‹ La prétendue conférence [microforme]Chapitre 31 sur 47 · LL · texte numérisé non relu

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‘+ caux où d'état ne furent formés que lors ‘que l'union du peuple des différentes ‘* colonies pour des fins nationales eut été ‘* accomplie, et que le pouvoir national eut ‘* autorisé et recominandé leur établisse- ‘* ment, ust d’une grande iraportance duns ‘* l'histoire contituticnuello de ce pays ; ‘car il prouve qu'iuvune colonie, agis ‘‘sant séparément pour elle-même,nerom- ‘pit son allégeance à la Couronne britan- ‘“ nique, mais que cette allégennce fut ‘‘rompue par la suprême autorité du ‘* peuple de toutes les colonies, agissant ‘* par leur agent général, le congrès, qui ‘non seulement déclura que l'autorité ‘* de la Grande Bretagne devait être sup- ‘* primée, mais recommanda que chaque ‘“ colonie remplaçât cette autorité par un ‘# gouvernement local à être constitué par ‘*ot pour le peuple de la colonie elle- ‘ même.” (Curtis, histoire de la constitution des Etats-Unis, vol, ier.)

En adoptant la déclaration de l'indé- | pendance, les membres du congrès s'intitu- |

lèrent ‘‘ Les représentants des Etats-Unis d'Amérique en congrès général assemblés.” Dès lors disparut l'appellation de ‘colonies unies ” et les Etats-Unis furent connus à l’intérieur et à l'étranger comme société politique une et ne formant qu'un seul corps.

Cependant, le nouvel ordre de choses donnait aux Etats une sorte de souveraineté, Le besoin de la résistance commune à l'Angleterre fit que ce système fonctionna tant bien que mal, pus mal que bien, à cause de la jalousie des Etats, de leur ingérence intempestive dans la conduite des opérations.

‘Je suis presque fatigué à mort, écri- ‘ vait Washington, de la marche rétro- ‘* grade des choses, et je déclare solen-

‘* nellement qu'une récompense de vingt ‘* mille louis pur an ne me déciderait pas

‘* à endurer ce que je subis, et à m'exposer, ‘après tout, à perdre ma réputation ; car ‘* il est impossible dans des circonstances ‘‘ aussi décourageantes, de conduire les ‘* choses conformément aux espérances du

‘* public, ou même à l'attente de ceux qui

‘* m’emploient, vu qu'ils ne veulent pas | ‘‘ tenir compte des difficultés que leurs

‘* propres erreurs ont créées,”

Chaque page des annales de la guerre de l'indépendance est pour ainsi dire le lrécit de la mesquinerie des Etats, des ombarris suscités par eux, de leur umbrageuse susceptibilité à l'égard du congrès, qui ne put pas exercer les pouvoirs auxquels il avait droit en principe et que lu | situation lui imposait, La grande auto- Lrité seule de Washington parvint à en imposer et à conduire au triomphe,

Cette première expéricice ne fut ce- | pendant pas suflisante pour convaincre le peuple américain que ses institutions reposaient sur le sable et avaient besoin d’être consolidées,

‘* Il allait apprendre, continue Curtis, ‘* par une dure leçon, que les vastes inté- ‘* rêts de la paix sont beaucoup plus com- ‘* pliqués que ceux de la guerre ; qu'il y ‘a sur ce continent des devoirs impor- ‘* tants de gouvernement auxquels seuls ‘‘ peuvent répondre un pouvoir national, ‘une autorité nationale, ec que ces de- ‘* voirs sont essentiels non seulement à ** la prospérité et au bonheur de la na- ‘“tion, inais au maintien de la liberté ‘* républicaine dans les Etats eux-mêmes.

‘* Ils allaient apprendre cela par un état ‘de choses voisin de l'anarchie, au mi- ‘* lieu de la décadence de la vertu publi- ‘que, des conflits des intérêts sec- ‘* tionnels et de Ja rupture presque com- ‘* plète des liens par lesquels sont unies *‘ les sociétés. Dans ces désordres se dé.

‘* veloppa enfin l’idée fondamentale sur ‘* laquelle repose aujourd’hui la constitu- ‘“ tion des Etats-Unis, -—l’union politique ‘* du peuple des Etats-Unis, au lieu de ‘* l'union des Etats dont ils sont les ci- ‘“ toyens, ”

Arrêtons-nous un moment sur ces réflexions pour en signaler la portée à rux de nos hommes publics qui travailler. à substituer, dans le gouvernement du Üanada, l’union des Etats, des provinces à l'union politique du peuple, qui ne s’est accomplie, d’une manière complète chez nos vorsins, qu'après et par l'épopée sanglante de la guerre de sécession.

Les débats qui suivirent la recommandation d’une confédération en 1777, du-

rèrent jusqu’en 1781, alors qu’elle fut ratifiée par tous les Etats. Au milieu des objections multiples soulevées, l’idée d’une union nationale, de la formation d’un peuple homogène s'affirme et se dégage, sans toutefois sortir absolument triomphante de l’épreuve—les Etats restant, en pratique, souverains, vu que les articles de la constitution ne donnaient au pouvoir central, aucun moÿen de sanction pour ses décisions autre que le recours à la force armée.

Si imparfaits que furent les arrangements de 1781, conclus pendant la guerre contre la Grande-Bret:gne, ils firent faire un pas immense à la cause d’une union plus intime et plus solide. Citons encore Curtis :

** Elle (la confédération) familiarisa Le ‘* peuple des différents Etats avec l’idée ** d’une union permanente. Elle fit plus.

‘* Elle ouvrit un plus vaste champ à la ‘* politique en créant de plus larges inté- *< rêts, servis par des hommes d’un ordre ‘* supérieur, capables de s'élever au-des- ‘< sus des questions locales et des préju- ‘‘ gés de secte, et d’embrasser de leur ‘‘ regard le bonheur et la prospérité d’un ‘“continent, Elle introduisit dans les ‘esprits les grandes idées de pouvoir ‘national, de souveraineté nationale ‘* comme les agents en état d'atteindre les ‘* difficiles résultats qu'aucun pouvoir lo- ‘* cal ne pourrait accomplir. Et bien que ‘* ces idées fussent d’abord vagues et in- ‘* définies, qu’elles ne fissent que lente- ‘ ment du progrès contre les influences ‘et les préjugés d’un genre plus étroit, ‘elles s’im,-lantèrent dans l’esprit public, ‘ pour arriver à la maturité et à la force ‘avec le temps. Quand l'aigle étreignit ‘“ dans ses serres les arbres de couches ‘* unis du pouvoir et qu’il déroula le par- ‘chemin qui annonçait qu’un peuple ‘“ pourait être formé avec les diverses ‘sociétés, les destinées de l'Amérique ‘< furent assurées. ”

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