AIK COMPRIME : RESUME ET CRITIQUES
Les variations dans Tamplilude et le rhyilime rcspiraloirô ont lussi été expliquées par l'action mécanique de Tair comprimé.
Les uns, comme Pravaz, ont considéré que Tair comprimé favo- •ise l'expansion pulmonaire, en combattant plus énergiquemenl la •éaction élastique des tissus. C'est la réciproque de la théorie expo- ;ée à propos de la décompression, et dont nous avons montré 'inexactitude, ou du moins l'extrême exagération.
D'autres, avec bien plus de raison, ont fait intervenir les gaz nfestinaux. C'est,en efl'et la seule partie de 1 organisme sur laquelle >uisse directement agir la pression de l'air. Si, dans la phase de 'aréfaction, leur volume ne peut augmenter, comme nous l'avons ^u, à cause des deux orifices qui laissent avec tant de facilité ichapper un trop-plein, il peut et doit évidemment diminuer suivant la loi de Mariotte, et de façon indéfinie, lorsque l'air extérieur levîent plus dense. Ainsi fait-il, en réalité; des ouvriers tubistes, [ue j'ai interrogés, m'ont avoué qu'ils étaient obligés, une fois [ans les tubes, de resserrer la boucle de leur pantalon, à cause de 3 rétraction du ventre.
Ce fait établi, je ne saurais admettre la conséquence qu'en lire 'ravaz (p. 466), à savoir que l'élasticité augmentée de ces gaz gône action du diaphragme, diminue la dilatation thoracique dans i sens vertical, mais augmente l'expansion de la poitrine dans îs deux autres directions. Outre que celte hypothèse ne paraît aère soulenable, les mesures obtenues directement par Vivenot Il moyen de la percussion et de l'auscultation montrent que, ans l'air comprimé, le poumon descend plus bas qu'à l'état ormal.
Panum a fait, pour mettre en lumière le mécanisme de l'agranissement de la cavité thoracique, une expérience que nous avons ipportée plus haut (p. 499). Elle n'a qu'un défaut, c'est qu'il était lutile de la faire ; bien certainement, étant donné un tube fermé à 5S extrémités par deux membranes d'inégale épaisseur, rempli eau et contenant en outre une vessie pleine d'air, on verra, si on porte cet appareil sous pression, la vessie se réduire en volume l les deux membranes s'enfoncer dans le tube en proportion inverse 5 leur épaisseur. 11 doit bien évidemment se passer quelque chose 'analogue dans l'abdomen, entre les gaz du tube intestinal d'une art, le diaphragme et les parois ventrales de l'autre. Tout l'inirét dé la question est d*^ savoir dans quelles proportions ces derniers rganes tendent à envahir de dehors en dedans l'espace qu'occu-
paient les gaz intestinaux diminués de volume. Or rcxpérîence de Panum ne dit rien là-dessus.
Explications chimiques. — L'idée que, sous une plus grande pression barométrique le sang se charge, en traversant les poumons, d'une plus grande proportion d'oxygène, est une idée toute naturelle, qui a été acceptée par tous les auteurs, depuis et y compris Brizé-Fradin (p. 462). Elle a trouvé une confirmation évidente dans la constatation faite par Pol et Watelle, François, Foley et tous les médecins qui ont soigné les ouvriers tubistes, que le san; tiré des veines pendant la compression, ou mémo quelque temps après la décompression, présente une couleur rouge, artérielle. Les expériences contradictoires eu apparence de M. Fernet (p. 260) n ont pas beaucoup impressionné les auteurs en présence de ce fait si évident. Je ne vois guère que M. Bucquoy (p. 477) qui se soit efforcé de les discuter; à ses yeux, c'est l'oxygène dissous dont seule b proportion augmente, puisque M. Fernet a prouvé que les globules sanguins n'absorbent pas dans Tair comprimé une quantité d'oxygène plus grande qu'à l'air libre. Les autres auteurs se bornent à constater que le sang est plus riche en oxygène, et à tirer de là toutes les conséquences qu'ils croient inspirées par la logique, guide dont il faut toujours se défier en ces matières complexes.
Pour M. Foley, par exemple, « riiypérartérialisation » du san; n'est pas à mettre en doute, et elle a pour suite « une énorme consommation des tissus divers, à cause de l'excès d'oxygène qui les pénètre ». Mais celte augmentation dans les combustions intnorganiques, il faudrait en prouver l'existence.
Or les expériences de MM. Regnault et Reiset, montrant que les animaux qui respirent dans un milieu très-riche en oxygène, n'y absorbent pas plus de ce gaz et n'y forment pas plus d'acide cMtbonique que dans l'air ordinaire, rendaient peu vraisemblable l'idée d'une activité chimique augmentée. Pravaz, le seul qui avec Panum (p. 499) paraisse avoir compris la portée de Tobjection, y p répond fort médiocrement (p. 467) et de manière à compromettie un peu sa réputation de physicien. Mais il eut le mérite de faire faire à deux de ses élèves, llervier et Saint-Lager, des expériences tendant à résoudre directement la difficulté.
On sait à quelles conclusions compliquées (p. 465) sontarririJ ces expérimentateurs en cherchant à déterminer les modifications que le séjour dans l'air comprimé apporte dans l'excrétion if l'acide carbonique, et par suite dans la consommation de roxygca^