‹ La prière des naufragés [microforme]Chapitre 29 sur 43 · SCÈNE PREMIÈRE · texte numérisé non relu

SCÈNE PREMIÈRE

D'ANTAS, GEORGES.

(Au lever du rideau, Georges est assis, pensif, près d’une table; on frappe plusieurs coups à une porte latérale sans que Ce bruit Le tire de saréverie : enfin la porte s'ouvre el d'Antas paraît.)

D'Anras—Monsieur de Laval, je vous salue.

Gronces.—Ah ! c'est vous, monsieur le marquis ?

D'Anras.—Je vous ai dit hier de m'attendre ici, chez le comte, et je vois avec plaisir que vous êtes exact. Je vous reproche seulement de m'avoir laissé frapper sans m'ouvrir.….

GEonGEs.—Pardon, je n'avais pas entendu.

D'Anras.—C'est possible. Du reste, n'oubliez pas que de faire la sourde oreille avec moi, c'est du temps perdu, car J'ai toujours une double clef des serrures et au besoin je les brise.

GronGes.—Je vous répète, monsieur, que je wavais pas entendu frapper...

D'Anras-—N'en parlons plus... Gest égal, il faut vous soigner, mon cher, votre santé m'inquiète.

Geonces.—Comment ?

D'AnrTas.—Oui, vous avez mal à la conscience et je ne connais rien de plus malsain que les scrupules. Guérissez-vous de cela.

Reese.

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Grorces.—Croyez-vous donc que je puisse me résigner à une existence pareille ?.. Je ne m'appartiens plus, une main de fer pèse sur moi. Je subis la volonté d’un maitre inflexible. Oh! ne me rendrez-vous jamais ma liberté ?

D'Anras—Votre liberté ? Ingrat! quand j'ai tant fait pour lui.

GrorGes.—-Vous ?

D'Anras.—Nous sommes en France depuis

pensif, | Sn :

à une deux mois à peine, et vous avez la meilleure APE part dans les faveurs du régent.…. 2ette haute il) position, n est-ce pas à moi que vous la devez? salue. N'est-ce pas moi qui vous ai placé près de son e Mar- altesse.

GEorGEs —Pour que je vous y servisse d’ins-

tendre trument et d’espion. A ir que D Anras.—Parbleu ! où serait la nécessité sement de faire le bien, si l’on n’y gagnait pas ?... Main- : tenant, parlons d'autre chose, je vous prie, et and, répondez à mes questions.

n'ou- GeonGEes.—Si je refusais de répondre ?

e avec D'AnTas.—Allons donc!

ujours GEORGES.—Je refuse ! .

soin je D'Anras.—A votre aise. Un jour, monsieur

Georges de Laval, entrainé à de folles dépen-

‘que je ses, a, pour se procurer de l'argent, signé un

parchemin d'un autre nom que le sien.

Georces...Oh ! taisez vous!

D'Anras.—Cela s'appelle un faux, je crois.

GsorGes.—Plus bas, plus bas. # à D'Anras.—Moi, j'ai acheté ce précieux par-

chemin, et avant une heure il sera remis au

régent.

Grorazs.—Soit! je serai perdu.

t égal, à santé

a ConS-

malsain ?

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D’Antas.—Mais votre perte, c'est la honte de votre nom, le déshonneur de toute une famille.

GEORGES.—Mon père !.., |

D'ANras—Je vois que vous allez me répondre... Ainsi, depuis son arrivée à Paris, le comte de Théringe croit toujours qu'il habite une hôtellerie louée par vous ?

GEORGES.—Il le croit.

D’ANTas.—I1l ne soupçonne pas la main mystérieuse qui l’enferme comme dans un cerele magique, l'œil qui le regarde agir, l'oreille qui l'écoute parler !

GEORGES.— Non... cependant, ce qui se passe autour de Ini commence à lui sembler étrange.

D'Anras.—Et vous avez soin, comme je vous en ai chargé, d’éloigner ses soupçons ?

GEORGES. —Oui !

D’Axras.—Bien !.. Où est monsieur Horace aujourd'hui ?

GEORGES.—Au Palais-Royal où il sollicite une lieutenance.

D’ANrTas—dJe ne m'oppose pas à ce qu'on la lui donne... s’il est sage. dans un régiment des colonies. En attendant, faites, je vous prie, annoncer ma visite à monsieur le comte, et allez chez son altesse attendre de nouvelles instructions. (Georges sort.)

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