‹ La prière divine, le PaterChapitre 16 sur 85 · In. Matth., cap. m · texte numérisé non relu

In. Matth., cap. m

dominicale invitent notre âme à se hâter vers ce terme suprême de tous ses désirs ^ »

1° L'éminence dont parle saint Thomas est une éminence de nature, de perfection et de finalité.

Le ciel, si élevé au-dessus de notre bas monde, nous représente par ses insondables profondeurs, les profondeurs plus insondables encore de l'être divin. En le contemplant, nous rêvons l'infini, mais l'infini n'existe qu'en imagination, dans les espaces où s'égarent nos rêves. Si loin que nous allions, une voix mystérieuse nous crie : Allez toujours ! Nous ne pouvons nous arrêter que devant Celui qui est l'infini réel, subsistant et vivant. Dieu, le ciel des cieux.

Comme le ciel enveloppe de toutes parts notre pauvre petite terre. Dieu, l'être infini, enveloppe tout l'être créé, esprit et matière.

Comme le ciel est l'immense réservoir des biens dont la terre reçoit l'heureuse influence : lumière, chaleur, fluides mystérieux qui font circuler partout le mouvement et la vie, Dieu est l'inépuisable et unique source du bien universel, que reçoivent tous et chacun des êtres de la création ; depuis

1, Addit : qui es in coelis... ul ad illam regionem, in qua Palrem noslrum commorari fatemur, sunimo desiderio properemus. (Ga.ssi\n in Calena aurea. S^* Thome in cap. vi, S.Matth.)

36 l'habitation de dieu

Tatôrne microscopique qui gravite dans l'ombre, jusqu'aux astres radieux qui sillonnent de leur course rapide la vaste étendue du firmament ; depuis l'informe cellule qui fait timidement ses essais de vie, jusqu'aux esprits purs et parfaits qui ne vivent que de vérité et d'amour.

Son nom est admirable en toute la terre, dit le Psalmiste, mais « sa magnificence, l'éminence de ses perfections, se manifestent surtout, dans les hauteurs des cieux : Elevata est magnificentia tua super cœlos ^ — Les cieux racontent sa gloire, et le firmament publie qu'il est l'œuvre de ses mains ^ i> Sa puissance se révèle dans le nombre, l'étendue, l'éclat, les mouvements des masses gigantesques qui évoluent dans l'espace, sa sagesse dans l'ordre admirable de l'azurée céleste, et tous les biens qui descendent d'en-haut sur notre obscure planète sont des épanchements de sa bonté. Les cieux ont une physionomie divine ; il faut aveugler sa raison, pour n'y pas voir les perfections de Dieu. Les poètes les ont chantées, les grands savants les ont adorées, mais la louange parfaite sort de la bouche des petits enfants qui, dans leurs premiers bégaiements, murmurent cette

Page 1