LA SOUVERAINETÉ DES ETATS CHEZ N9S VOISINS
Dans l'intervalle qui s’écoula depuis ia |
ratification, en 1781, des articles de la
confédération, jusqu’à la conclusion de k paix avec l'Angleterre en 1783, des difficultés graves, causées par Le mauvais vouloir où la négligence des Etats, embarrassèrent la marche de la nouvelle république. Les troupes mal payées, mal nourries, mal vêtues, eurent à supporter des souffrances indicibles, et Washington n’hésita pas à écrire que la prolongation des hostilités était dûe au refus des Etats de faire leur devoir.
La situation devint plus grave encore après la restauration de la paix. Les membres du congrès, imbus des idées retrécies des législatures locales dont: ils étaient les délégués, refusèrent de solder la paie des officiers telle qu’elle avait été réglée par le congrès de la révolution, et il fut un moment où la république fut à deux pas d’un soulèvement de la part de ces hommes que la paix avait jetés dans la misère, et qui voyaient leurs justes réclamations et droits répudiés et méprisés.
Washington sauva une fois de plus la nation naissante d’un péril imminent.
Mais d’autres dangers surgissaient comme à l'envie des défauts de la constitution. En 1783, la dette publique s’élevait à environ quarante-deux millions de plastres, empruntés tant en France, en Hollande que de citoyens des Etats-Unis.
L'intérêt était de deux millions et demi, à peu près. Les Etats ne s’inquiétèrent nullement de maintenir le crédit national et de faire honneur aux obligations con- Sur huit millions de piastres demandées par le congrès en octobre 1781, il n’y avait pas, en janvier 1783, un demi million de versé dans le trésor fédéal Et le congrès ne pouvait obtenir des Etats le droit de prélever des impôts, les uns, comme le Rhode Island, refusant ct égoriquement de lui donner ce droit, d’autres retirant l'adhésion d’abord accordée, ete.
En même temps, les conditions du traité de paix avec la Grande Bretagne
tractées,
LA
ee
FÉGE
D ea fu
LA
\de la s diffi- 8 VOU- ATTAS répu- mal Jorter ngton ation Etats
ncore Les es reat’ ils older it été )n, et fut à rt de dans >S r'érisés,.
us la t.
aient nstis’éle” 18 de >, en Jnis.
lemi, rent onal constres obre 3, ut) fédéenir pÔts, sant roit, :COr-
du unie
étaient violées par les législatures de certains Ftats qui ne craignaient pas de s’arroger des pouvoirs dont le congrès était revêtu, mais pour l'exercice desquels, comme nous l’avons déjà expliqué, il ne possédait aucun moyen de sanctiun,
Depuis longtemps des hommes de jusement ct de science politique, comme Hamilton, Madison, etc, avaient constaté les défectuosités radicales du régime existant, et réclamé des changements dans le sens d’une consolidation de pouvoirs dans le gouvernement central. Les événements que nous venons d'indiquer,et la rébellion dansle Massachussettsen 1886,conv.. inquirent la portion la plus éclairée de l'opinion qu’il fallait en finir avec l’ordre de choses actuel, ou renoncer à l'existence nationale pour laquelle tant d’efforts avaient été faits et tant de sang venait d’être versé,
La conférence entre la Virginie et le Maryland, la convention d’Annapolis, convoquée à la demande de la Virginie, conduisirent à la convention de Pbiladelphie le 14 mai 1787. Elle adopta, comme on le sait, la constitution actuelle des Etats-Unis.
I] était temps, car l'édifice de la confédération tombait en ruine,
‘* La confédération, dit Curtis, était ‘* basée sur un principe qui n'a jamais ‘‘ permis et ne permettra probablement ‘ jamais à un gouvernement de devenir ‘* efficace et permanent--le principe d’une ‘“ ligue,
‘* Une autre cause de découragement, eb une tres sérieuse, fut la jalousie et l'orgueil des Etats, qui s'étaient constamment accrus depuis la déclaration de l'indépendance Jusqu'au jour où ils furent appelés à se rencontrer sur un terrain plus large et À fure de plus grands sacrifices qu’à aucune époque antérieure,
‘Il est difficile de découvnr toutes les causes du sentiment qui jeta parfois les
‘* parties de l’Union, Il se développa de ‘borne heure après que les diverses ‘* provinces furent obligées d’agir ensem- ‘* ble pour le grand objet de leur indé- * pendance politique, mais, même à son ‘* paroxisme, il trouva toujours un anti- * dote dans les idées plus élevées et dans ‘* les calculs plus nobles d’un patriotisme ‘ consistent.
* Peut-être l'existence et la force de ce sentiment peuvent-elles être attribuées ** dans chaque génération—avec plus de * vérité qu’à toute autre cause—à l’am- ‘“bition d'hommes qui y trouvent un ‘* facile instrument d'influence locale,
‘Il est certain que telle en a été la ‘‘ cause principale chaque fois qu'il a ‘* sévi avec plus de violence. Les différences d’habitudes, d'institutions, de ‘‘ climat, d'occupations n'auraient à’ au- ‘ cune époque été suffisantes pour susci- ‘ter les périls auxquels l’Union des ‘Etats a été exposé, sans la con- ‘‘ duite perverse d'hommes dont les fins ‘* personnelles sont, pour un moment, ‘* servies par l'existence de telles institu- ‘tions. La preuve se trouve dans le ‘‘ fait que la sagacité du peuple a tou- ‘jours découvert en temps opportun les * motifs de ceux qui ont cherché à ex- ‘* ploiter ses passions, et les a forcés de ‘* faire place aux hommes d’un ordre su- ‘* périeur qui en ont appelé à sa raison.” (Histoire de la C. des Etats-Unis).
Nous avons fait, sommairement, le récit des difficultés que nos voisins ont éprouvées scus un régime qui donnait aux Etats des pouvoirs étendus, souverains, indépendants du contrôle fédéral, afin d'indiquer à nos hommes publics et à nos concitoyens en général les dangers de la voie dans laquelle se sont engagés imprudemment les membres de la conférence de 1887 et les législatures qui ont sanctionné leur œuvre, Consentir à les suivre serait s’exposer de cœur joie à voir se répéter ici les crises dont les Etats-Unis ont évité le retour, en confiant
à un gouvernement central l'autorité
prépondérante dont l'absence avait failli
unes contre les autres les différentes compromettre leurs destinées,
24 Li n 4 \ l'application et les conséquences amène-