang A (air libre) contenait 0 21,8 CO* 42,9

— B (air (3: 012,5; GO* 6.8) —21,0 —48,2

— C(air7: 0 7,6; GO* 9.8) — 15,4 — 57,8

— D(air^: 04,0; GOH 0,3) — 6,9 — 58,3

— E (air I : 02,8; GOM4,7) — 1,0 —52,4

— F (air mortel 13 : 0 1 ,9 ; G0« 14,7). . — — 50,2

Expérience DGXLI. — 28 mars. Chien pesant 11^,5; température rec-.

Ule39«.

iOn EIPERIEKGBS.

4h 10". Pris 25^ de sang carotidien, médiocrement rouge A

Je le fais respirer aussitôt par la muselière dans le sac qui contient environ 100* d*air.

Respirations, 28.

4^40°". Respirations, 36; pulsations, 92; e = 37%5 ; pris air du

sac • • • • p

4^ 41"*. Tiré 25^^' de sang, moins rouge que A B

S*» 10". Respirations, 36 ; pulsations, 100 ; 0 = 36<» ; pris air du sac. y

5h 11 m. Tiré 25^^ de sang très-noir * C

Encore sensible aux pattes.

5^ 15". Cesse soudain de respirer, sans agitation convulsive.

5h 20". Tiré4d<^<' de sang au cœur gauche, très-noir D

Pris air du sac 9

Le nerf sciatique est excitable jusqu'à 6^ 30", c* est- à-dire pendant i^ 10".

SangA (respirations à l'air libre) contenait. . 0 15,7; CO* 36,5

— B (air|3:019,2;COM,9) — —12.8; —49,3

— C (air 7 analyse perdue) — — 2,5; — 53,8

— D (air mortel^ : 04,3; C0« 13,1)— — 0,3; — 53,6

Expérience DCXLII. — 2 avril. Chien terrier jeune, pesant 7*^,5 ; tube dans la trachée.

6^. Mis à respirer dans le sac contenant environ 40' d'air.

6^1". Tiré 20'^ de sang bien rouge; l'animal reste tranquille tandis qu'on tire le sang A

6** o". Respirations, 136; pulsations, 120; ô= 36®,3.

6*" 30'". Respirations, 50 ; pulsations, 106 ; 9 35%8 ; pris air du sac. /3

6»» 51". Tiré'20" de sang noir B

L'animal s'agite ; respirations amples et irrégulières; sensible à l'œil et à la patte.

6*» 45". Respirations, 52; pulsations, 76; ô34%2; pris air 7

6*" 58*". Respirations, 9 ; pulsations, 14 ; 6 33'',8 ; insensible à l'œil; pris

air j

et sang très-noir D

7^ 6". Il n'y a plus de respirations ; on compte encore 60 pulsations, très-faibles ; les intestins remuent dans l'abdomen; les pulsations finissent à 7»» 9".

Pris air du sac 1

Sang A (respirations à l'air libre) contenait : 0 14,6; CO* 46,7

— B (air j3 : 0 7,4; CO* 9,1) — — 9,1; —52,3

— C (air 7 : 0 2,6;COM3,3) — -^ 0,8; — 51,8 L'air mortel 1 contient : 0 2,4; CO» 12,9.

Je n'insisterai pas sur les symptômes que m^ont présentés les animaux asphyxiés dont je viens de raconter l'histoire :

ralentissement de la respiration, de la circulation, insensibilité flnale, dilatation de la pupille, refroidissement progressif, ce sont là des phénomènes bien connus. J'ai, du reste, parlé de ces symptômes dans le chapitre où j'ai étudié l'asphyxie en vases clos, l'acide carbonique étant éliminé. (Voir page 740).

J'indiquerai seulement que les phénomènes terminaux, c'est-à-dire l'insensibilité de Tœil et la dilatation pupillaîre arrivent au moment où il n'y a plus qu'environ de 1 à 2 volumes pour 100 d'oxygène dans le sang artériel (exp. DGXXXIX et DCXL).

L'animal est donc alors en grand danger de périr, puisque la quantité d'oxygène trouvée dans ce môme sang après la mort a varié de 0.5 à 1,2.

