CHAPITRE m
Excellence de la divine prière.
Avant d'aborder l'étude de chacune des demandes du Pater, considérons son excellence : !•> dans son origine, — 2" dans sa composition ,.,-.. 45
T. — La formule delà divine prière nous vient directement de Jésus-Clirist. Préambule qui la précède dans ]p liturgie de la Messe. Ce qu'il faut demander, ella manière convenable de le faire, nous l'ignorons : le Sauveur nous l'apprend. Cette prière peut donc être appelée : « Verbe du Verbe » 45
II. — La prière du Pater est grande et excellente par sa composition. Comme toutes les œuvres de Dieu, cette prière a l® son poids, qui est le poids même de .lésus-Christ, c'est-à-dire la plénitude de son auteur ; le Pater est donc une prière pleine : pleine de nos devoirs, de nos désirs, de nos aspirations, de nos besoins ; — 2° sa mesure : c'est la brièveté, parce que Jésus-Christ est la plénitude, maisla2)lénitude abrégée, dans sa personne, par l'Incarnation, et dans ses œuvres, son dogme, sa loi, son culte; — 3" son nombre : le nombre sept, nombre sacré, nombre de l'universalité; nombre des généalogies de Jésus-Christ, de sa puissance, de ses promesses, de sa foi, de la vie morale, des dons du Saint-Esprit, des sacrements , , • . . : . 51
CHAPITKE IV
La première demande de la divine prière.
Sens général de cette première demande : « Père, qui êtes aux cieux, obtenez de vos créatures la gloire qui vous est due » ; sens précis de la formule employée : « Que votre Nom », adorable expression de votre être et de vos perfections, soit connu
de toute créature, béni de toute créature, exprimé en toute créature '>'>
I. — Sanctifier le Nom de Dieu, c'est le connaître. Dieu nous a appelés à la lumière de la raison et de la foi : notre devoir est donc de croître chaque jour dans cette connaissance. Ce n'est pas assez : ce Nom doit être non seulement connu par nous, mais par tout être capable de le connaître. Grand nombre dé ceux qui ne connaissent pas Dieu, ou le méconnaissent, qui le haïssent : notre devoir sur ce point. . . VA)
II. — Bénir le Nom de Dieu, c'est le louer de sa grandeur, de son excellence, de ses perfections ; c'est manifester par des actes religieux notre profond respect pour son être infiniment parfait, notre reconnaissance pour ses bienfaits. Toute la nature bénit Dieu ; mais Dieu veut une bénédiction consciente, libre et réfléchie : c'est le rôle de l'homme. Ce n'est pas assez . Dieu veut une louange égale à sa majesté. Il nous en donne le moyen par .Jésus-Christ. — Conclusion pratique . le devoir de prier, de prier avec Jésus-Christ et par lui, et de réparer pour les blasphèmes. . ... . . - 6<5
III — Exprimer en nous sa sainteté : faire de toutes nos actions et de nous-mêmes un cantique vivant. Le monde exprime la sainteté de Dieu ; mais l'homme, par la grâce, en est la plus haute expression ; et c'est encore par Jésus-Christ et en Jésus-Christ, qui nous appelle à la sainteté. — Retour sur nousmêmes : n'y a-t-il pas quelque contradiction entre notre prière et notre état d'âme ? Ne prions-nous pas avec le péché dans notre âme? Combien d'actions en nous qui procèdent d'un principe tout naturel ! . 72