‹ La prièreChapitre 108 sur 136 · Exclamai., cap. xvii · texte numérisé non relu

Exclamai., cap. xvii

refusant de les exaucer ! — Qu'en savez-vous ? — Ce qui se passe dans les plus intimes profondeurs de l'être humain, à l'instant suprême où l'âme va se séparer d'un corps que l'on croit sans vie, est un mystère que nous ne pouvons pénétrer. « La miséricorde divine, dit une grande Sainte, poursuit le pécheur jusqu'au dernier instant, où, suspendu entre la vie et la mort, il semble ne plus appartenir à la terre. Alors, une dernière fois, le créateur et rédempteur des âmes, se présente à lui, et lui dit : « Veux-tu de moi ? » S'il y en a qui répondent non, combien qui répondent oui! Sans doute, Dieu voudra qu'ils expient dans de longs et cruels tourments, la capitulation tardive de leur conscience ; c'estpour cela que le purgatoire a été fait si terrible, et qu'il faudra beaucoup prier encore pour leur délivrance, mais du moins, ils seront sauvés, et nos prières n'auront pas été inefficaces » ^.

Sainte Jeanne de Chantai priait tous les jours, comme prient les Saints, pour le salut de ses fils emportés par le tourbillon de la vie mon-

1. L'extrême sévérité des peines du purgatoire ne saurait se concevoir, si nous n'admettions pas une multitude d'âmes sauvées avec des dispositions même très imparfaites. Le Purgatoire explique les énigmes de ce monde... C'est là qu'une foule de difficultés trouvent leur solution. (P. Faber : Le Créateur et la Créature. Liv. III, chap. 2).

daine. L'un deux mortellement blessé en duel, expira sans recevoir les secours de la religion. Quel coup terrible pour le cœur de cette sainte mère ! Elleépancba sa douleur dans le sein de Dieu qui l'éprouvait si cruellement, et Dieu daigna lui faire connaître que pour répondre à ses prières, il avait, dans un dernier instant, accordé au malheureux enfant la grâce d'une contrition parfaite qui assurait son salut. Nous n'avons pas à compter sur de pareilles révélations pour ceux dont la mort nous attriste et nous épouvante. Mais ne désespérons pas de la miséricorde de Dieu ; et si, au jour suprême où nous seront manifestés les jugements divins, nous sommes obligés d'adorer un acte de justice inexorable, dans le sort de ceux qui nous furent chers, nous saurons qu'il n'est point dû à l'inefficacité de la prière et au refus de Dieu, mais à la résistance opiniâtre des âmes que nous voulions sauver.

Sans nous refuser les grâces que nous lui demandons. Dieu peut nous les faire attendre. Nous nous sommes déjà expliqué sur les retards de sa miséricordieuse libéralité, quand nous avons traité delà persévérance dans la prière '.

Il est bon d'y revenir.

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