Portons maintenant notre attention sur les altérations progressives de l'air confiné où respiraient mes animaux. Les graphiques de Ja figure 79 expriment les résultats de l'expérience I>C\L, la plus complète de celles que nous avons rapportées.

Sur l'axe des x sont portés les temps écoulés depuis le comnien- ''i-^- - "«{' p?' "p*"!*'' !?,"»* cernent de l expérience; sur I axe

des y, les proportions existantes d'oxygène, de GO*, et la somme CO'H-O de ces deux valeurs, somme dont les variations présentent ici, comme nous le verrons, un intérêt véritable.

On voit que la consommation d'oxygène a été en diminuant au fur et à mesure que progressait l'asphyxie; dans la première heure, elle était de 15,5 pour 100; dans la deuxième et dernière, de 5,7 seulement. De même il y a eu, dans la première heure, 9,S d'acide carbonique produit, et seule-

lint EXPfiRIEHCES.

menl 4,9 dans la seconde. Ce sont là des faits identiques à ceux sur lesquels j'ai insisté au sous-chapitre IV du chapitre il.

J'en dirai autantde ce qui a rapporta la composilion terminale de l'air mortel. Les variations ont été, pour l'oxvgène, de 4,3 (exp. DCXLU) à 1,5 (exp.

DCXXXIX), et, pour l'acide car^ bonique, de 12,6 (exp. DGXXXU) à 15,8 (exp. DCXXXVIII).

Arrivons maintenant aui gai du sang. Ici encore le graphique ci-contre (fîg. 80) (le volume des ^z n'y a pas été réduit i zéro) montre les faits de la miôiëré la plus évidente (exp. DGXXXIV)'.

Gomme on le sait bîeo,J'oiygène va en diminuant àanâ le sang artériel. Mais il n'y diminue pas d'une manière régbli^emcnt proportionnelle au temps; dans la première heure; en effet, nous voyons que la proportion d'oxygène n*a baissé que de 6,6 volumes, tandis qu'elle est tombée de plus de 14 dans la seconde heure.

Ceci est en rapport avec ce que nous ont appris nos études précédentes. L'absorption plus énergique de Toxygène extérieur, qui se fait au début, a pour conséquence une persistance relative de la richesse en oxygène du sang artériel.

Si maintenant nous dressons un graphique (fig. 81) en prenant pour abscisses les quantités d'oxygène contenues dans l'air extérieur aux divers moments de l'asphyxie, et en po^

Fis, ^ — l'orf P*t »^^v

\a uog. (Eip. DCUUV.)

ASI'IIVKIE. lOSS

tant sur les ordonnées les quantités d'oxygène contenues dans 100 volumes de sang artériel, nous arrivons à un résultat qui ressemble tout à fait au tracé Ox (ligne pointillée) de la figure 59 (page 676), fourni par les asphyxies sans acide carbonique. Celui-ci parait donc n^avoir en rien agi.

Quanta l'acide carbonique, sa proportion augmente d'abord dans le sang, comme on devait le supposer, puisqu'elle augmente dans l'air où respire l'animal. Mais tout à coup elle

diminue, et la courbe (fig. 80) présente un point de rebrousscment correspondant à 1 heure 20 min.; ainsi, dans les der- , njers moments de la vie, il y a dans le sang moins de GO^ que quelques instants auparavant. Lorsque je constatai ce fait pour la première fois, je crus que cet acide, à ce moment où les pulsations sont très-ralenties, s'était imbibé dans les tissus. Hais si l'on examine comparativement le tracé du CO' du sang (lig. 79) avec celui du CO' + O de l'air (fig. 80), on y voit un semblable point de rebroussement qui montre

1026 expériences!

que, au moment où précisément CO* diminue dans le sang, il augmente considérablement dans l'air expiré, qu'en un mol il sort de Tanimal. J'ai, dans toutes mes analyses, retrouvé ce fait ignoré jusqu'ici : il suffit, pour s'en assurer, de jeter un coup d'œil sur les tableaux qui les résument.

