‹ La pression barométrique. Recherches de physiologie expérimentaleChapitre 5 sur 160 · PRÉFACE · texte numérisé non relu

PRÉFACE

hissement des eaux par l'air comprimé à plusieurs atmosphères que lancent de puissantes machines, ils éprouvent, pendant ou après leur séjour dans Tair comprimé, des accidents singuliers et parfois redoutables. De même, les plongeurs qui s'en vont, munis de scaphandres et respirant un air dont la pression est mesurée par la profondeur à laquelle ils s'enfoncent, recueillir les perles, les éponges, le corail, ou tenter le sauvetage de navires submergés, sont fréquemment frappés de paralysie ou de mort. D'un autre côté, la thérapeutique, s'em parant d'observations déjà anciennes, a, depuis Junod, Pravaz et Tabarié, tenté d'utiliser, non sans d'importants succès, l'influence de l'air assez faiblement comprimé.

S'agit-il de la diminution de pression? Nous pouvons citer tout d'abord les accidents qui menacent les aéronautes lorsque leur course verticale les entraîne à des hauteurs qui dépassent 4000 mètres : nausées, vertiges, hémorrhagies, syncopes; puis, les phénomènes connus depuis bien plus longtemps de tous ceux qui ont tenté au-dessus de 3 à 4000 mètres les ascensions de montagnes, ce mal des montagnes^ sur la cause duquel ont été émises tant et de si étranges hypothèses. Enfin, nous rencontrons ici des faits d'une importance bien autrement grande. Il ne s'agit plus, en effet, de quelques ouvriers, de quelques malades, de quelques touristes, mais bien de populations entières qui, normalement et régulièrement, vivent, construisent des villes, se groupent en peuples, sur ces hauts lieux où des sensations pénibles et parfois insupportables attendent le voyageur.

On sent qu'ici, le problème qui nous occupe touche nonseulement à l'hygiène des peuples, mais jusqu'à un certain point à l'histoire et à la politique. Dans ^Himalaya, dans la

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Cordillère des Andes, des cités populeuses sont bâties à des hauteurs qui dépassent celle de notre Mont-Blanc, où personne n'échappe complètement au mal des montagnes; au Mexique, des milliers d^hommes habitent, à une altitude moyenne de deux mille mètres, les plateaux de TÂnabuac; les grandes civilisations des Mayas et des Nahuas ont eu leur maximum de développement entre 2 et 4000 mètres au-des • sus du niveau de la mer.

Le lecteur peut voir, par ce rapide coup d'oeil, à quels intérêts de premier ordre touche la question à l'étude expérimentale de laquelle je me suis consciencieusement appliqué. Il trouvera par suite tout naturel que de pareils phénomènes aient été l'occasion de publications nombreuses, de la part des médecins ou des voyageurs ; mais il s'étonnera sans doute qu'on ait si peu tenté, pour en éclairer la cause, dans le domaine de l'expérience en laboratoire. L'idée la plus simple aurait dû être, ce semble, de construire des appareils permettant de reproduire les modifications dans la pression barométrique, en les isolant des conditions secondaires, annexes, qui les accompagnent fatalement dans l'état de nature, et d'examiner sur l'homme, sur les animaux, les résultats immédiats de ces modifications. Or, on a très-peu fait dans cette direction. En revanche, nous rencontrerons en grand nombre les observations incomplètes, les dissertations prétentieuses, les explications vraisemblables ou absurdes.

Je me suis proposé pour but de combler cette considérable lacune, et de résoudre par voie purement expérimentale ces importants problèmes.

En prenant ainsi position sur ce terrain solide, j'ai dû laisser systématiquement de côté trois ordres de questions qui ne pouvaient être attaquées dans le laboratoire, et pour les-

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