SCÈNE ly
BABILAS, ROBERT, :SLÉDOC, MATELOTS.
Pacome. — Xom d'un cabestan, c'est pus du biscuit, c'est du caillou.
Jacques. — Les rats eux-mêmes n'en veulent plus, il est temj^s que nous arrivions.
MÉDOC. — Double ration ! . . . Le capitaine est généreux à bon marché.
Babilas. — Xe faites donc pas les bégueules : pour qui a faim, tout est bon. Quand je suis en a]ipétit, je mangerais un canon d'abordage, avec ses bourres et son affût . . . Passe-moi tes restes, Pacôme, et porte-toi mieux, monsieur le délicat. Vite, de la tisane et des poules rôtis, et du lacrima sacristi pour monsieur Pacôme. . . quel malheur î {Les matelots murmurent.)
Pacome. — Au diable ! je ne veux plus de cette drogue !
Jacques. — Ni moi. (Ils jettent leurs biscuits, et plusieurs matelots les iiniteiit.)
MÉDOC {baissant la voix). — Patience, camarades, et notre sauveur accomplira ce que je vous ai promis en son nom.
Jean. — Est-il d'accord avec le capitaine, ce sauveur-là ?
MÉDOC. — Que t'importe ?
Jeax. — Dame ! pour ma conscience, j'aimerais mieux ça.
MÉDOC {à part). — Toi, je te raye de ma liste.
Pacome. — Est-ce que nous n'allons pas en finir ?
MÉDOC. — Laissez faire le maître, et attendez le signal.
Jacques. — Nous sommes prêts !
MÉDOC (à part). — Je peux compter sur ceuxlà. Décidément nous sommes en force. (Il s'éloigne.)
Babilas. — Qu'est-ce que c'est ? On ne mange plus, on a des airs sournois, on chuchote dans les petits coins . . . c'est encore le maître charpentier, le père Médoc, qui vous ôte l'appétit et la gaieté avec ses histoires. Le père Médoc, c'est comme un mauvais génie qui a jeté un sort sur le bâtiment. Eh bien, moi, je fais les cornes au diable, et je vais chanter la riti à mon petit maître.
Tous. — Oui, oui, chantons.
Babilas. — Ah ! je savais bien qu'ils n'y résisteraient pas ! . . . La riti, c'est le beau temps et la paix du cœur ! La riti, c'est le refrain du ma-
telot sans reproche !... c'est une romance en 683 couplets, et quand on arrive au dernier on se sent aussi pur que l'enfant qui va naître ! . . . Ecoutez bien, mon petit capitaine ; et vous, chantez d'aplomb, camarades :
LA EITI.
' Premier couplet.
Allegro
Sur le pont ivo • trc ca - pi
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tai - ne, Sur le pont lâche ttii gros ja
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