Cf. Du Cangc. Voy. Arcisterium
i6+ DAVITY, RANCHIN, ROCOLES.
ture d'un prélat à qui la sainteté avait été décernée de son vivant devenait pour elle un titre de plus à la faveur du peuple, On conçoit que la cathédrale se soit alarmée; qu'elle ait cherché à tempérer l'excès d'une vogue préjudiciable à ses droits, en revendiquant la dépouille mortelle de son chef défunt ; qu'elle ait pris sur son propre fonds (s'il est vrai que ce fut son baptistère même), l'emplacement destiné à contenir ce précieux gage. Chilpéric aura fourni l'argent pour la construction de l'église^ et doté les religieux qui devaient la desservir spus la surveillance directe du pasteur diocésain. Enfin, la dédicace put s'effectuer sous l'invocation de saint Germain, n'y ayant besoin pour cela que de déposer sous l'autel un objet qui eût été porté par le bienheureux, ou même qui eût touché seulement à ses reliques.
Les choses, amenées jusque-là, n'en allèrent pas plus loin. Le roi mourut sans que les religieux de Saint-Vincent eussent consenti à se dessaisir de la sépulture de leur instituteur. Le testament de Bertchram fournit la preuve que, trente ans après le décès de Chilpéric, la question était encore pendante. Elle ne fut décidée que par le changement de dynastie, lorsque l'un des abbés de Saint- Vincent, fort de la faveur de Pépin le Bref, osa enfin lever le corps de saint Germain, pour le transporter de la chapelle où il était resté jusqu'alors, non pas dans la basilique de la cité, mais dans l'intérieur de sa propre basilique1.
L'histoire connue de Saint-Germain-le-Vieux ne com^ mence qu'à une époque où cette querelle était depuis longtemps oubliée. La superbe abbaye, sa rivale, éprouva au IXe siècle des désastres sans nombre ; appauvrie à la
i. Historia translationis sancti Germani. dans les Bollan* (listes, 28 mai.
APPENDICES. 16s
fois par le régime des inféodations et par les ravages des Normands, elle ne figurait plus, du temps de Charles le Gros, que comme un bénéfice réuni à l'évèché. L'évêque était alors Gozlin, l'héroïque défenseur de Paris contre les Barbares. Au premier signal du danger, il avait fait venir dans la cité les moines de Saint- Vincent avec la châsse de saint Germain. Celle-ci fut déposée dans l'église qui avait été préparée pour elle depuis trois siècles l, ou du moins dans un nouvel édifice qui avait remplacé celui-là, car toutes les églises de Paris furent incendiées en 856. La présence de ces reliques devint un encouragement pour les Parisiens, qui, après la retraite des Normands, attribuèrent au saint le mérite de leur délivrance. La cathédrale paraît avoir payé la reconnaissance des citoyens en abandonnant la possession de Saint-Germain-le-Vieux à l'abbaye de Saint-Vincent. Saint-Germain-le- Vieux ayant été plus tard converti en paroisse, Saint-Germain-des-Prés en conserva le patronage jusqu'en 1368. Depuis lors, le même droit appartint, par échange, à l'Université de Paris2.
Revenons maintenant sur le surnom de Vieux. Il n'exprime pas seulement l'antiquité, ainsi que je le taisais remarquer tout à l'heure, il implique encore une antiquité relative ; car, assurément, on n'a dit Saint- Germain-le-Vieux que pour distinguer un Saint-Germain d'un autre qui, à l'égard de celui-là, était le neuf. Je trouve effectivement un Saint-Germain-le- Neuf mentionné dans la donation que le comte de Paris, Etienne, fit, en 811, à la cathédrale, pour la fondation de son anniversaire. L'une des conditions imposées par le donateur est que les chanoines de la cathédrale dépu-