SCÈNE II
d'antas seul.
D'Antas. — Ainsi je suis parvenu, jusqu'à ce jour, à ne pas perdre de vue Ogarito, le seul être vivant qui reste des témoins de mon crime ! . . . Mais pourquoi me hait-il ? pourquoi toujours à mon approche, cet œil plein d'éclairs, ce frémissement étrange ? . . . S'il se souvenait, s'il m'avait reconnu ? . . . non, non, je suis certain du contraire ! . . . pendant le voyage et depuis l'arrivée, invisible ou présent, j'ai épié le réveil de cette intelligence ; j'ai vu cette pensée se dégager peu à peu des ténèbres, j'ai scruté d'un regard avide cette âme qui s'ignorait encore... et j'en suis convaincu. . . la vie ne commence pour Ogarito que du jour où les Indiens l'ont trouvé sur le rivage ! Cependant, pour parer à tout événement, il importe que je garde cette famille sous ma main. Je veux de plus gagner la confiance d'Ogarito, l'attacher à ma personne, le combler de bienfaits, même l'adopter comme mon fils ... et . . . le faire disparaître plus tard, si sa mort est nécessaire à ma sûreté.