‹ La prière des naufragés drame en cinq actes par mm. D'Ennery et Ferdinand DuguéChapitre 34 sur 75 · SCENE lit · texte numérisé non relu

SCENE lit

D’ANTAS, II** DE THÉRINGE.

*r* de théringe.

Monsieur le marquis, j'allais vous faire prier de passer chez moi.

d'aktas.

Puis-je savoir, madame, ce qui me valait cet honneur ?

M m * DE Tfll'uiSCE.

Je vais voua le dire; A mon âge, monsieur, on n’aime plus les coule» de fées.

d'amas.

Je ne vous comprends pa».

Il"»* DE THÉRINGE.

Que je donne un ordre et je sui* nbéic sans retard ; que je forme nn désir et on le satisfait comme par enoliml meut ; les valet» qui m’entourent sont autant de génie» familiers.

I»*ANTAI.

Cda prouve une bonue tenue de maison.

* me de TllÉRINCE.

Pourquoi, depuis quelque» jour», portcul-ils ma livrée?

d'aîttas.

Le maître de cct hôtel aura voulu, par là, vous donner une marque de respect.

«““■ DE Tll ( RINCE.

Le maître de cct bAtel?... mai» j'ai demandé cent fois à le voir, il est toujours absent.

d’antas.

Ces gens-lit ont tant à faire...

« me de i ni RINCE.

Hier, au moment de sortir, j'ai trouvé en bas une voilure à mes armes ; l’autre soir, j'étais seule avec ines enfants, tout à fait seule, et je leur parlais do leur prochaine présentation à la cour... deux heures plu» lard, clip» trouvaient dan» leur chambre les plu» belles parures, les étoffes les plu» rares...

Pour le coup, voilà du merveilleux!...

M m ' DE THÉRINGE.

Alors, un soupçon m'est venu, monsieur le marquis, cl j'ai pensé que vous deviez connaître ce protecteur invisible.

d'aktas.

liais...

tt IDC DE THERINGE.

Vous le ccn naissez?

d’antas.

F. h bien!... oui.

Il"* D t Tlll RINCE.

Et cet homme s’appelle?... Parle* donc, monsieur! d’antas.

Il s'appelle Philippe d Orléans.

« me DE TltÉRINCE.

Le régent!... Comment, c’esl son altesse?...

d’antas.

Oui, madame, le régent, qui vou* a délivrée de l’exil et veut vous rendre à la cour de France le rang dont vous êtes «ligne.

H me DE THÉRINGE.

Hais qui donc son altesse a-t-elle chargé de nous distribuer scs bienfaits?

Eh bien! madame, son altesse a pris pour intermédiaire votre meilleur ami.

M ,n, DE TULRINGE.

Mon meilleur ami?

d’antas.

Moi.

DE THÉRINGE.

Vous?...

sce?:e IV.

Les Mêmes , OGAIUTA, DIANE.

DIANE

Mais viens donc, viens donc, Ogarita.

OGAIUTA, eairiDt Imtcacnl.

Ile voilà.

DIANE

Ccsl sans doute lui qui est là, Horace...

OCARITA.

Horace!., (elle court » Onu. qui m rhiw ci u uW.) Non!.,. ( sue

*'cJoi»-o* de 4'AnUi.)

DIANE, » part-

Ce n’est pas lui.

d’aNTAS, a Ograrit*.

Mademoiselle oc me voit pa» avec plaisir?

OGAIUTA.

Non.

DIANE

Ogarita...

M** DE THÉRINGE.

Monsieur le marquis est uu étranger... (a 4'aoui.) Excusez- la... d’antas.

Oh ! de tout mon cœur !

OGARITA.

Pourquoi l’excuser? Ogarita n'a rien fait de mal.

M®* Dr. THÉRINGE.

Mon enfant! ton rang dans le monde, ton sexe même, exigent de loi cerlaios égards, certaine» politesses...

OGARITA.

Être poli... c’est donc... déguiser sa pensée... D'Anlas, ton fi-

sage e*l aimable... (a es bon... Ogarila est heureuse de te voir... j'ai été polie. (Ella va t'aiicoir.)

DIANE

Ma sœur...

d’amas.

Laisses, laissez-la dire... (Ogarita m rcavarM à oublié Ittf «a touuia «n

»' Accoudant iur u CivUtul.)

»**• DE T1IÉRINCE.

Que fais- tu?

OCARITA.

Je me repose, mère. — C'est ainsi qu’Ogarila s’appuyait au sommet d’un inorne pour contempler lalur profond, l'immensité, Pin finit

d’antas.

