LES MÊMES, HORACE
Le Comte. — Comme vous tenez tard.
Horace. — »Pai eu ce matin une audieuce de son altesse.
Le Comte. — Vous avez vu le régent ?
Horace. — Oui, monsieur le comte, et j'ai reçu l'accueil le plus gracieux.
Le Comte. — Il vous a parlé sans doute des bontés dont il nous comble.
Horace. — Xon, car, il y a une heure, son altesse ignorait encore que vous fussiez en France.
D'Antas (à part). — Diable !
Le Comte. — Est-ce possible ?
Horace. — Elle Fa seulement appris par moi et par la lettre que vous lui avez adressée.
Le Comte (à d'Anias). — Mais alors, monsieur ce que vous m'avez dit. . .
D'Antas. — Ce que je vous ai dit, monsieur le comte . . .
Le Comte. — Eh bien ?
D'Antas. — Je m'exécute de bonne grâce, monsieur, et j'avoue. . . que je vous trompais.
Le Comte. — Ainsi, cette maison, ces domestiques ?
D'Antas. — Tout cela m'appartient.
Le Comte. — Si puissant que vous soyez, monsieur le marquis, vous ne refuserez pas l'explication de votre conduite.
D'Antas. — C'est trop juste. . . j'ai été touché des malheurs d'Ogarito ; je lui voulais du bien, en prévoyant que votre fierté refuserait mes bienfaits, je vous ai caché la main qui vous ks prodiguait. Puisqu'aujourd'hui le secret est dévoilé, permettez-moi de vous faire connaître mes intentions. Ma proposition n'aura, je l'espère, rien de blessant pour vous. J'offre à Ogarito de l'adopter comme mon fils ; n'ayant pas d'héritiers,