‹ La prière des naufragés [microforme]Chapitre 27 sur 43 · LES MÊMES, LUCIEN, LE COMTE · texte numérisé non relu

LES MÊMES, LUCIEN, LE COMTE

Lucien (poussant un cri de surprise). Ah !

Le Coure.—Ciel !

Lucrex.—Estce une vision ?.. (Au Comte.) Regardez !

Le Coure.—Ces traits... mais c’est...

Lucrex.—Ce sont les traits de mon père.

Horace.-—Lucien !

D'Anras.—Que dit-il ? (Ogarito regarde Lucien et le Comte, puis il va de l'un à l'autre el secoue la téle comme pour dire : JE NE LES CONNAIS PAS.)

Le Coure.—Est-ce un miracle du ciel ? Qui es-tu, toi qui m’apparais comme un souvenir vivant ? Oh ! parle-moi, parle-moi.

Honrace.—Hélas ! monsieur, c’est un enfant de ce pays sauvage qui ne peut ni vous COMpendre ni vous parler.

Le Coure.—ËEt cependant, c'est toi... C'est bien. (Avec tristesse.) Non, j'oubliais ces longues années écoulées ; Lucien, ce n’est pas lui, ce n’est que l’image de ton pauvre père.

Lucien.—Oui, mon père. éclatant de jeunesse come je le revois dans mes rèves.

D'ANTas.—Ainsi donc, monsieur Lucien Ogarito ressemble à votre père, à monsieur de Théringe ?

Le Coure.—Mon fils ne portait pas le nom

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de Théringe. Il a toujours porté le nom de son château de Languedoc.

Luciex.—Il s'appelait Raoul de Lascours.

D'Axras (à part).-Raoul de Lascours !

Lucien (au Comte) —Mais lui qui nous rappelle tout ce que nous avons aimé, nous ne le quitterons pas ; nous l’'emmènerons, n'est-ce pas ?

LE CouTe.—Certainement.

Horace.—L'emmener, je le voulais, mais le marquis d'Antas s’y est opposé.

Luciex.—Vous, monsieur ! c’est impossible.

Le Cowre.—Monsieur, je vous en conjure.

D'AnTas.—Monsieur de Laval, éloignez ce jeune homme.

Le Conre.—Monsieur, au nom du ciel.

LuciEx.—Grâce |

Horace.— Georges, parlez, que ferez-vous ?

GEORGES—Ami, ce n’est ni mon désir, ni mon cœur qu'il m'est permis de consulter ; il y a ici une volonté plus forte que la mienne.

D'AnTas (avec force).—Et je vous ordonne d'obéir !

Horace.—Arrètez !… pour la dernière fois, consentez-vous à rétracter cet ordre ?

D'ANTAS—Non.

Horace.—Eh bien, Georges, je vais vous rendre libre de n'écouter que le cri de votre

conscience. (Jl tire son épée.) Gapitaine Georges .

de Laval, je vais vous faire seul maitre de votre bord... Marquis d'Antas, si votre épée n'est pas celle d’un lâche, défendez-vous.

D'ANrTas—Soit ! (1 dégaine.—Les aïmes se croisent.

Lucien.—Arrètez ! (Il se jette entre eux.) Grand-père ! c’est pour nous qu'il veut mou-

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