On a de ce balcon un spectacle encore plus saisissant ut plus grandiose. *

OGAUITA.

Lequel?

d’antas.

Quoi! vous n’ave* pas admiré avec transports ces palais, ces monumeols, ces prodiges de toute sorte, qui révèlent à chaque pas la puissance de l'homme?...

OQARITA.

Et nos savanes, et nos grands dômes de verdure qui révèlent à chaque pas la puissance de Dieu I

d’amas.

Croyei-moi, la vie n’csl pas au milieu d’un désert où le cœur se blesse en se repliant sur lui-mème; ou la pensée s’étiole dans une extase énervante! La vie, elle est ici, dans cette fournaise humaine, dans le tourbillon de ces feles, dans les jouissances du luxe, daus la possession d’une fortune sans égale et d'uo pouvoir sans bornes.

oCAiiTA , ia>i r crouler.

Grimpe bu Ulsoirr,

Grimpa, leurrait noir.

Et plonge-toi dans l’air Qui vient de l'Océan...

d'amas.

Ah! tous no m'écoutez pas, vous détournes la léle... (Baiiuat u «oir.j Et pourtant... si vous vouliez répondre à l’amour le plus profond. (OginU boadit et m ratêre.l

OGVIUTA.

Laissez-moi !... laissez- moi...

d’amas.

Ne me repoussez pas ainsi!

OGAUITA.

Il y a des instants où le son de (a voix torture te cœur d'Ogarita.

d’amas.

Mais enfin, pourquoi me baissez-vous ? je ne vous ai jamais fait de mal ?

OGAUITA.

Qui sait?

d'amas.

Comment?

de thcrince.

Ogarila!

DIANE

Ma sœur.l?

OCARITA.

Dans nos tribus sauvages, on croit k une cxistooce anterieure à celle-ci... Eh bien ! sons ma foi chrétienne, et si jo n’avais pas lu ce livre saint, celte Bible que tu m’as donnée, soeur, je croirais que, dans une autre vie, j’ai dû souffrir par lui!

d'amas.

Quelle pensée!

GOABITA.

Oui, j’en ai la conviction, j’ai déjà entendu celte voix, j’ai déjà senti ce regard peser sur moi... mais où donc, mon Dieu, où donc?

d’amas, A part.

Il est temps!

*«« DE TH1RÎKCE.

Ma fille!... c’est de la fièvre, c’est de la déraison I

OCARITA.

Pourquoi?..* co n'est par le seul souvenir effacé de l'esprit d’O-

garita... Enfant, elle a reçn les caresses d’une mère, et pourtant, elle ne se la rap|M-ile pas.

M** DE Tiff RINCE.

Quoi! pas une lueur, pas un indice ?

OCARITA.

Rien (

DIANE

Et celte prière, cependant?.,.

«"*• DE Tlil' RINCE.

Oui, cette priera commencée par Diane, et que lu «s achevée, d’où te vient-elle?

OCARITA.

Ogarila la murmurait sans doute quand les Indiens l'ont trouvée évanouie sur la plage; elle avait une blessure à la léle, sa raison était morte.. .elle prononçai! des mots qu'ils ne comprenaient pas; ils emportèrent l'enfant, loin. . bien loin... cl lorsqu 'elle revint 4 la vie, un voile couvrait le passé, il n’y avait plus derrière elle que la nuit d’un abîme saus fond.

DIANE

Oh! bénis soient les sauveurs!

B M * DE TUtllINCE.

Patience, ma fille, le Dieu qui l’a conduite vers uous 11c laissera pas son un rade inachevé!

OCARITA.

J 'attends!

d'amas, 4 paru

Il ne faut plus personne cuire celle tomme cl moi !

DIANE

El tu es heureuse auprès de mus, lu ne regrettes rien du passé?

OG.VUII A.

Ogarila se souvient des pauvre* Indiens qui l'ont recueillie., elle avait parmi eux des amis... die les aimait au milieu de |.i joie et du rire. Vous, c’est avec de douces larmes qu’elle vous élu rit... là bas, elle n'avait que des compagnes; ici, «lie a une sœur une sainte aïeule, et cuire elles d> u\. un souvenir, une ombt chérie dont elle croit sentir les caresses, et duut la voix lui pari là....

DIANE

Ma mère! nia mère!... (o;»Hta a pm leu» •>)*« su'rilt * j-lar^r* trr

»ob cour. )

OCARITA.

Oh! je vous aime! je vous aiuie!

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