Il ne faut donc pas continuer à dire, comme cela a été trop facilement admis a priori j que, dans Tasphyxie en vases clos, la quantité de CO* contenu dans le sang va en augmentant jusqu'à la mort; bien au contraire, et toujours, elle diminue dans les derniers temps de la vie.

11 y a plus, Jorsque le volume de Tair où s'asphyxie l'animal est petit, l'acide carbonique diminue dans le sang artériel dès^ le début, malgré son augmentation dans l'air. C'est ce que montre, par exemple, l'expérience DCXXXYU, où un gros chien n'ayant à sa disposition que 20 litres d'air, la proportion d'acide carbonique de son sang est tombée de 44,8 à 39,9.

Mais lorsqu'on empêche l'acide carbonique de sortir au dehors, comme c'est le cas pour les animaux étrangles ou noyés, il augmente, mais en très-faible proportion, dans le sang.

Exemples :

ExpÉRiEKCE DCXLIII. — Avril. Chien pesant 15^,8. Tiré à la carotide 35~ de sang artériel A

Mis un tube dans la trachée, et aussitôt après, un bouchon dans le tube. Agitation, mort en 4 minutes.

Une sonde a été introduite dans le cœur gauche; au moment où le cœur s'arrête, on tire 35" de sang très-noir B

A contient, pour 100, 33,9 d'acide carbonique. B — 40,8 —

Ceci répond de la manière la plus péremploire à la question que nous nous étions posée au commencement de ce chapitre: Tacide carbonique qui se produit pendant Tasphpie contribue-t-il pour une certaine part à déterminer la mort?

Déjà tout ce que nous avions appris nous montrait que son rôle, dans tous les cas, doit être singulièrement restreint. Pour que, chez les chiens, l'acide carbonique amène la mort,

ASPHYXIE. i027

il faut que sa proportion dans Tair dépasse 50 pour 100 ; or, dans l'air confiné, où Tanimal s'est asphyxié, elle ne s'élève jamais au-dessus de 17 à 18. D'autre part, les troubles de la circulation, de la locomotion, de la calorification, etc., les variations de l'oxygène de l'air, de l'oxygène du sang, sont les mêmes dans les cas où l'acide carbonique a été éliminé de l'air confiné où respire l'animal (chap. III, sous-chapitre II) et dans les asphyxies ordinaires.

Mais les expériences que nous venons de rapporter montrent que l'augmentation de l'acide carbonique dans le sang artériel des animaux asphyxiés, lorsqu'elle existe, n'amène jamais à un chiffre bien supérieur à celui qu'on trouve quelquefois dans le sang d'animaux qui respirent à l'air libre; le maximum a été de 53,6 (exp. DCXLI), et les accidents constatables de l'empoisonnement par l'acide carbonique ne se manifestent pas avant que le sang contienne de 70 à 80 volumes de ce gaz. Enfin, la question ne peut même plus être posée pour les cas où l'acide carbonique, loin d'augmenter, a diminué dans le sang et les tissus.

C'est ici le lieu de rappeler les expériences DCXXIV, DCXXV, DCXXVI, rapportées à propos de l'empoisonnement par l'acide carbonique, sur la recherche de la quantité de ce gaz dissous dans les tissus. Elles montrent en effet que, précisément pour les animaux des expériences DCXXXVIU, DCXXXIX, DGXL, les tissus ne contenaient qu'une faible quantité d'acide carbonique, à peine supérieure, si tant est qu'elle le soit, à celle qu'on y trouve normalement. Enfin, l'urine de chiens asphyxiés n'a donné, en présence d'un acide, que 15 à 20 volumes de CO* (exp. DCXXXIX, DCXL), c'est-à-dire la quantité qu'on retrouve en moyenne chez les chiens qui reçoivent une nourriture mixte.

Tout cet ensemble de faits démontre donc péremptoirement que, pour les chiens noyés, étranglés, asphyxiés dans un très-petit volume d'air, l'acide carbonique ne joue aucun rôle dans la mort, et que ce rôle est à peu près nul lorsque l'asphyxie a lieu dans des espaces plus considérables. Peutêtre serait-il imprudent d'étendre cette dernière conclusion

aux animaux chez lesquels, comme chez les moineaux, la tension mortelle de l'acide carbonique dans l'air n'est que de 22 à 26 pour 100; cependant ici encore, Texpérience DGXXVIII G. montre que l'acide carbonique n'a point d'importance sérieuse.

