‹ La prière divine, le PaterChapitre 49 sur 85 · qu'il falt i)i:MAM>r.i< dans i.a mwsr. i'Hikmk · texte numérisé non relu

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Or le genre humain, en masse, n'a ni le pouvoir de chercher, ni le temps d'attendre, qu'on trouve pour lui les vérités dont il a besoin pour se rendre compte de son origine, de sa nature, de ses devoirs, de ses destinées. « 11 faut que ces vérités lui soient enseignées, dit saint Thomas ; car combien de gens dont la tête trop faible ne peut supporter la fermentation laborieuse des idées et de la réflexion ! Combien portent le fardeau lourd et malsain d'une chair qui leur interdit toute application ! Combien n'ont à leur service qu'un organisme fragile et appauvri ! Combien sont empêchés par les impuissances du sexe et de l'âge ! Ajoutez à cela les sollicitudes de la famille, les accablements du travad matériel, la préoccupation des affaires, la mollesse, l'indolence, les passions, n'est-ce pas tout ce qu'il faut pour supprimer les loisirs, l'attention, la tranquillité, la paix intérieure, nécessaires à la recherche

de la vérité ? »

Dira-t-on que ceux qu'on appelle les savants et les sages de ce monde, peuvent enseigner cette vérité, sans que Dieu se donne la peine d'intervenir par sa parole ? Eh oui, s'ils étaient toujours et partout d'accord. Mais comme le remarque fort bien saint Thomas, le peuple entend les savants et les sages, enseigner le oui et le non sur les mêmes questions. L'histoire de l'inteUigence humaine

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marchant toute seule à la conquête de la vérité, est aussi pleine de ténèbres que de lumières ; les investigations de la raison sont déshonorées par mille contradictions. Comment se décider entre ces contradictions ? <( C'est donc salutairement, conclut notre grand docteur, que la divine clémence a pourvu aux besoins de l'humanité, en nous ordonnant de tenir par la foi en la parole de Dieu, ce que la raison peut connaître naturellement, afm que tous puissent participer à la connaissance des choses divines, et cela, sans doutance et sans erreur. »

A supposer que, par les seules forces de la raison, et sans le secours de la parole de Dieu, le genre humain puisse connaître promptement, sûrement, complètement, universellement, les vérités naturelles qui répondent à ces questions : Qui sommesnous ? Que devons-nous faire ? Où allons-nous ? (ce qui, dans l'état actuel de notre nature déchue est une erreur manifeste) , nous devrions encore affirmer que l'homme a absolument besoin de nourrir son intelligence, du pain de la parole de Dieu.

Pourquoi cela ? Parce qu'il a plu à Dieu d'élever notre raison au-dessus d'elle-même, en lui révélant des vérités qu'elle ne peut atteindre, ni même soupçonner, dût-elle mettre en œuvre toutes ses lumières. Parce qu'il a plu à Dieu, non seulement de nous faire connaître son existence, mais de nous

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faire entrer dans le mystère de sa vie, de nous rendre participants de ses perfections, de nous imposer des devoirs en rapport avec le but suprême de notre vie, qui est de le voir face à face, et de jouir de son infinie béatitude. En un mot, parce qu'il a plu à Dieu de faire l'homme, non seulement un être transcendant par rapport aux autres êtres de la création, mais un être surnaturel destiné à une vie surnaturelle.

Etre surnaturel, vivant surnaturel, oui, l'homme a besoin de la parole de Dieu pour savoir que le principe de son être et de sa vie est le plus merveilleux des êtres et la plus merveilleuse des vie$ ; que lui-même est un être divin par la grâce, racheté et régénéré par un Dieu, frère d'un Dieu, par son incorporation au Verbe incarné ; qu'il doit imiter Celui qui est la perfection même, et s'élever avec son secours jusqu'à la sainteté ; qu'il doit, finalement, connaître Dieu, non par des images de sa perfection et par des raisonnements abstraits, mais par une éternelle contemplation de son adorable essence, et Une éternelle jouissance de sa béatitude.

0 sublimes vérités ! elles ne sont pas le privilège des grands esprits, mais le partage des plus humbles intelligences et des âmes d'enfants. Voilà le pain supersubstantiel de notre intelligence, le pain dont le divin Sauveur a dit qu'il était descendu du

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ciel comme la manne. « C'est notre pain quotidien, la parole de Dieu que nous prêchons, dit saint Augustin : Verbum Dei qiiod quotidie prœdicamus, partis est. » Gomment Dieu nous le donne-t-il ? Comment devons-nous le recevoir ? — Nous répondrons à ces questions prochainement. En attendant, retenons et respirons le parfum de cette parole du Sauveur : Non in solo pane i^int homo, sed in omni çerbo quod procedit de ore Dei. Et disons à Dieu d'un cœur sincère : Seigneur, faites-moi vivre par votre parole : Vivifica me secundum verbum tuum.

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