‹ La prière divine, le PaterChapitre 18 sur 85 · l'habitation de dieu · texte numérisé non relu

l'habitation de dieu

l'Apôtre : Sobrie, juste et pie vwamus, in hoc sœculo, expectanles heatam spem et adçentum gloriœ magni Del.

Sohrie : Vivons sobrement, c'est-à-dire, émondons notre vie de tout ce qui peut nous détourner des grands biens que nous attendons, et qui pourrait nous les faire perdre.

Juste : Vivons justement, c'est-à-dire, conservons précieusement la grâce, hâtons-nous de la recouvrer, si nous l'avons perdue ; efforçons-nous de l'accroître et, sous son influence bénie, remplissons i*otre vie de vertus et de bonnes œuvres.

Pie : Vivons pieusement, c'est-à-dire, unissonsnous à Dieu par le culte de son infinie majesté, par l'imitation de sa bonté, par la soumission à sa très sainte volonté. — Nous louerons et nous aimerons éternellement dans les cieux ; louons sans cesse, et aimons sans défaillance sur la terre. — Tout pour Dieu, pensées, désirs, grandes et petites actions, joies et souffrances.

Enfin, en invoquant notre Père qui est dans les cieux, pensons au ciel, regardons le ciel, vivons pour le ciel, allons au ciel.

Avant d'étudier chacune des demandes que contient le Pater, considérons son excellence : 1° dans son origine ; 2° dans sa composition.

La formule de la divine prière nous vient directement de Jésus-Christ. Au cours de la sainte messe, avant de la réciter, le prêtre adresse aux fidèles cette invitation : Oremus: prœceptis salutaribus moniii et dwina institatione formati audemus dicere : Paier Noster... Prions ! instruits des préceptes qui sauvent, et formés par la divine institution,

I. Note. — Pour ce chapitre, le Père Monsabré n'a laissé que des notes incomplètes, et des textes de la Sainte Écriture, mal cousus ensemble, et dont il a négligé de donner la traduction. Nous avons essayé de donner à ces notes, une forme correcte, et à ces textes, un enchaînement logique, avec une traduction convenable, qui en permet à fous la lecture.

Tel qu'il est, ce chapitre n'a pas Tenvergure doctrinale des précédents, ni le style oratoire, élégant, académique, qui nous semble caractériser les deux premiers. Cependant, il nous eût paru regrettable de laisser perdre ces considérations pieuses sur l'excellence de la divine prière comme aussi ces notions, bien qu'un peu mystiques, et dont le fondement paraîtra subtil aux esprits positifs de notre époque. Elles sont vénérables, cependant, ne fût-ce que par respect pour le nombre considérable de Pères de l'Église aussi versés que nous, je pense, dans les choses de l'intelligence, et aussi bons juges de la vie pratique, et qui en ont parlé avec une complaisance marquée.

nous osons dire :« Notre Père...» Pourquoi ce préambule timide ? Ah ! c'est que Jésus-Christ seul peut nous donner la sainte audace d'adresser à Dieu la prière qui lui convient. Saint Paul n'a-t-il pas dit : Qaid oremus, sicut oportet, nescimus : ce qu'il faut demander, et la manière convenable de le faire, nous l'ignorons ^ Souvent, semblables à Saiil qui importunait le prophète, et déchirait sfs vêtements, pour obtenir la conservation de son sceptre et de son royaume, nous demandons des biens dont Dieu veut nous priver, parce que nous en sommes indignes, ou que nous en ferions un mauvais usage ; ou bien, comme la mère des fils de Zébédée, nous demandons des faveurs que nous n'avons pas méritées, auxquelles nous n'avons aucun droit. Tertullien a bien dit : Deus soins docere potuit ut se vellet orari ' Dieu seul pouvait nous enseigner comment il veut être prié.

Déjà, il avait inspiré aux prophètes et aux saints de l'ancienne loi, des psaumes et des cantiques que l'Église s'est appropriés, pour donner à son culte plus de solennité ; mais voulant vulgariser la prière, et la mettre à la portée de tous, il a envoyé son Fils... Un jour, raconte saint Luc (XI, 1. 4.) Jésus priait en un certain endroit. (D'après une tradition constante, c'était le mont des Oliviers,

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