SOMMES-NOUS TROP GOU- VERNES
On nous demandera, naturellement, quel remède nous proposons à l’état de choses actuel ? Faudrait-il abolir les lé- | gislatüres, ou modifier la constitution de manière à leur enlever une partie des pouvoirs dont elles abusent, ou les faire rentrer vigoureusement dans leur sphère chaque fois qu’elles s’en éloignent ?
Comme nons l'avons dit nrécédemment, la constitution appliquée avec loyauté, et mise en pratique dans son véritable esprit, nous semble capable d'assurer aux habitants du Canada la paix intérieure, la prospérité, la liberté, le crédit et le respect à l'étranger. Et bien que les conditions du pays, au point de vue de son importance, de ses communications par chemins de fer et par eau, par fil télégraphique, de sa fortune, de ses aspirations, soient bien différentes aujourd’hui de ce qu'elles étaient lors de la confédération des provinces, nous inclinons à croire que le régime existant pourrait pendant assez longtemps encore suflire à nos besoins, Nos progrès depuis vingt ans ont été simplement merveilleux !
Mais si le fonctionnement de la constitution est embarrassé, si les législatures ou certaines d’entr'elles refusent de l’ob.
server où cherchent à en éluder l’exécution, il est évident que nous devrons aviser aux moyeus de sortir de l'impasse où elles nous auront jetés par leur faute et leur imprudence., Or, nous sommes à
quelques pas de cette impasse ! Les rapports deviennent de plus en plus tendus et difficiles entre le pouvoir central et les pouvoirs provinciaux dont plusieurs ont lmanifesté des dessuins d’insubordination,
prenne pesé pts |
ne Et à | 14 d, | { | {| | \ |.
de révolte et d'empiètement, La confé-
vaste système fonctionne avec aisance et
la rence de 1887 à été l'expression officielle harmonie ? ré de ces desseins, I représente l’ensemble des grands inà Ne pas tenir compte de cette manifes. | térêts du peuple canadien ;ÿ DOS rapports | tation et des autres signes de dissention Lai l'ét #nger, notre économie inté. | qui augmentent, serait agir avec impré- | rieure, le développement de nos princi- 12 Voyance. Il faut envisager le problême | Pales ressources, Imparfait à ses débuts, D, politique qui réclame notre attention et | Comme tout ce qui commence, notre sys- … fi le résoudre dans notre commun intérêt, | tème administratif peut être comparé à 12 Er Sommes-nous trop gouvernés ? C’est-à. Gus d'aucune nation, de progrès est le a dire la bonne gestion de nos affaires exige- l'œuvre de pres de Yet-cinq ans, Il est
d'habitants,
et maintenus, partie par un subside fédé
ad t-elle que pour moins de cinq millions
nous ayions huit gouvernements responsables à huit corps électo- Taux, ayant leur organisation distincte,
ral, partie au moyen d'impôts créés par
| il pas plus la capitale de
aujourd'hui réalisé. Le mécanisme des divers lépartements est tel qu’à mesure que le travail augmente avec la population et l'accroissement des affaires, il n'y à qu'à y faire quelques additions pour satisfaire aux besoins nouveaux.
Avant la construction de chemins de fer, de ques, il eût été inse
nos nombreux nos lignes télégraphinsé de songer à administrer d'Ottawa les affaires publiques, Comme nous le faisons Maintenant, Québec est le siège dt Provincial, Eh bien, qu'il est aussi
1 gouvernement n'est-il pas vrai directement en rapport avec le département des travaux publics de la Puissance qu'avec celui de la province ? Ce quiest exact d’un département, l’est pour les autres à un égal degré. Ce que nous constatons pour une ville existe plus distinctement encore
Pour d’autres, Par exemple, Ottawa n’est-
Montréal que
es provinces plus éloignées que la
, nôtre d'Ottawa, par leur position géograà quelques ; '
: : phique, ont sur toutes les parties de leur vingt-quatre heures de la Capitale de la
territoire l’organisation fédérale, à la portée du peuple, De sorte que, pratiquement, la distance n'existe Pas, au point de vue de l'expédition des affaires. La Preuve en est, comme nous le disions il y
; —— ‘ à Un instant, dans la façon harmonieuse, les juges, etc, — organisation qu’il con-
profitable, rapide avec laquelle fonctionne
Le député du plus lointain comté 4»
t, eux ? Avant la Confédération les provinet \ | ces n'avaient entr’elles Pour ainsi dire auti | cuue communication par chemin de fer, 1- |S 12 par télégraphes, etc. Elles avaient leur la vie propre à elles, leurs gouvernements.
8- L Le but des arrangements de 1865 fut de i- sil les unir, d’en faire un faisceau solide ni dont toutes les parties seraient liées les \r unes aux autres, La Construction de à- l’Intercolonial fut l’une des conditions de 8, É . la Confédération.
e l'4 Les provinces maritimes, par cette voie ni H ferrée et par d’autres lignes construites re Î subséquemment, sont en communication 6 î facile et rapide avec le reste du Canada. a Le Pacifique, le Grand-Tronc, et des 35 | 5 chemins de fer de moindre importance Québec ? : sillonnent en tous sens notre territoire, È La Colombie Anglaise est A] ). Puissance, Dans toutes les provinces le pouvoir L à fédéral à son organisation : les douanes, L k les postes, les travaux publics, l’agricul. = L' ture, le revenu de l'intérieur, la milice, - à E ü trôle au moyen des milliers d’officiels uotre système administratif. S préposés à son fonctionnement, Quel est 8 D le canadien qui voudrait nier que ce [n TE 5 / :
| Canada fait connaître facilement, sûre-
gt
ment, les désirs et les besoins de ceux |**
dont il représente les intérêts !
dans le gouvernement d'Ottawa.
Donc, quand nous posons cette question ; ‘ Sommes-nous trop gouvernés ?”, | nons attaquous un sujet qui mérite l'at- | tention la plus sérieuse de ceux qui songent à l’avenir de notre patrie. |
IT
M. Greenway, le premier ministre de | Manitoba, vient de dire à un reporter de | journal que si sa province n'obtient pas | ‘ justice ”, elle se mettra en frais de | sécession. Elle se séparera du Dominion pour devenir une colonie indépendante, ou elle s’annexera aux Etats-Unis.
Et dans les rues de Winnipeg on parle de sécession, de révolte, ete. Tout cela, parce que le pouvoir provincial veut se mettre au-dessus des lois du Canada. La crise qui sévit au Manitoba est un nouvel
exemple des périls auxquels certaines | législatures exposent le pays, aujourd’hui | qu’elles ont adopté come programe la |
destruction de l'autorité centrale.
Le Herald à publié, le