‹ La prière divine, le PaterChapitre 52 sur 85 · COMMENT DEVONS-NOUS LA RECEVOIR · texte numérisé non relu

COMMENT DEVONS-NOUS LA RECEVOIR

impérieux, pour chaque chrétien, de s'éclairer, de s'instruire, de se fortifier, dans la connaissance des choses divines, de se nourrir du pain supersubstantiel de la parole de Dieu.

Hélas ! combien de chrétiens n'entendent plus cette parole ! Les uns, par négligence, les autres, parce qu'ils en ont peur ! Le silence du Verbe de Dieu se prolongeant dans leur âme, ils perdent peu à peu le souvenir des vérités qu'ils ont crues et confessées dans leur enfance ; et, de jour en jour, ils s'enfoncent davantage dans les ombres de l'ignorance : ignorance damnable qui les rend pires que des infidèles et leur prépare les terribles représailles de la justice de Dieu. Peut-il donc ne pas venger, un jour, le mépris qu'on a fait de son pain spirituel ? Plaignons ces malheureux, et demandons pour eux une grâce qui excite en leur âme cette faim sacrée dont parlait le prophète : « Non la faim du pain matériel, mais la faim d'entendre la parole de Dieu : Non famem partis, sed audiendi verbiim Dei. » Rendons grâces à Dieu si nous sommes tourmentés de cette divine faim, et pour l'assouvir, allons recevoir le pain supersubstantiel, partout où le zèle apostolique le distribue. N'imitons pas ces clirétiens paresseux et sans-gêne, qui trouvent trop longs et fuient les offices où l'on parle de Dieu, mais soyons les auditeurs assidus

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de la chaire chrétienne. Et parce que le pain de la parole ne nous y est pas donné tous les jours, allons le chercher dans les livres.

Le livre a cet avantage sur le discours, qu'il peut s'arrêter à notre gré, nous permettre de goûter la vérité et de la faire entrer plus profondément dans notre âme par la réflexion. Or il y a des livres qui sont une véritable prédication. Moins vivants que la parole parlée, ils ont cependant sur elle l'avantage de l'ordre, de l'ensemble et de l'enchaînement. Bons et solides ouvrages, ils épouvantent, au premier abord, notre légèreté ; mais ils donnent à l'esprit religieux une singulière vigueur, comme les viandes fortes donnent aux muscles, la fermeté. Qu'est-ce donc qui nous empêche de nous nourrir de ces lectures sérieuses et instructives ?

Nous n'avons pas le temps, dira-t-on, de faire la plus petite lecture. Notre vie est remplie du matin jusqu'au soir. Faisons pourtant un petit calcul qui pourra étonner, mais dont il est facile de vérifier l'exactitude. Il n'est personne qui ne puisse disposer, avec un peu de bonne volonté, d'un quart d'heure par jour. Or, un quart d'heure par jour donne, au bout de l'an, trois cent soixante-cinq quarts d'heure, ou quatre-vingt onze heures. Et comme, en douze heures, on peut aisément lire un volume de trois ou quatre cents pages, c'est six

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