‹ La prière des naufragésChapitre 4 sur 41 · SCÈNE ly · texte numérisé non relu

SCÈNE ly

BABILAS, ROBERT, :SLÉDOC, MATELOTS.

Pacome. — Xom d'un cabestan, c'est pus du biscuit, c'est du caillou.

Jacques. — Les rats eux-mêmes n'en veulent plus, il est temj^s que nous arrivions.

MÉDOC. — Double ration ! . . . Le capitaine est généreux à bon marché.

Babilas. — Xe faites donc pas les bégueules : pour qui a faim, tout est bon. Quand je suis en a]ipétit, je mangerais un canon d'abordage, avec ses bourres et son affût . . . Passe-moi tes restes, Pacôme, et porte-toi mieux, monsieur le délicat. Vite, de la tisane et des poules rôtis, et du lacrima sacristi pour monsieur Pacôme. . . quel malheur î {Les matelots murmurent.)

Pacome. — Au diable ! je ne veux plus de cette drogue !

Jacques. — Ni moi. (Ils jettent leurs biscuits, et plusieurs matelots les iiniteiit.)

MÉDOC {baissant la voix). — Patience, camarades, et notre sauveur accomplira ce que je vous ai promis en son nom.

Jean. — Est-il d'accord avec le capitaine, ce sauveur-là ?

MÉDOC. — Que t'importe ?

Jeax. — Dame ! pour ma conscience, j'aimerais mieux ça.

MÉDOC {à part). — Toi, je te raye de ma liste.

Pacome. — Est-ce que nous n'allons pas en finir ?

MÉDOC. — Laissez faire le maître, et attendez le signal.

Jacques. — Nous sommes prêts !

MÉDOC (à part). — Je peux compter sur ceuxlà. Décidément nous sommes en force. (Il s'éloigne.)

Babilas. — Qu'est-ce que c'est ? On ne mange plus, on a des airs sournois, on chuchote dans les petits coins . . . c'est encore le maître charpentier, le père Médoc, qui vous ôte l'appétit et la gaieté avec ses histoires. Le père Médoc, c'est comme un mauvais génie qui a jeté un sort sur le bâtiment. Eh bien, moi, je fais les cornes au diable, et je vais chanter la riti à mon petit maître.

Tous. — Oui, oui, chantons.

Babilas. — Ah ! je savais bien qu'ils n'y résisteraient pas ! . . . La riti, c'est le beau temps et la paix du cœur ! La riti, c'est le refrain du ma-

telot sans reproche !... c'est une romance en 683 couplets, et quand on arrive au dernier on se sent aussi pur que l'enfant qui va naître ! . . . Ecoutez bien, mon petit capitaine ; et vous, chantez d'aplomb, camarades :

LA EITI.

' Premier couplet.

Allegro

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