QUE LK JUSTICE ET LA CHARITÉ NOUS OBLIGENT
pies, nos mauvais conseils, nos paroles imprudentes et mal réglées ; et pardonnez aux malheureuses victimes qui nous ont trop docilement suivis dans les voies d'iniquité qui nous égaraient loin de vous. Pardonnez-leur, pardonnez-nous : Dimitte nohis débita nostra.
Pardonnez-nous nos négligences et notre faiblesse, dans l'exercice de l'autorité que vous nous avez confiée. Chefs de famille, maîtres, supérieurs, nous avons charge d'âmes, et nous n'avons pas su par notre vigilance, notre courage, notre zèle, corriger leurs mauvais penchants et prévenir leurs égarements. Les enfants gâtés, les serviteurs infidèles, les inférieurs insubordonnés, n'auront-ils pas à nous reprocher, un jour, d'avoir fermé les yeux sur leurs défauts, et de ne les avoir pas arrêtés, par nos avis, nos réprimandes, nos justes sévérités, sur le chemin de perdition où leurs offenses et leurs dettes de péché, deviennent nos offenses et nos dettes ? — Pardonnez-leur,' Pardonnez-nous : Dimitte nohis peccata nostra.
Pardonnez-nous encore ces défauts opiniâtres dont nous aurions pu nous défaire, quand ils commençaient à germer dans notre ingrate nature, mais que nous avons laissé croître, jusqu'à ce qu'ils devinssent indéracinables : sources pour nous de mille péchés, et, pour le prochain, incessantes pro-
vocations à des affections déréglées et malsaines, à des mécontentements, des impatiences, des colères, des antipathies, des mépris, des haines : autant de désordres et d'offenses, dans lesquels notre responsabilité est plus ou moins engagée, et pour lesquels nous devons dire à Dieu : Pardonnezleur, pardonnez-nous : Dimitte nohis débita nostra. Élargir ainsi la cinquième demande de l'Oraison dominicale, est un acte de justice qu'accomplissait le saint roi David, quand il demandait à Dieu de le purifier de ses fautes cachées : Ab occultis meis miinda me. Car, s'il y a dans notre vie, une multitude de fautes personnelles, dont nous avons perdu le souvenir, et dont nous n'avons pas conscience présentement, combien de fautes étrangères, dont nous sommes plus ou moins volontairement cause, que nous ignorons et que Dieu nous reprochera et châtiera au jour du jugement ! Ne nous laissons donc pas surprendre, mais prévenons, dès maintenant, les reproches et les sévices de la justice divine, par l'extension de notre prière expiatoire, à tous ceux qui ont souffert de la contagion de nos péchés.
La justice nous commande d'étendre la prière par laquelle nous demandons à Dieu le pardon de