III. PA TER. . . DIMITTE NOBIS, DEBITA
NOSTRA. SICUTET NOS DIMITTIMUS
DEBITORIBUS NOSTRIS.
« Le Dieu qui nous a enseigné à prier pour nos fautes, dit saint Cyprien, est le même qui nous a promis la miséricorde de son Père et le bienfait du pardon. )> Mais il ajoute une condition rigoureuse et indispensable, en voulant que nos péchés ne nous soient remis, qu'autant que nous pardonnerons nous-mêmes, à ceux qui nous ont offensés : Dimitte nohis débita nostra, sicut et nos dimittimus debitoribus nostris, — Dussions-nous ne pas comprendre pourquoi Dieu nous impose cette condition, il nous faut la subir, et nous soumettre à sa volonté. Le pardon des offenses est absolument nécessaire, pour nous assurer le pardon de Dieu. Pénétronsnous bien de cette vérité, et voyons comment nous devons la mettre en pratique.
348 DE LA CONDITION RIGOUREUSE QU'a REQUIisE
C'est le propre de la nature de l'homme, dit Tacite, de haïr celui qu'il a lui-même offensé : Proprium humani in^enii est odisse quem Iseserit. Combien plus, celui dont il a eu à subir les outrages et les injustices. Spontanément, le cœur irrité se sent envahi par la haine, et emporté vers la vengeance : « La vengeance est le plaisir des dieux, » disaient les païens, et ils ne se faisaient pas faute de les imiter. Leurs poètes en chantaient les douceurs ; « c'était un baume et un calmant sur les souffrances de leur cœur blessé par l'injure : Ah .' tu, neduhita, mmuet vindicla dolorem \ » Un trop fameux dictateur, Sylla, s'en faisait gloire, et voulait qu'on gravât sur sa tombe, cette épitaphe : Personne ne fut plus bienveillant que moi, pour ses amis, personne ne fut plus ardent à se venger d'un ennemi.
Chez le peuple Juif, mieux partagé que les païens sous le rapport de la connaissance de Dieu et du devoir, les charnels, esprits étroits et orgueilleux, ne voulaient se souvenir que de la loi pénale qui déterminait la réparation des injustices et la nature des représailles officielles, et enlisaient, en quelque