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famille, naturelle et surnaturelle, nous devons pourvoir autant qu'il nous est possible, aux nécessités de nos frères. C'est pourquoi nous ne devons pas nous contenter de dire . « 0 Père des cieux, écoute la voix de ton petit pauvre, et donne-lui son pain quotidien. » — Mais que notre bouche soit généreuse comme notre cœur. Demandons pour tous, et surtout pour ces infortunés qui, écrasés sous le faix du travail, et en proie à mille soucis, finissent par s'endormir sous un linceul d'indifférence qui étouffe leur prière. Demandons, même pour ces monstres d'ingratitude qui maudissent la main bienfaisante dans laquelle ils prennent leurs aliments.
Demandons ! — Mais cela suffit-il ? — Non, car, malgré nos prières, malgré l'appel charitable que nous faisons à la providence divine, au nom de l'humanité tout entière. Dieu, soit pour châtier, soit pour éprouver, refuse quelquefois les premiers dons de la vie, à de pauvres gens qui, d'un jour à un autre jour, trament dans les tortures de la faim, une existence incertaine et languissante. Là, de robustes natures se minent et succombent ; là, de pauvres petits êtres demandent du pain à des mères impuissantes qui ne peuvent leur répondre que par leurs larmes.
Pourquoi cela ? Pourquoi Dieu semble-t-il se
montrer avare, puisque la prière de notre charité le sollicite pour toute la famille humaine ? Douloureux mystère qui souvent nous étonne et nous scandalise !
Ah, gardons-nous bien de condamner la conduite de Dieu. Si quelqu'un souffre autour de nous, n'estce pas notre faute ? Car, par un miséricordieux et mystérieux dessein, Dieu exauce la prière que nous, lui adressons pour tous, en disant : Donnez-nous notre pain : Panem nostrum da nohis. Il est bien vrai qu'il s'est fait, en ce monde, une inégale répartition des biens de la fortune. C'est un fait douloureux qui frappe tous les regards ; mais ce fait n'est point imputable à Dieu qui avait originairement revêtu l'homme, d'une royauté universelle, sur les créatures. L'homme l'a perdue par sa faute ; de là, les inégalités sociales qui nous étonnent. Mais Dieu, dans sa miséricorde, y remédie par une loi rigoureuse qui prélève sur toute richesse, un impôt en faveur de l'indigence.
Ce serait une erreur grossière de croire que Dieu se dessaisit de son suprême domaine, en permettant l'inégale répartition des biens, qui prive ceux-ci du nécessaire, et donne à ceux-là l'abondance ; de croire qu'il abandonne l'usage de l'administration des biens qu'il accorde à certains privilégiés, à l'arbitraire de leur volonté, et aux caprices de