II Cor., cap. xii
du monde créé, et offre à Dieu, pour lui, son exquise perfection. Prêtre divin, il reçoit dans son âme sacerdotale nos hommages et nos vœux, et les pénètre de sa divinité, pour les présenter à la majesté sainte et à la miséricordieuse bonté qui les attendent. En échange de cette offrande, il reçoit, dans son cœur bienfaisant, les grâces et les dons du ciel, pour les répandre sur les pauvres humains qu'il représente en son sacerdoce.
Et alors nous devons comprendre pourquoi l'Eglise ajoute à ses oraisons cette formule : Per Dominum nosiriim Jesum Christum. Si nous louons la très sainte majesté de Dieu, si nous le remercions de ses bienfaits, Jésus loue et rend grâces avec nous et pour nous. Ses hommages sont une réplique parfaite de ce qui se passe dans l'essence divine. La Trinité sainte, ciel des cieux, chanlesur un mode infini sa propre gloire; le Verbe incarné, ouvrage de Dieu, connaissant et aimant Dieu, comme Dieu se connaît et s'aime lui-même, bénit donc Dieu, comme Dieu se bénit lui-même. La religion du temps égale celle de l'éternité. — Si nous demandons pardon et miséricorde, si nos supplications appellent les grâces du ciel sur nos innombrables misères, nous ne sommes plus des mendiants obscurs, qu'on entend gémir aux portes de l'éternel pa-
laiSj et dont on peut dédafgner les prières, mais, recueillies par Jésus, noire chef, qui les fait siennes, elles pénètrent avec lui jusqu'en ces secrètes demeures où trône le roi des rois. Le monde est grand, et vous êtes plus grand que le monde, ô mon Dieu ! Mais de quelque côté que vous entendiez nos supplications, partout vous rencontrez votre Fils. C'est lui qui vous tend les bras, lui qui les prête à notre prière, pour vous saisir et vous étreindre. Ah ! vous pouviez bien dire autrefois à votre serviteur Moïse : « Laissezmoi aller ! laissez -moi aller ! Dimille me, climitte me » ^ Vous pouviez, puissance souveraine et infinie, échapper aux étreintes du patriotique amour qui vous demandait la grâce d'un peuple. Mais osez donc parler ainsi à votre Fils ! essayez d'échapper à ses toutes-puissantes étreintes ! Vous ne le pouvez pas ; il est aussi fort que vous : Omnipolens Patei% omnipotens Filius.
Admirable bonté ! merveilleuse harmonie ! Jésus, pour assortir notre prière à sa divine intercession, nous donne son esprit. « C'est lui, dit l'Apôtre, qui demande en nous et pour nous, par des gémissements inénarrables » ^.