‹ La prière divine, le PaterChapitre 48 sur 85 · i(> Ql'lL FAIT DKMANnER DANS LJ^ DIVINK PHIÈRE · texte numérisé non relu

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se rassasient, quelques miettes pour nos âmes affamées !

Ah ! chrétiens ! ne soyons pas jaloux de la félicité des Anges ! La manne qui les nourrit est tombée sur la terre. Pluit manna ad manducandum.

Le pain des Anges est descendu des cieux ; car, dit saint Augustin, « quel est le pain des Anges ? — C'est le Verbe qui était au commencement : Quis est partis Angelorum ? — In principio erat Verbum. — Et comment l'homme peut-il manger le pain des Anges ? — Le Verbe s'est fait chair : Quomodo panem Angelorum mandiicabit homo ? Verbum caro factum est. » Et quel est le Verbe fait chair ? C'est Jésus, vrai fils de Dieu, notre cher et bien-aimé Sauveur.

Vous le voyez, c'est toujours à Jésus qu'aboutissent les explications de notre prière dominicale. Nous l'avons d'abord considéré comme le chef et l'interprète divin du monde entier, pour sanctifier le nom de Dieu ; et puis, comme un roi dont l'étendard doit parcourir sans fin toutes les régions du monde ; et puis, comme le parfait modèle de notre obéissance à la volonté divine. Aujourd'hui, c'est le pain descendu du ciel pour donner la vie au monde, comme il l'a dit lui-même : Ego sum panis qui descendi de cœlo pro mundi vita. Jésus est le vrai pain de notre vie spirituelle ; pain de

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vérité pour notre intelligence, pain de grâce et d'amour pour notre volonté et notre cœur.

Et d'abord, il est le pain de notre intelligence par sa parole qui nous enseigne toutes les vérités que nous devons croire. « Croyez et mangez, dit saint Augustin : Crede et manduca. » La f6i est l'opération fondamentale qui prépare en nous la manducation éternelle des cieux, la contemplation béatifique.

Mais à quoi bon, une parole de Dieu ? disent les esprits superbes. N'entendons-nous pas, au-dedans de nous-mêmes, la parole de la raison ? Ce verbe intime suffit à la connaissance des vérités premières d'origine, de nature, de devoir et de destinée, dont chacun de nous a besoin pour orienter, vers l'au-delà, sa vie d'honnête homme.

Aveugles qui ne voient pas que la raison n'est que le rayonnement du Verbe divin dans notre nature. Insensés qui oublient que la nature humaine est déchue de la primitive perfection qui lui permettait de s'élever sans effort vers les régions supérieures de l'intelligible. Quand bien même il y aurait çà et là de nobles esprits capables, après de longs et patients efforts, de répondre, par les seules forces de la raison, à ces questions : D'où venonsnous ? Que devons-nous faire ? Où allons-nous ? — ce n'est pas tout le genre humain.

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