‹ La Pression Veineuse et la Circulation de Retour dans les Compressions Médiastinales:Chapitre 9 sur 20 · OBSERVATION N° Î · texte numérisé non relu

OBSERVATION N° Î

M, Harn.…, 47 ans, typographe, entre dans le service du Professeur Villaret le 16 janvier 1939 pour des troubles fonctionnels divers qui sont apparus depuis un mois environ et n’ont fait que progresser depuis.

C’est une céphalée permanente gravative et diffuse qui s’est accompagnée bientôt de modifications de la voix, d’abord rauque, puis voilée et éteinte. Ce sont également des douleurs rétrosternales profondes, sourdes avec irradiations vers la face interne des deux bras et quelques phénomènes dysphagiques : la plupart de ces troubles sont survenus par poussées transitoires; certains d’entre eux disparus, telle la dysphagie; ces troubles fonctionnels attirent l’atteñtion d’emblée vers le imédiastin.

LATE ro

Lorsque l’on examine le malade, on est frappé par la bouffissure de la face, avec cyanose discrète des lèvres et par un empâtement des creux susclaviculaires. Sur la face antérieure du thorax, il existe un léger œdème et l’on peut obtenir le signe du godet au devant du manubrium sternal. Au bras, il n’existe pas d’œdème véritable mais une sensation d'infiltration des téguments.

Par ailleurs, il existe une circulation collatérale sous-cutanée, formée de veines saillantes dilatées à la racine des bras et dans la région supérieure de la face antérieure du thorax. D’autre part, à la base du thorax il existe toute une série de variscosités liminales. Ces symptômes associés à la cyanose des lèvres et à la céphalée constituent un ensemble qui traduisent la gêne circulatoire dans le domaine de la veine cave supérieure.

Le thorax ne présente pas d’asymétrie manifeste, ni de voussure localisée, on note cependant une sorte d’ébranlement systolique de la partie supérieure du thorax et qui se communique également à la tête.

L'examen pulmonaire ne révèle aucune anomalie : sonorité normale à la percussion, murmure vésiculaire non modifié à l’auscultation.

A l'examen du cœur, on constate tout d’abord labaissement de la pointe qui bat dans le 7° espace;

DA Let Cu

on ne ncte d’ailleurs aucun centre de battement distinct de celui de la pointe; il n’existe non plus pas de modifications importantes des limites de la moitié cardio-aortique. Mais l’auscultation révèle deux signes fondamentaux : l'existence d’un bruit de galop présystolique un peu en dedans de la pointe, et, d'autre part, un double souffle de la base des plus caractéristiques; souffle systolique rude se propageant vers les vaisseaux du cou et souffle diastolique plus doux, s’étendant sur toute l'aire précordiale.

Ces signes d’aortite associés à un syndrome de

compression de la veine cave supérieure évoquent

d'emblée l’ectasie aortique. Diagnostic que confirme l’existence d’un ébranlement systolique localisé à la partie supérieure du thorax et la constatation, à la palpation du creux sus-claviculaire droit, d’une zone de battement et d’un léger thrill systolique; par contre, on ne constate pas de retard des pouls radiaux entre eux; il n’existe pas de modifications importantes de la tension artérielle comparée aux deux membres supérieurs,

elle est de 15-6 du côté droit et de 17-8 du côté

gauche.

Par contre, la prise de la tension veineuse met en évidence une hypertension veineuse considérable dans le domaine de la veine cave supérieure, puis-

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