‹ La prière divine, le PaterChapitre 20 sur 85 · CHAPITRE IV I. PA TER. . . SANCTIFICETURNOMEN TUUM · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV I. PA TER. . . SANCTIFICETURNOMEN TUUM

Nous avons expliqué le prologue de la prière divine. Nous entrons dans le corps de cette prière... Sept demandes la composent. Certains interprètes font deux parts de ces demandes, une pour Dieu, une pour nous. C'est à tort. J'espère vous le faire comprendre, et vous montrer, dans l'explication de ces demandes que, par les unes, nous demandons à Dieu la grâce d'accomplir nos plus grands devoirs, et par les autres, les secours dont nous avons besoin pour notre corps et pour notre âme.

Expliquons la première demande : Sanctificetur nomen tuum... et précisons-en bien le sens.

Et d'abord, le sens général de cette demande est celui-ci : « Père qui êtes aux cieux, obtenez de vos créatures la gloire qui vous est due. »

Du moment que Dieu- est créateur, il ne peut se dispenser d'être glorifié par ses créatures. Les

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détacher de lui, ce serait leur donner une indépendance absolue qu'elles ne peuvent avoir. Ce serait, en quelque sorte, déifier le contingent, l'accidentel, colossale absurdité. La créature n'a sa raison d'être que dans la dépendance de Celui qui est la source de tout être et de toute vie, et il faut qu'elle reconnaisse cette dépendance par des actes de respect, de vénération, de reconnaissance. — Ces actes sont la gloire extérieure et accidentelle de Dieu.

On appelle cette gloire, accidentelle, par opposition à la gloire essentielle de Dieu. Il n'en a pas besoin. Il est assez glorieux par lui-même. — Quoi que nous fassions, nous ne pouvons rien ajouter à son être, à sa perfection, à sa béatitude. — Il est par lui-même, ses perfections infinies ne peuvent croître. Il est infiniment heureux de la contemplation et de la possession de lui-même.

Un regard sur l'essence divine !

Dieu vit ! Sa vie est intelligence et amour. Il se connaît, il s'aime, il se loue. Il est la vérité vivante, le bien infini, le beau radieux et il ne peut pas le taire. Sa vie en lui-même est un concert. Les trois personnes augustes de la Sainte-Trinité se louent éternellement et infiniment l'une l'autre. Dieu se suffit donc à lui-même. Que pourrions-nous ajouter à cet hymne embrasé et sans défaillance ?

Le Psalmiste a bien dit : Bonorum meorum non eges. Tous les biens qui sont en moi, vous les possédez éminemment. Quand je vous louerais par les plus sublimes cantiques, quand j'emploierais toute une éternité à vous glorifier, jamais je n'égalerais l'hymne d'infinie grandeur et beauté qui retentit éternellement dans votre sein

Pourquoi donc désirer et demander la gloire de Dieu ? - Pour nous d'abord. C'est une question de vie ou de mort. Ce que deviendrait le monde, si Dieu n'y était pas glorifié. — N'ayant plus sa raison d'être, son silence serait l'arrêt de son anéantissement. Dieu veut sa glorification : il l'obtient malgré tout, dans la conclusion de son gouvernement, — Les élus, les réprouvés l'acclament à leur manière.

Saint Thomas a donc bien dit Ex hoc quod Deum colimus, nihil ei accessit, sed nobis^, la louange que nous donnons à Dieu ne lui profite en rien, mais à nous. Et saint Jean Chrysostome : Benedicens Deum, dehitorem eum fecit majoris henedictionis -, bénir Dieu, c'est le rendre débiteur d'une plus abondante bénédiction.

Après le sens général de cette première demande, étudions-en la formule.

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