V. Ah ! chantait v son H ti la ri ii
Sous le pont
^N'otre capitaine.
Sous le pont
'l'roiive le larron ;
Puis il fond
Sur lui, la main pleine
D'un fouet, lon«:
("oninie un aviron.
Tliss(> !
Puis arraeliaut la eiilotte et la veste.
Il lui chatouille et le dos. . . et le reste !
Choeur. — Ti^ ti^ ti,
Ti la ri ti.
Eange à carguer
A carguer
Le hunier.
Ali ! chantait-yj
Ah ! chantait-y,
Son ti ti^
La ri ti ! . . .
Babilas. — Troisième couplet., il n'en reste plus que 681.
MÉDoc (rentrant). — Attends un peu, Babilas, j'ai fait aussi le mien, et le voici :
Le seul port
Qui nous fasse envie,
C'est le port
Où coule l'or !
Quel trésor
Pour toi, FUranie,
On va d'or
T'emplir jusqu'au bord.
Hisse !
Nous chanterons sans toi, mon capitaine,
Depuis le pont jusqu'au mât de misaine.
Choeur. — Ti, ti, ti,
Ti la ri ti.
Pare à virer,
Laisse laisse
Arriver !
Ah î chantait-y.
Ah ! chantait-y,
Son ti ti,
La ri ti ! . . .
Babilas {à part). — Ah ! le gredin ! il m'a empoisonné ma chanson !
Jean, — Ça n'est pas vrai, ce conte d'or, mais c'est beau tout de même, j'en ai comme un tintement dans les oreilles.
MÉDOC. — Et si c'était vrai !
Jean. — Allons donc !
MÉDOC. — Une question, matelot.
Jean. — Dites.
MÉDOC. — Eegarde un peu de ce côté ... regarde bien . . . vois-tu la terre ?
Jean. — Nenni !
MÉDOC. — Supposons que tu la voies.
Jean. — Bon !
MÉDOC. — Supposons, de plus, qu'il y ait sur le rivage des montagnas de louis d'or.
Jean. — Bon !
MÉDOC. — Que ferais-tu ?
Jean. — J'irais en remplir mes poches.
MÉDOC. — C'est tout naturel !
Jean. — Pardine !
MÉDOC. — Et si M. de Lascours s'y opposait ; si ton capitaine commandait une manœuvre qui t'éloignât à jamais de ce rivage : alors, que ferais-tu ?
Jean. — Dame !
Babilas {vivement). — Tu obéiras, matek)t, tu resterais à ton poste, à moins d'être un déserteur et un traître !
Jean et plusieurs Matelots. — Oui, oui, Babilas a raison !
MÉDOC {à part). — Je suis fixé, vingt-quatre pour nous, six pour eux.
Le Second (au dehors). — Tout le monde à la manœuvre î
Babilas. — A la manœuvre! (Les maielots s'éloignent en faisant des signes d'intelligence avec Médoc.) Père Médoc, je ne comprends rien à toutes ces manigances, mais je finirai par avertir le capitaine !
MÉDOC. — Malheureux î si tu t'en avisais . . .
Babilas. — Ah ! c'est bien heureux pour vous, père Médoc, que je sois un poltron, sans ça je vous dirais votre fait, voyez-vous ?
MÉDOC. — Qu'est-ce que tu dirais ?
Babilas. — Si j'avais du courage, moi, Babilas, né natif de Xanterre, et matelot de VUranie, je vous dirais que depuis notre départ, vous montez la tête des camarades avec vos satanées histoires ; que vous embauchez l'équipage au profit du diable ; que vous êtes un gueux, un brigand, une canaille, un pas grand'chose, un rien du tout. . . mais je ne suis qu'un poltron, et j'ose pas vous le dire. {A part.) C'est égal, ça y est tout de même. {Haut.) Sans rancune, père Médoc. (Il sort en courant avec Rohert.)
MÉDOC. — Je te retrouverai !
Babilas {en dehors). — Ti, ti, ti, ti, la riti. . .
MÉDOC. — Oh ! tu me le paieras.