Cependant sa diminution dans les tissus lorsque l'asphyxie a lieu dans un air privé d'acide carbonique ou dans Tair dilaté (expériences DGXXVIII D et DGXXIU) pourrait peut-être expliquer les quelques différences que nous avons signalées entre l'asphyxie en vases clos et l'asphyxie par décompression, en parlant notamment de la rigidité cadavérique (V. p. 740).

SOUS-CHAPITRE III

OBSEKVATIONS SUR LES GAZ DU SATiG.

Les nombreuses analyses des gaz du sang que j'ai rapportées dans ce livre méritent de nous arrêter quelques instants, en dehors même des considérations relatives à la pression barométrique.

Je dirai tout d'abord que la haute température à laquelle je porte le sang dans la pompe à gaz, m'a permis d'extraire beaucoup plus rapidement et beaucoup plus complètement les gaz du sang que n'avaient pu le faire mes devanciers. Sans doute, à 40% sous l'influence du vide, on finit par obtenir à peu près tout l'oxygène et tout le GO* contenus dans le sang ; mais il faut longtemps pour cela, les coups de pompe successifs n'amènent plus que de faibles quantités de gaz, il vient en même temps de la vapeur d'eau où l'acide carbonique se redissout lors de la condensation, et enfin, chose plus grave, une petite quantité d'oxygène peut être consommée pendant l'opération même. Au contraire, à la température de l'eau bouillante, tous les gaz sont immédiatement appelés par le vide, et il m'est arrivé quelquefois de les recueillir tous d'un seul coup de pompe.

Azote. — D'après les recherches de Fernet, 100 volumes

GAZ DU SAKG. i(m

(le sang, à 15*", sont capables de dissoudre 1,4 volumes d'azote. J'ai souvent trouvé des chiffres un peu supérieurs à celuici, ce qui n'a aucune signification, car il pouvait être resté quelques bulles d'air dans tout l'appareil; mais j'en ai aussi trouvé d'un peu inférieurs, et ceci est plus intéressant. En laissant de côté les causes possibles d'erreur, nous y trouvons cette présomption que le sang, en traversant les poumons, n'est point suffisamment agité avec l'air pour se saturer des gaz qu'il est apte à dissoudre.

Ceci devient une certitude quand nous envisageons les résultats des expériences sur les gaz du sang d'animaux placés dans l'air comprimé. Il s'en faut, en effet, de beaucoup que l'azote suive la loi de Dallon, puisqu'à 10 atmosphères, par exemple, je n'en ai trouvé au maximum que 11 vol. 4 (exp. CLXXXllI).

Je vais revenir dans un instant sur cette constatation importante.

Oxygène. — Les proportions d'oxygène que nous avons trouvées dans un même volume de sang, chez des animaux de même espèce et également bien portants, ont varié dans des limites dont l'étendue a lieu d'étonner.

J'en relève ici le tableau, tant pour l'acide carbonique que pour l'oxygène, en ne prenant, bien entendu, que les expériences faites sur des animaux qui respiraient l'air ordinaire, à la pression normale. J'ai placé entre crochets, et je ne comprends pas dans la moyenne des analyses, celles où les animaux étaient malades, ou respiraient dans des conditions anormales : les indications nécessaires sont inscrites dans la colonne des observations.

Ainsi, en éliminant les circonstances extraordinaires, les extrêmes ont été pour l'oxygène 24,0 (exp. DCLXVl) et 14,4 (exp. CCLXXX). 11 y a 8 analyses donnant de 14 à 16, 9 de 16 à 18, 29 de 18 à 20, 25 de 20 à 22, 9 de 22 à 24 ; la moyenne générale a été de 19,4. Mais on voit que j'ai eu raison de prendre assez souvent, dans le cours de ce livre, comme expression moyenne, la proportion de 20 volumes pour 100. Ces variations peuvent être dues soit à la présence d'une

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